Un deuxième album solo pour Arthur Comeau

Deuxième opus d’une trilogie, Prospare témoigne de l’attachement d’Arthur Comeau pour l’exploration musicale et sa région, la Baie Sainte-Marie.

De retour à la Baie Sainte-Marie depuis deux ans, l’ex-membre de Radio Radio Arthur Comeau, qui mène une carrière solo, développe différents projets musicaux. Établi à Meteghan, il a son studio et il travaille au développement de sa propre maison de disques, Tide School.

«Les chemins nous ont menés vers différentes choses. Même avec Radio Radio, je voulais toujours qu’on ait notre “business” par ici et qu’on commence à produire des artistes. Je ne voulais pas être juste dans le star-system québécois. Dès que j’ai eu la liberté de le faire, je suis revenu par ici et j’ai acheté une maison», a expliqué Arthur Comeau.

D’ailleurs, les albums de Radio Radio ont été réalisés en partie dans le chalet familial d’Arthur Comeau. Avec Havre de Grâce, le compositeur et réalisateur avait ouvert une porte sur de nouvelles possibilités sonores. Par la suite, il a eu envie d’approfondir ces explorations musicales. Son nouvel album, Prospare, a été enregistré au chalet de son grand-père. Un peu de travail additionnel a été réalisé au Centre Phi à Montréal.

Alliant les rythmes, les sonorités électroniques, hip hop et la chanson, Arthur Comeau invite les auditeurs à découvrir divers univers. La langue de la Baie Sainte-Marie a fortement influencé les musiciens. Les chansons peuvent venir d’une ligne de guitare, d’une idée de parole ou encore de quelques rythmes.

«Je dirais que ce qui m’influence dans l’environnement, c’est la langue de la Baie Sainte-Marie, surtout les nouveaux mots que les jeunes vont inventer.»

Avec Prospare, l’artiste a le sentiment d’être en plein contrôle de ses moyens et d’être devenu son propre capitaine. Fin observateur de la société, il livre des textes qui témoignent de son environnement, de certains phénomènes de société comme le déplacement des populations vers l’Ouest.

«Dans la chanson Gone West, je ne suis pas en train de dire que c’est bien ou mauvais, mais je parle juste que ça fait des millénaires qu’on part vers l’ouest. C’est quasiment instinctif d’aller vers l’ouest surtout quand on reste dans l’est. Moi-même je suis né au Manitoba et nous sommes revenus vers l’est.»

Le livret du disque rassemble des photographies de la Baie Sainte-Marie, des recettes et une œuvre d’un artiste de la région. «Notre région est tellement cinématographique», a ajouté l’artiste qui a tourné la vidéo de Gone West dans son coin de pays.

«Je suis aussi capable de voir les faiblesses de ma région, mais à la base j’ai un grand amour pour mon peuple et ma culture. Je trouve qu’aujourd’hui toutes les choses se ressemblent de plus en plus et je pense que la seule façon d’être international, c’est d’être local et unique», a-t-il conclu.

Arthur Comeau lancera son album vendredi, à 21 h, à la Salle Bernard-LeBlanc du Centre culturel Aberdeen à Moncton. Il sera entouré d’autres artistes de la Baie Sainte-Marie. Le dernier volet de sa trilogie s’intitulera Planète Clare.