Les coups de coeur 2015 de… Pascal Raiche-Nogue

Voici dix de mes coups de coeur culturels de 2015. Je vous les présente pêle-mêle, ce n’est donc pas un palmarès ou un top-10 comme tel. Comme vous le verrez, j’ai une vision très généreuse de ce qu’est la culture. Bonne année!

Jaune, de Simon Daniel

Simon LeBlanc, alias Simon Daniel, n’a pas fait les choses à moitié avec son premier mini-album. Réalisé par Sébastien Michaud, des Païens, c’est un petit bijou.

La voix du jeune auteur-compositeur interprète est claire, ses mélodies sont envoûtantes. Et en plus, contrairement à d’autres artistes acadiens, il réussit à incorporer du chiac dans ses paroles sans forcer.

Ce nouveau chouchou de la scène culturelle acadienne est à surveiller. J’attends son album de pied ferme. Espérons qu’il ne fera pas comme d’autres en prenant une éternité à le lancer.

Cancer Bats en concert à Moncton

Le groupe hardcore ontarien Cancer Bats, que j’affectionne beaucoup depuis quelques années, est venu faire un tour à Moncton en octobre. Fidèles à leurs habitudes, les vieux routiers sont passés en ville un dimanche soir, à leur retour de Halifax.

Le chanteur a d’ailleurs demandé aux spectateurs si certains d’entre eux étaient au Paramount Lounge de Moncton, un dimanche soir de janvier, il y a quelques années. Des dizaines de mains se sont levées.

Ça m’a beaucoup fait rire, parce que j’étais là ce soir-là. Et comme il faisait un temps de chien, on était sept ou huit dans la salle, gros max. Ah, les jeunes, vous êtes drôles!

Les Brumes du Coude, Moncton

Ce ne sont pas les restaurants qui manquent à Moncton. Mais il faut dire qu’on a vraiment beaucoup de restos coréens et de pizzerias. À un moment donné, on finit par se tanner de toujours manger les mêmes plats. On veut du neuf, quelque chose qui a du coeur au ventre.

Les Brumes du Coude, qui a ouvert ses portes au Centre culturel Aberdeen il y a à peu près un an, est tombé à point. Ses patrons n’hésitent pas à jouer avec les conventions. Le menu change régulièrement. Les plats offerts sont écrits sur du papier brun qui est ensuite accroché sur le mur. On peut même y acheter une bouteille de scotch, écrire son nom dessus, la placer dans un meuble à tiroir et la ressortir lorsqu’on est de passage au resto.

Holding Patterns, The Motorleague

The Motorleague, un quatuor rock de Moncton, roule sa bosse depuis quelques années. Après de nombreux changements de personnel, la formation semble très stable. Et c’est très bien ainsi, puisqu’elle gagne en maturité à vue d’oeil. Son petit dernier, Holding Patterns, est plus que potable.

Sorti en octobre, je l’écoute régulièrement. Ça déplace de l’air. Chaque note a sa place. Pas trop de «flafla», comme dirait l’autre. C’est du bon rock. Pas plus compliqué que ça.

Les tatouages de Patrick Mcfarlane

L’artiste visuel Patrick Mcfarlane, de Moncton, se taille petit à petit une place dans le monde fascinant du tatouage. On peut reconnaître son style naïf à des kilomètres. Ses lignes sont hésitantes, ses couleurs sont douces et approximatives.

J’aime son travail parce qu’il ne se complique pas trop la vie. Il laisse d’autres tatoueurs faire les portraits réalistes et les dessins complexes. Son atout, c’est la simplicité, le minimalisme.

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Un tatouage de Patrick Mcfarlane. – Photo contribution

Little You, Little Me

Ce groupe rock de Saint-Jean déplace de l’air. Je l’ai vu pour la première fois en octobre, à Moncton, lors du Festival 506. De la gueule, de la sueur et des amplis poussés à la limite. Du bonbon.

Ce n’est pas super raffiné ou poli, mais c’est efficace en pas possible. Little You, Little Me a des enregistrements à son actif, mais ce n’est rien à crier sur les toits. Quand le groupe ira passer du temps dans un bon studio et qu’il aura les moyens de produire quelque chose de plus léché, je serai le premier en ligne chez le disquaire pour en ramasser un exemplaire. En vinyle, de préférence.

Les murales du Festival Inspire

On va se dire les vraies affaires: Moncton est loin d’être la plus belle ville du Nouveau-Brunswick. On aime vraiment trop le revêtement en vinyle et notre centre-ville fait un peu dur. Ce n’est un secret pour personne.

Le premier Festival Inspire, en juin, a mis de couleur dans la patente. L’héritage le plus durable de ce festival aura été d’énormes murales peintes au centre-ville. L’oeuvre qui se trouve sur l’école Edith-Cavell est sublime. C’est exactement le genre de trucs qui manque cruellement à Moncton. Chapeau!

 

La librairie miniature sur la Robinson

Des bibliothèques miniatures ont fait leur apparition à Moncton récemment. On en trouve une devant une maison de la rue Robinson, à deux pas du centre-ville. Super belle idée.

Dernièrement, quelqu’un y a ajouté une boîte de souliers à donner. Ces petits gestes ne coûtent pas cher et sont plutôt simples. Ils mettent de la vie dans le quartier.

La librairie miniature de la rue Robinson, à Moncton. - Acadie Nouvelle: Pascal Raiche-Nogue
La librairie miniature de la rue Robinson, à Moncton. – Acadie Nouvelle: Pascal Raiche-Nogue

Regarde-moi, des Hôtesses d’Hilaire

Vous ne pensiez quand même pas que j’allais oublier les Hôtesses d’Hilaire? Le groupe de Moncton a frappé fort avec son dernier album, intitulé Touche-moi pas là. On y retrouve une pièce géniale, Regarde-moi, qui se moque gentiment de la passion que l’on entretient avec nous-mêmes, avec notre image.

Comme j’ai tendance à être allergique aux «selfies» et que je suis constamment à un doigt de quitter Facebook pour m’enfuir du narcissisme qu’on y trouve à la pelle, je l’ai trouvée excellente. Et puis, en plus, la musique est excellente. High five, Serge.

Marc Chouinard

Je trouve souvent qu’on exagère l’impact et l’héritage des personnalités culturelles après leur décès. Ce n’est pas du tout le cas de Marc Chouinard, qui était vraiment un pilier de la communauté culturelle de Moncton.

Comme mon bureau est situé en face du Théâtre Capitol, je le croisais très souvent en allant au boulot. Chaque fois, je me disais que c’était un «vrai de vrai», un passionné. Ses proches et amis n’exagèrent pas lorsqu’il disent combien c’était un géant.