Le décès de la comédienne Yolande Poirier laissera un immense vide en Acadie. Son grand coeur, son authenticité et le plaisir qu’elle avait de jouer au théâtre ont marqué les artistes qui l’ont côtoyée sur la scène comme dans la vie.

Selon le directeur artistique du Pays de la Sagouine, Luc LeBlanc, et le comédien André Roy, celle qui incarnait Madame Yvonne leur a fait redécouvrir le bonheur du théâtre. En plus de son travail avec la troupe de théâtre les Femmes de cœur, Yolande Poirier a joué dans deux productions de Noël au Pays de la Sagouine.

«J’ai l’impression que dans une période où Netflix envahit tout et que les gens restent à la maison, elle a prouvé que quand t’as quelque chose qui parle aux gens, ils vont payer le billet et sortir de chez eux. C’est ce qui s’est produit avec Madame Yvonne. Nous du côté professionnel, nous avons une leçon à apprendre de tout ça», a déclaré Luc LeBlanc, notant la grande capacité de Yolande Poirier à se transformer dans un personnage beaucoup plus âgé qu’elle.

Elle oeuvrait dans le théâtre communautaire avec un niveau de professionnalisme incroyable, a soutenu l’homme de théâtre.

«Elle avait une démarche, elle travaillait fort dans ses textes, elle nous posait de bonnes questions et elle voulait être bonne. Quand elle arrivait sur la scène, c’était sa vérité qui ressortait», a poursuivi Luc LeBlanc qui a joué à ses côtés sur la scène du restaurant l’Ordre du bon temps.

En 2005, Yolande Poirier a fondé avec son amie Dianna Goguen la troupe de théâtre les Femmes de cœur. Elles ont créé quatre spectacles autour du personnage de Madame Yvonne. Dianna Goguen, qui la connaissait depuis 45 ans, s’est dite profondément attristée par son départ, étant elle-même une survivante du cancer.

«Comme comédienne, elle était naturelle. Ça faisait longtemps qu’elle jouait des vieilles personnes pour s’amuser. On faisait nos pièces de théâtre sans prétention. On n’avait pas de pression parce qu’on ne gagnait pas notre vie avec ça», a indiqué Dianna Goguen qui soutient que Mme Poirier a fait avancer le théâtre communautaire d’un pas de géant, rappelant que 45 000 personnes ont vu leurs pièces. La troupe a toujours tenu à produire ses propres textes.

«Yolande Poirier était une personne qui était toujours de bonne humeur, joviale et qui mordait dans la vie», a poursuivi l’auteure et comédienne précisant que la troupe les Femmes de cœur continue sa route malgré le départ de Mme Poirier.

«Nous avons fait une nouvelle pièce, La vie en rose. C’est certain qu’elle va nous manquer, à ses amis, sa famille et à tout le monde.»

Comédien, metteur en scène et producteur, le coordonnateur du Festival du théâtre communautaire en Acadie, André Roy, a travaillé régulièrement avec Yolande Poirier au Pays de la Sagouine et dans la réalisation d’une série de publicités télévisées sur le français. Il a rencontré la comédienne pour la première fois au Festival de théâtre communautaire à Grand-Sault où elle avait alors remporté tous les prix.

«Je ne l’avais même pas encore vu jouer que je l’aimais déjà. Quand elle est montée sur la scène, ç’a été le bonheur total. Tout le monde est tombé en amour», a raconté André Roy qui a toujours rêvé de jouer avec elle. Il souligne à son tour sa générosité, sa modestie et sa passion pour le jeu. Elle a rallumé l’étincelle qu’il avait pour le jeu.

«Dès qu’elle mettait le costume et qu’elle embarquait sur scène, il n’y avait rien qui pouvait l’arrêter, puis jamais à aucun moment, nous n’avons senti une différence dans le jeu et l’expérience avec les autres comédiens. Elle avait de l’énergie, du répondant, elle était allumée, elle avait une belle écoute et elle était capable de toujours bien livrer la réplique avec une bonne justesse. De soir en soir au Pays de la Sagouine, elle pouvait s’ajuster à différentes situations pour ne pas être sur le pilote automatique», a ajouté André Roy, précisant qu’au-delà du théâtre, sa plus grande fierté était ses enfants et ses petits-enfants. Elle était aussi une amoureuse de la nature.

D’après lui, le personnage de Madame Yvonne incarnait bien la personnalité mordante des Acadiens du Sud-Est qui se reconnaissaient dans cette vieille dame au franc-parler.

Femme au grand cœur, Yolande Poirier a travaillé également dans le domaine communautaire, notamment pour la campagne de l’Arbre de l’espoir, a fait savoir le coprésident, Luc LeBlanc. Sa fille, la chanteuse Monique Poirier, a également été coprésidente de cette campagne.

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