Les coups de cœur culturels 2015 de… Sylvie Mousseau

Cy

 

Dès la première écoute, leur musique m’a émue. Avec trois guitares, un clavier et la voix d’Éric Dow, Cy se démarque par ses belles harmonies. Fondée à Moncton, cette jeune formation au style folk qui fusionne la tradition et le contemporain, apporte un vent de chaleur sur la scène musicale. Après la sortie d’un premier mini-disque en 2015 qui a séduit le public, le groupe se prépare à réaliser un album complet qui devrait paraître au cours de la prochaine année. Le quatuor qui rassemble aussi Jacques Blinn, Jacques Boudreau et Guillaume Boulianne a multiplié les spectacles en 2015.

 

L’orangeraie de Larry Tremblay

 

C’est au Festival Frye à Moncton que j’ai fait la connaissance de l’auteur et du dramaturge Larry Tremblay. Son troisième roman, L’orangeraie, construit un peu comme une fable, frappe droit au cœur. Il est écrit dans un style à la fois poétique et dans l’action. Sujet difficile qu’est celui de la guerre, des attentats et des conflits, mais l’auteur a choisi de ne pas porter de jugement, laissant au lecteur le soin de réfléchir à la situation. L’histoire est racontée autour d’une famille et de deux jumeaux frappés par la guerre. Les parents auront un choix difficile à faire. L’action se déroule quelque part dans le désert dans un pays qui n’est pas nommé, donnant ainsi au récit une portée plus universelle.

 

Maritima d’André Lapointe

 

Le travail du sculpteur André Lapointe m’a toujours fascinée. Avec son exposition Maritima qu’il a présentée à la Galerie du Centre des arts et de la culture de Dieppe, cet automne, il a fait un retour sur une décennie de travail en art nature. Dans cette exposition d’envergure, l’artiste de Moncton a rassemblé une collection de photographies et d’installations qui témoigne bien de son parcours. Oeuvres souvent éphémères réalisées au cœur même de la nature, elles nous permettent de porter un regard neuf sur notre environnement. Ses sculptures qui transforment le paysage sont vivantes et évoluent avec le temps. On a qu’à penser à l’ilot d’arbres qu’il a créé sur le bord de l’autoroute près de Moncton.

 

Le Festival Inspire

 

Imaginez des pianos transformés en œuvres d’art, installés dans des lieux publics un peu partout dans la région de Moncton, sur lesquels les amateurs de musique peuvent jouer. C’est ce que le groupe L’Art Ici SVP a conçu en créant le premier festival Inspire. En plus des pianos pour tous, de grandes peintures murales sur des édifices ont été réalisées par des créateurs de par le monde, apportant ainsi de la couleur dans la ville. Depuis leur retour à Moncton, le tandem formé de Matt Williston et Lisa Griffin s’est donné comme mission de placer l’art au cœur de la vie des gens et de réinventer le visage de la ville. Leurs projets illuminent le paysage urbain.

 

Spectacle des Païens et de l’ensemble Tutta Musica

 

Le concert des Païens avec l’ensemble Tutta Musica figure parmi les rendez-vous musicaux incontournables de l’année. Grand coup de cœur, ce spectacle présenté en lever de rideau du Festival Acadie Rock a ébloui la foule. Cette fusion entre le jazz rock du quintette de Moncton et le classique de l’ensemble Tutta Musica a été très réussie. Un spectacle intense et captivant, sous la direction du compositeur et réalisateur Andrew Creeggan, qui nous a fait voyager à travers divers paysages sonores et visuels. Un total de 17 musiciens étaient sur scène. Le public a eu droit aussi à une petite surprise avec une prestation de Joseph Edgar, un autre artiste qui a valu le détour en 2015.

 

Otra Orilla

 

Ce soir-là, la magie a passé au théâtre l’Escaouette. La troupe québécoise de flamenco Otra Orilla a présenté son spectacle Unplugged qui allie danse, chant et musique avec une intensité hors du commun. Comme le public, je suis tombée sous le charme devant cette série de prestations lumineuses, d’une grande beauté et envoutantes. On demeure saisi devant ces artistes qui s’exécutent à merveille. Le spectacle était à l’affiche du 10e Festival de danse en Atlantique qui a proposé une programmation exceptionnelle.

