Dominique Sirois: une oeuvre artistique inspirée des finances

EDMUNDSTON – Qui a dit que la bourse et les finances ne pouvaient être une source d’inspiration artistique?

L’artiste montréalaise Dominique Sirois s’est servie de cette thématique pour son exposition Mimesis Trinity qui est en montre jusqu’au 28 juin à la Galerie Colline du Musée historique du Madawaska à Edmundston.

L’exposition, qui comprend sculptures, assemblages, vidéos, sons et impressions d’images, prend la forme d’une compagnie fictive où sa démarche invite à la réflexion sur le mimétisme autoréférentiel (désir d’imiter et de toujours en vouloir davantage), un concept forgé par l’économiste français, André Orléan.

Ce concept stipule qu’une part de la spéculation en bourse a une structure autoréférentielle où les spéculateurs ne cherchent plus à évaluer la valeur d’un titre, mais à anticiper l’opinion majoritaire.

L’artiste a voulu créer un espace de réflexion à partir de cette société fictive, Mimesis Trinity. De nos jours, a-t-elle fait remarquer, bien des gens ont tendance à copier les autres et à toujours en vouloir plus.

«Par le passé, les spéculateurs à la bourse obtenaient leurs propres tuyaux et tentaient de trouver les meilleurs filons. Mais de nos jours, ils se basent sur les investissements des autres, se copient entre eux et vont avec la majorité dans un phénomène de conformiste», a indiqué Dominique Sirois lors du lancement de son exposition, jeudi.

Par le truchement d’un segment visuel informatisé, en collaboration avec l’artiste Grégory Chatonsky, elle a rédigé un texte combinant les écrits d’André Orléan et de Madame Bovary, de Flaubert. Par l’entremise de cette présentation, le personnage animé met en relief la dimension du côté affectif dans la finance.

Dans son exposition, elle fait ressortir un lien entre la musculation et la bourse.

«Les deux sujets sont une démonstration de force, de domination et de pouvoir. La musculation est un exercice physique sportif sans autre résultat que d’améliorer l’apparence de son corps. La bourse est un peu dans le même sens où faire de l’argent avec de l’argent, l’appât du gain, est ce qui motive les joueurs», a-t-elle expliqué.

Originaire de Montréal, Dominique Sirois détient une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. Selon elle, les finances et la bourse ont influencé l’oeuvre de nombreux artistes contemporains.

Cette exposition, en version plus complète, a une première fois été en montre à Saint-Jean-sur-Richelieu en Montérégie.

Le travail de Dominique Sirois a été diffusé dans de nombreuses galeries au Canada. Elle a notamment fait partie de projets de collaboration et des résidences à l’étranger à Glasgow (Angleterre), à Paris, à Taiwan, à Pékin et à Bruxelles.