La danse pour exprimer la force et la fragilité de l’être humain

Avec plus de 50 créations dans son sillage, la chorégraphe de renommée internationale Ginette Laurin cherche à explorer les contrastes entre la force et la fragilité de l’être humain. Cette figure de proue de la danse contemporaine entreprend une tournée au Nouveau-Brunswick afin d’offrir Les petites formes; un collage chorégraphique tiré du répertoire de sa compagnie O Vertigo.

La chorégraphe montréalaise entame son périple néo-brunswickois au Festival de danse en Atlantique à Moncton qui s’ouvre jeudi. Les petites formes réunit des extraits de six chorégraphies, dont certaines figurent parmi les plus marquantes d’O Vertigo, comme La chambre blanche et Déluge. Constitué de solos, de duos et d’un quatuor, le spectacle qui met en scène sept danseurs plonge dans l’oeuvre de Ginette Laurin de 1994 à 2014.  En plus de Déluge et de La chambre blanche, des extraits de La vie qui bat (1999), Les petites feintes (2006), Étude # 3 pour cordes et poulies (2007) et de Soif (2014) composent le spectacle. L’objectif de cette composition est de pouvoir faire tourner le spectacle et favoriser le rapprochement avec le public.

«On dépouille la pièce un peu puis on présente un extrait dans le but de montrer le travail dans des théâtres qui ne pourraient peut-être pas accueillir les grandes formes avec les scénographies et un nombre imposant de danseurs. Ça nous permet de rendre les œuvres un peu plus accessibles et de tracer un parcours avec les oeuvres marquantes de la compagnie», a expliqué Ginette Laurin, soulignant que le spectateur est convié à un voyage à travers le temps. En créant le spectacle Les petites formes, elle a voulu mettre un peu de relief en offrant un panorama de ce que peut réaliser la compagnie. Cette compagnie est reconnue pour ses œuvres expressives et puissantes.

«Il y a beaucoup de pièces plus intimistes avec des duos, mais aussi des pièces de groupe. J’ai choisi des pièces qui sont contrastées, donc ça passe de quelque chose de très formel comme La vie qui bat qui a été créée sur la musique de Steve Reich, alors que La chambre blanche est une oeuvre beaucoup plus théâtrale», a poursuivi la chorégraphe, soulignant que le duo est au cœur de son travail. Dans ses œuvres plus théâtrales, elle joue avec l’idée de la fragilité et de la force de l’être humain.

Ginette Laurin a fondé O Vertigo en 1984. Cette artiste de la danse qui a étudié aussi un peu la gymnastique dans sa jeunesse est fascinée par le corps humain.

«Le corps humain est une machine formidable dont je pense que je n’ai pas encore fait le tour. Le dépassement physique m’attire beaucoup jusque dans les extrêmes de la danse et le côté plus acrobatique», a-t-elle raconté. En 40 ans, celle-ci estime que le corps a changé, citant en exemple le nombre croissant de records battus par les athlètes aux Jeux olympiques.

«Il y a cette passion pour le corps humain, mais aussi celle de tenir un propos, de jouer avec des intentions à travers le mouvement, ça aussi c’est passionnant», a ajouté Ginette Laurin qui ne cherche pas nécessairement à livrer de message dans ses œuvres. Même si celles-ci demeurent abstraites, certains points de ralliement permettent au spectateur de s’y retrouver.

«Les petites formes sont de courtes propositions, donc c’est plus facile de s’y retrouver. Il n’y a pas de longueur et c’est un spectacle qui est bien à recevoir pour un spectateur qui n’a pas trop l’habitude.»

Les petites formes est à l’affiche du théâtre l’Escaouette à Moncton, jeudi et vendredi. Le spectacle sera également présenté au Théâtre Impérial à Saint-Jean, le 25 octobre, et au Playhouse à Fredericton, le 27 octobre. Les danseurs offrent aussi des classes de maître.