Avec le thème de la dignité en filigrane, une centaine de films, dont 12 de l’Acadie, seront à l’affiche du 29e Festival international du cinéma francophone en Acadie (FCIFA), du 12 au 20 novembre.

Les responsables du FICFA ont dévoilé, mardi, l’ensemble de la programmation du FICFA. En plus des 83 films de plusieurs pays de la francophonie à la programmation régulière, une vingtaine d’oeuvres seront créées dans le cadre du volet des arts médiatiques et de l’incontournable Acadie Underground. Le programme propose 32 séances au Théâtre Capitol à Moncton et au Cinéplex à Dieppe. La sélection comprend notamment des œuvres primées à Cannes, dont le drame Dheepan de Jacques Audiard (Palme d’or 2015) et le film coup de poing de l’année, Le fils de Saul, de Laszlo Nemes. Cette œuvre atypique très remarquée à Cannes, qui avait été pressentie pour la Palme d’or, raconte l’histoire d’un homme dans un camp de concentration qui sauve un corps d’un enfant pour lui offrir une sépulture adéquate. Le thème de la dignité est au cœur de plusieurs œuvres, a fait savoir la directrice de la programmation, Marie-Renée Duguay.

«C’est vraiment central à la production de l’année. Ce sont toutes sortes de points de vue sur la dignité humaine.»

Choisir sa mort, confronter un agresseur, survivre à une épreuve ou encore le travail déshumanisant figurent parmi les sujets abordés dans les œuvres. Signe des temps?

«À un moment où on est de moins en moins des personnes et de plus en plus des numéros, les gens commencent à se poser des questions sur la valeur de la vie humaine», estime la directrice de la programmation.

Valley of Love de Guillaume Nicloux ouvrira le festival, tandis que Fatima de Philippe Faucon clôturera l’événement. L’Acadien Éric Arsenault y présentera aussi son film improvisé. Le jury du long métrage sera présidé par la productrice Maryse Chapdelaine, tandis le réalisateur québécois Guy Édoin présidera le jury du court métrage. Celui-ci sera aussi au FICFA pour présenter son dernier long métrage Ville-Marie qui met en vedette Monica Bellucci et Pascale Bussières.  En plus des séances régulières, le FICFA propose des activités parallèles au Centre culturel Aberdeen, ainsi qu’un volet des arts médiatiques, qui comprend des expositions, des performances audiovisuelles et des séances de projection, dont Objectifs obliques qui réunira six équipes de deux cinéastes.

Les matinées scolaires du FICFA qui se sont tenues ce mois-ci ont déjà rejoint plus de 8300 élèves du sud de la province.

 

Les films acadiens

 

La production acadienne semble arriver par vague au festival. Après avoir atteint un nombre record en 2014, une diminution était à prévoir, a souligné Marie-Renée Duguay. Des 12 productions acadiennes à l’affiche cette année, il y a très peu de longs métrages, dont certains réalisés par de nouveaux venus dans le monde du cinéma. Suzette Lagacé de Mozus Productions salue avec enthousiasme cette relève en cinéma, tout en s’interrogeant sur l’avenir de l’industrie.

«Quand on encourage cette relève-là, je me pose toujours la question sur ce qu’il y a après. Avons-nous une industrie pour les soutenir? Est-ce que ce sont de fausses promesses qu’on leur fait parce que dans l’écosystème de la production, il nous faut de tout : des nouveaux, ceux qui sont rodés et des anciens et ensuite on peut dire que nous avons une industrie qui est en santé», a-t-elle exprimé.

L’humour c’est secondaire d’Étienne Boivin, de Pascal Gervais et d’André Roy, Le sprint au flétan de Pat Gauvin et Un dîner de Noël pas comme les autres d’André Roy sont en lice pour le prix Léonard-Forest de la meilleure œuvre (moyen ou long métrage). La sélection comprend des courts métrages de Paul Bossé, de Paul-Émile d’Entremont, de Martin Goguen, de Justin Guitard et de David Losier ainsi que les œuvres choisies au concours Tremplin de l’ONF. Le producteur René Savoie et président de Média NB s’intéresse à l’aspect expérimental de ces nouvelles œuvres.

«J’ai hâte de voir ce qui se fait parce qu’on essaie de faire des choses nouvelles. S’il y a moins de longs métrages acadiens, je crois que c’est dû à la demande des diffuseurs parce que souvent la production de documentaire vient de nos diffuseurs. Les producteurs font aussi beaucoup de séries en ce moment, ce qui ne passe pas vraiment dans un festival», a commenté M. Savoie, bien content de voir une de ses productions au programme du FICFA.

L’ensemble du programme du FICFA peut être consulter sur le site web du festival.

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