Simon Daniel: Jaune éclectique (avec AUDIO)

Sylvie MousseauEt cetera

S’il puise certaines de ses inspirations dans les histoires du folklore acadien, Simon Daniel traverse les frontières des styles en naviguant du folk au jazz fusion en passant par le progressif pour offrir une musique résolument contemporaine.

En entrevue dans un café à Moncton, l’auteur-compositeur-interprète parle de sa musique comme celle des multiples influences. Son premier mini-disque qu’il a intitulé Jaune témoigne de cette diversité musicale que l’on pourrait qualifier de pop alternative. Aux guitares et aux percussions viennent se greffer les cuivres et un quatuor à cordes. L’artiste, qui s’inscrit bien dans cette mouvance qui fusionne les genres, convie les auditeurs à un voyage dans un monde éclectique. Certaines pièces comme 6 AM rappellent, à certains égards, l’univers de l’auteur-compositeur montréalais Patrick Watson notamment en raison du timbre de voix unique. Grand mélomane, Simon Daniel, de son vrai nom Simon LeBlanc, a toujours écouté une variété de styles.

Le guitariste natif de Dieppe écrit des chansons depuis quelques années. Au cours de la dernière année, l’étudiant universitaire a mis beaucoup de temps dans sa musique. Parmi ses nombreuses influences, figure en tête de liste le groupe Les Païens.

«Je les ai vus au moins 20 fois en spectacle», souligne celui qui a choisi de travailler avec le musicien Sébastien Michaud pour la réalisation de son enregistrement. En plus de signer les arrangements, il joue les cuivres et la basse sur le disque.

«Il a vraiment fait un travail exceptionnel. J’aime toujours me donner des défis pour entendre d’autres sonorités. Je n’aime pas me donner des barrières et dire que je suis juste folk», a-t-il commenté.

Avec des pièces à faire rêver comme Changer, inspirées des voyages, de légendes ou encore Le storm qui exprime la tempête qu’il vit à l’intérieur avant de monter sur la scène, Simon Daniel a trouvé certaines de ses sources d’inspiration dans les archives du Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson. D’ailleurs, son nom d’artiste tire son origine dans la généalogie de ses parents.

«Je m’intéresse beaucoup à l’histoire. C’est important de connaitre son passé et ses racines.»

Paru sous l’étiquette Le Grenier musique, Jaune a été entièrement produit au Nouveau-Brunswick. Il a été enregistré au studio Pumpk’n Patch à Memramcook.

En plus de son lancement d’album, Simon Daniel participe au projet Les rencontres qui chantent. Cette résidence de création qui a pris son envol au Festival en chanson de Petite-Vallée cet été se poursuit toute la semaine à Moncton. Douze auteurs-compositeurs, des États-Unis, de la France et du Canada, dont Simon Daniel du Nouveau-Brunswick et Selby Evans de la Nouvelle-Écosse, se rencontrent au cours des prochains jours afin de créer un spectacle collectif à partir de leurs compositions imaginées à Petite-Vallée.

L’artiste confie que l’écriture des paroles d’une chanson représente un défi. La musique se présente souvent en premier, lui inspirant ainsi des images. Il estime que le projet Les rencontres qui chantent a considérablement nourri sa démarche.

«C’est vraiment excitant parce que tout le monde a une approche différente. Ils viennent de partout», a-t-il ajouté.

Les auteurs-compositeurs émergents sont entourés de Louise Beaudoin à la coordination et à la codirection artistique, de René Cormier à la direction artistique et d’Alan Côté à la mise en scène. Ce spectacle donnera le coup d’envoi à la FrancoFête le 4 novembre à la Salle Jeanne-de-Valois. Simon Daniel aura aussi une vitrine à la FrancoFête le 5 novembre.

Le lancement de l’album de Simon Daniel a lieu à la salle Bernard-LeBlanc à Moncton, ce jeudi, à 17 h 30. Il sera accompagné de neuf musiciens pour l’occasion.