L’Acadie pleure le décès de David Bowie

Le 28e album de David Bowie, Blackstar, aura été son cadeau de départ, estiment plusieurs de ses admirateurs. En Acadie comme ailleurs dans le monde, les hommages ont afflué à la suite du décès du compositeur, chanteur et acteur britannique.

En faisant paraître Blackstar à quelques jours de sa mort, c’est un peu comme si David Bowie avait orchestré son propre départ, à l’image de l’ensemble de son oeuvre où l’art, l’imaginaire et l’innovation ont toujours primé. Peu de gens savaient qu’il était atteint de cancer.

«Je me suis rendu compte que son nouvel album était un cadeau qu’il nous faisait à tous. Il savait très bien qu’il ne serait pas là pour très longtemps. J’ai trouvé ça d’une grande générosité de sa part de nous offrir cet album où c’est très clair qu’il nous disait au revoir avec sa perspective sur la mort et le voyage qu’il était en train de préparer», a exprimé le compositeur et musicien Marc Beaulieu qui possède tous les albums de David Bowie et quelques enregistrements de spectacles réalisés par la chaîne BBC.

L’artiste acadien suit la carrière de Bowie depuis qu’il s’est révélé au grand public avec Space Oddity en 1969. Cet artiste caméléon de la musique qui avait les yeux et les bras grand ouverts ne restait jamais à la même place bien longtemps, a soulevé Marc Beaulieu. Chanteur et compositeur incroyable, il était aussi un homme de théâtre et de cinéma.

«C’était un gars qui avait une vision cinématographique de la musique et de la chanson et qui changeait avec sa créativité. Il m’a permis de comprendre que toutes les musiques sont bonnes et qu’il ne faut surtout jamais essayer de suivre la mode. David Bowie était un gars qui établissait l’avant-garde et les gens le suivaient. C’est très inspirant pour un artiste», a-t-il poursuivi, rappelant qu’il a composé à la fois des succès populaires et des œuvres qui ont poussé très loin la recherche musicale.

Ce voyageur du temps entouré d’une certaine dose de mystère a influencé et touché beaucoup d’artistes. Le cinéaste Chris LeBlanc qui l’a vu en concert à Moncton en 1990 était sous le choc lundi matin. «C’est le plus grand artiste de tous les temps», s’est exclamé le cinéaste mordu de Bowie.

«Pour moi, Bowie a eu la carrière parfaite. Il n’y a aucune fausse note dans sa carrière. Ça m’a indirectement influencé dans ma façon de créer. Il n’avait pas peur d’être étrange, mais avec de l’intégrité et de la classe», a poursuivi Chris LeBlanc qui l’a découvert dans les années 1980 avec Let’s Dance. Même sur ses disques plus commerciaux, il a pris des risques. Ses rôles au cinéma notamment dans Labyrinthe et L’homme qui venait d’ailleurs l’ont particulièrement marqué. Chris LeBlanc considère que son plus récent vidéoclip de la chanson Lazarus, très poignant, conclut bien son œuvre.

 

Précurseur

 

L’artiste peintre Rino Paradis de Dieppe a qualifié David Bowie de visionnaire extraordinaire.

«Pendant toute la matinée, j’ai écouté David Bowie parce que c’est un personnage qui m’a toujours fasciné. Un de mes films préférés c’est Labyrinthe. J’ai grandi dans cet esprit fantastique. Le personnage de David Bowie incarne un peu cette fantaisie pour moi, c’est-à-dire de vivre l’esprit de sa jeunesse, le mystérieux et que tout est possible», a-t-il commenté au téléphone alors qu’on pouvait entendre la musique du chanteur britannique en arrière-plan.

Attristé par cette nouvelle, le guitariste Denis Surette a souligné l’immensité de l’oeuvre de David Bowie et toutes les périodes qu’il a traversées.

«Il y a des périodes de Bowie que j’ai accroché au fond. Mon disque préféré c’est Outside sorti en 1995. C’était son côté plus artistique, moins accessible», a indiqué le musicien soulignant au passage la qualité des guitaristes avec lesquels il a collaboré.

Même s’il est de la jeune génération, Joey Robin Haché a ressenti une profonde tristesse en apprenant le décès du chanteur. Il se désole de voir partir des piliers de la scène rock. Ce sont des momuments, a-t-il mentionnné.

Les commentaires ont été nombreux sur les médias sociaux. Joseph Edgar porte toujours un petit macaron sur sa courroie de guitare avec l’image de cet artiste, lui rappelant qu’il faut toujours viser plus haut, plus loin et se mettre au service de l’art que la vie leur donne la chance de pratiquer.

«Depuis que je l’ai vu en spectacle en 1986, tout jeune cul que j’étais, je savais qu’il serait une lumière guidante. Aujourd’hui cette lumière vient de se transformer en soleil.

Merci, maître Bowie, pour tout…», a-t-il conclu.