Redécouvrir la nature avec André Lapointe

André Lapointe présente son exploration de l’art-nature éphémère, qui consiste à recomposer des paysages et des éléments naturels. Ses œuvres sont exposées au Centre des arts de la culture de Dieppe.

Le professeur du département d’arts visuels de l’Université de Moncton investit la galerie Centre des arts de la culture de Dieppe jusqu’au 30 octobre.

Rétrospective sur plus de 10 années de travail, son exposition Maritima invite à porter un regard nouveau sur ce que l’on connaît déjà, l’environnement que l’on voit, mais qu’on ne regarde plus.

Lors de ses excursions, André Lapointe transforme les paysages qu’il parcourt. Par la taille et le modelage, il modifie provisoirement certains lieux naturels et y ajoute des matériaux trouvés sur place, de la neige, des branches, des cailloux…

De l’imagination de l’artiste et de son interaction avec le paysage naissent des arrangements surprenants: association avec Lune de neige, disposition avec Fleur de glace, ou sculpture végétale avec Érable troué,…

«Je fais des parcours exploratoires dans des lieux inusités. En me promenant, il y a des choses qui vont me sauter aux yeux, je repère des structures inhabituelles. Parfois ce sont des moments magiques lorsque tous les éléments se coordonnent, c’est comme un cadeau. Tout est là et il suffit d’une intervention minimale.»

Le résultat est ensuite immortalisé par la photographie. La mise en scène, elle, n’a pas vocation à perdurer. En effet, sa démarche est aussi un hommage à la capacité de régénération de l’environnement.

Lorsqu’il repasse un peu plus tard sur les lieux de ses créations, tout est différent: la nature a repris ses droits et les éléments ont fait évoluer l’œuvre.

Cette idée est au cœur de l’installation présentée au centre de la galerie: plusieurs blocs de sel se transforment et se cristallisent un absorbant l’eau sur laquelle ils sont posés, créant une «sculpture vivante».

Un travail directement tiré du land art. «Mais ce qu’on fait est plus écologique, ajoute André Lapointe. On travaille avec qui est là et tout retourne à la nature. On ne détruit rien.» Son inspiration le guide parfois vers des actions très rapides, mais d’autres projets sont plus ambitieux.

En 2006, il réalisait la forêt sculptée, en taillant un Îlot d’arbres brûlés, situé au bord de l’autoroute entre Shediac et Moncton. Trois mois d’efforts et l’aide de ses étudiants ont été nécessaires pour créer une forme de dôme et attirer l’œil des automobilistes.