Deux expositions en tournée dans le Nord

Caraquet puis Edmundston accueilleront les œuvres de Claude Roussel et de Paul Édouard Bourque. La galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen de Moncton souhaitait rendre leurs œuvres accessibles aux autres régions.

La Galerie Bernard-Jean à Caraquet présentera Les Mikeys de Paul Édouard Bourque du 9 septembre au 1 novembre 2015, suivie de Claude Roussel: Eros et Transfiguration du 6 novembre 2015 au 3 janvier 2016.

Les deux expositions seront ensuite présentées ensemble au Musée historique du Madawaska et à la Galerie Colline de l’Université de Moncton, campus d’Edmundston, ainsi qu’au Centre des arts d’Edmundston du 9 janvier au 21 février 2016.

La galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen avait proposé précédemment cette série d’œuvres au public du campus de Moncton. «On a voulu qu’elles aient une vie un plus longue et qu’elles soient vues un peu plus donc on a fait ces collaborations avec les galeries», indique la directrice Nisk Imbeault.

Claude Roussel, originaire d’Edmundston, a fondé la galerie d’art de l’Université de Moncton et y a travaillé pendant plusieurs années. L’exposition regroupe une partie de ses productions des années 1970, période très prolifique pour l’artiste, devenu une figure des arts visuels modernes en Acadie.

Ses œuvres de l’époque consistent en différents moulages réalisés à partir de feuilles de polymère chauffées et formées sous vide selon l’inspiration du créateur. Eros et Transfiguration retrace son exploration des possibilités de formes en trois dimensions que lui offrait le matériau industriel.

«Dans la pratique de l’artiste, il y avait une sensibilité aux choses très spirituelles, mais aussi très sensuelles, commente Nisk Imbeault. Paul Édouard Bourque, également commissaire de l’exposition, souligne la tentative de fusion entre la dimension érotique des œuvres et l’aspect utilitaire, artificiel des matériaux utilisés.

Paul Édouard Bourque a entamé sa série Les Mikeys alors qu’il était encore étudiant à l’Université de Moncton en 1977. Attiré par le motif du «personnage au chapeau», le jeune artiste l’a choisi comme base pour une longue succession de créations. Chaque fois l’image initiale reste la même, mais est revisitée différemment grâce à divers procédés.

La plupart ont été créées en utilisant des techniques mixtes mêlant la sérigraphie, le crayon couleur, l’émail, la photocopie et la peinture aérosol sur des supports tels le papier, le carton, le panneau de fibres et la toile, dans un format allant de la carte postale à de grands panneaux. «On voit à travers le parcours l’évolution de la pratique de l’artiste et de ses méthodes d’accumulation de couleurs, de peintures et de traitements», explique la directrice de la galerie Louise-et-Reuben-Cohen.

 

L’exposition, montée par Rémi Belliveau, rassemble pour la première fois au-delà de cinquante Mikeys créés par l’artiste au cours d’une carrière de plus de 35 ans, et dont plusieurs n’ont jamais été exposés. En exposant dans le centre culturel d’Edmundston, les organisateurs espèrent intéresser un public plus large.

L’équipe de la galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen souhaitait faire profiter ces œuvres à d’autres communautés de la province. «Ce n’est pas quelque chose qu’on fait régulièrement, il faut dire que c’est assez dispendieux de faire voyager des expositions», ajoute Mme Imbeault.

«Dans les arts visuels, il y a un financement insuffisant donc on a beaucoup de galeries qui fonctionnent avec très peu de moyens. Il n’y a généralement pas de travail de commissariat ou d’écrits sur ce qui se fait.» Or la recherche des productions a nécessité du temps et des ressources.

Pour mettre en place le projet, la principale galerie d’art acadienne a bénéficié du programme d’aide à la tournée et à la diffusion du ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture du Nouveau-Brunswick. Les œuvres seront ensuite présentées dans la programmation 2016-2017 du Musée du Nouveau-Brunswick à Saint-Jean.