 

Lancement d’album des Hôtesses d’Hilaire

 

La formation rock de Moncton a offert un spectacle de lancement inoubliable pour son troisième album Touche-moi pas là. La petite salle Bernard-LeBlanc du Centre culturel Aberdeen était bondée. Serge Brideau et sa troupe ont enflammé la foule en conviant le public à une grande messe psychédélique. Dans une mise en scène déjantée et audacieuse, la formation a une fois de plus démontré qu’elle peut repousser les frontières de l’originalité, toujours avec humour. Son nouveau disque témoigne bien aussi du chemin parcouru par cette formation qui est loin de s’être assagie avec le temps.

 

Le Showinard

 

Avec plusieurs moments magiques, ce spectacle au profit du Fonds Marc-Chouinard figure parmi mes grands coups de cœur de l’année. Jac Gautreau qui a orchestré l’événement a choisi de mettre en scène des collaborations musicales, à l’image du regretté Marc Chouinard, considéré comme un rassembleur. C’est un spectacle qui nous a fait rire, nous a émus et nous a emportés. Présenté en clôture de la FrancoFête en Acadie au Théâtre Capitol, le Showinard a rassemblé au moins une trentaine d’artistes de l’Acadie qui ont chanté en duo, en trio ou en plus grand groupe.

 

Denise Bouchard dans la télésérie Le Clan

 

Cette actrice à la feuille de route bien garnie et qui a plus de 25 ans de métier au théâtre commence à faire sa marque à la télévision. Après avoir joué dans le téléroman Belle-Baie, Denise Bouchard est de retour au petit écran dans le suspense psychologique, Le Clan, dont la première saison a été diffusée à Radio-Canada cet automne. Dans le rôle de Caro, la mère de la famille Moreau, elle livre une prestation très solide. Il s’agit d’un personnage complexe et nuancé qu’elle personnifie avec conviction. Elle est à la fois tendre et volontaire. Dans cette histoire, elle essaie de recoller les morceaux de cette famille au passé criminel, écorchée par la vie. Il faut souligner que dans l’ensemble, le jeu des acteurs est réussi. La distribution comprend notamment Anika Lirette, André Roy, Alex Richard, Christian Essiambre et Marc Lamontagne.

 

Objectifs obliques

 

Présenté dans le cadre du volet des arts médiatiques du FICFA, ce rendez-vous a permis de découvrir de nouvelles voix dans le paysage cinématographique acadien. Cette séance a réuni six petits films innovateurs et audacieux aux sujets divers qui nous transportent dans des univers bien différents les uns des autres. Des artistes issus du monde de la musique, du cinéma et des arts visuels ont été jumelés afin de créer de courtes oeuvres inspirées d’un jeu de cartes conçu par Brian Eno et Peter Schmidt. Parmi les films à l’affiche, mentionnons le récit loufoque d’un cascadeur réalisé par Katrine Noël et Mico Roy. C’était complètement hilarant.

 

L’esprit du temps de Daniel H. Dugas

 

Poète, artiste en art médiatique et musicien, Daniel H Dugas est arrivé à la fin de l’année 2015, avec un ouvrage littéraire assez original qui allie textes poétiques, photographies et essais. Se situant entre le récit de voyage et la poésie, l’auteur de Moncton a écrit ce livre dans un café lors d’une résidence d’écrivain à Sydney en Australie. Il a utilisé des cartes d’échantillon de couleurs offertes par les compagnies de peinture, en plus de photographier des paysages, des objets et des scènes de la vie. Avec une pointe d’ironie, ce livre magnifique qui nous permet de voyager à travers la ville australienne a attiré mon attention notamment à cause du côté ludique de l’entreprise. Certains poèmes et images m’ont particulièrement touchée. Je pense, entre autres, au texte intitulé Une heure que l’on retrouve au début du recueil.

 

Exposition Fer et Toile

 

Anne-Marie Sirois et Raymonde Fortin ont des parcours différents, mais ces deux artistes cherchent constamment à se renouveler. Dans Fer et Toile, présentée à la galerie du Centre des arts et de la culture de Dieppe au printemps, elles ont joint leurs talents afin d’offrir une exposition unique et tellement inspirante. Au centre de la galerie se trouvaient de petits ilots sur lesquels Anne-Marie Sirois a disposé ses sculptures. Celle qui transforme les objets du quotidien tels que les fers en œuvres d’art a le don de nous faire sourire. Tout autour de la galerie, Raymonde Fortin a exposé ses grandes toiles aux couleurs sobres qui explorent différentes techniques de peinture. Une belle harmonie s’est installée entre les deux univers. L’idée de jumeler ces deux artistes dans une exposition est venue du directeur artistique du colloque Les Arts et la ville, René Poirier.