B.B. King a laissé de précieux souvenirs

LAS VEGAS – B.B. King, légende du blues, s’est éteint jeudi à Las Vegas, à l’âge de 89 ans. Plusieurs artistes acadiens rendent hommage au guitariste virtuose.

B.B. pour ”Blues Boy”, King a commencé à jouer dans les années 1940, chantant la musique de son Mississippi natal avec une ardeur inégalée. Il puise ensuite dans le jazz et le blues de la côte ouest américaine.

À partir de la fin des années 1960, il rejoint un plus large public et contribue à faire connaître le blues.

Le musicien développe un style bien à lui, faisant de sa guitare le véritable prolongement de sa voix. Accompagné de sa fidèle guitare Gibson, qu’il surnommait Lucille, B.B. King enchaîne alors ses morceaux devenus célèbres: Three O’Clock Blues, Rock me baby, et surtout son plus grand succès, The Thrill is Gone.

Son style expressif et sa façon de chanter exaltée, auront influencé de grands noms de la musique, d’Eric Clapton à George Harrison. Le magazine Rolling Stone, le reconnaît d’ailleurs comme l’un des meilleurs guitaristes de tous les temps.

D’une énergie incroyable, B.B King a enregistré plus de 50 albums et a offert pendant plusieurs décennies jusqu’à 300 spectacles par année. En 1989, il collabore avec le groupe U2 pour donner naissance à une chanson d’un tout autre genre, When Love Comes to Town.

Depuis les années 1980, le King luttait contre le diabète et une faiblesse aux genoux qui l’obligeaient à jouer assis. À partir de 2006, il part en tournée d’adieu et espace ses apparitions sur scènes. Même affaibli, son jeu de guitare restait incisif.

Un grand qui a laissé sa marque en Acadie

Ronald Dupuis, batteur des groupes Glamour Puss Blues Band et 1755, garde B.B. King gravé dans sa mémoire. En janvier 2003, il a joué en première partie du concert du roi du blues, au Colisée de Moncton, avec le Glamour Puss Blues Band.

«D’être assis à côté de King, c’était un honneur, on était chanceux!», raconte-t-il.

Cette rencontre a laissé plusieurs souvenirs forts au musicien acadien. «C’était un gentleman. Il était sympathique, humain et simple. Il s’intéressait à nos projets.»

Son complice guitariste, Travis Furlong, a pu recueillir de précieux conseils auprès de King et lui faire signer sa guitare. «Un moment symbolique», se souvient Ronald Dupuis.

«Il y a une âme dans sa musique, j’entendais parfois sa voix dans sa guitare.» Ronald Dupuis ne cache pas son admiration pour l’héritage de B.B. King. «Il a ouvert la porte à beaucoup de monde et a contribué à différents styles. Quand tu parles de blues, il est tout en haut de la gamme.» Il présente ses respects à la famille et à l’équipe du musicien.

John Boulay, qui a regroupé d’autres passionnés de blues dans son groupe John Boulay Blues Quartet, rend lui aussi hommage à B.B King. «Toute la magie de cet homme, c’est qu’il exprimait beaucoup d’émotions avec très peu de notes. C’est ce qui a fait son charme.»

Pour le chanteur et guitariste originaire de Bathurst, la légende du blues n’est pas près de disparaître. «C’est un des grands qui nous a quittés, mais son œuvre va rester. Ça m’a rendu triste, j’ai été touché qu’il s’en aille. Il restera toujours dans ma tête donc il n’est pas vraiment parti…»

John Boulay a également assisté à un concert du Blues Boy en avril 2002 à Saint-Jean. Déjà affecté par les années, il semblait alors fatigué, mais toujours aussi habité par son blues. «J’étais tout proche et je pouvais voir son visage. Pour moi, c’est un exemple de comment vivre la musique.»