Carotté: quand le folklore rencontre le punk rock

En spectacle pour la première fois au Nouveau-Brunswick, le groupe Carotté convie le public à une grande fête de cuisine entre la Bolduc et les Sex Pistols.

Les enfants terribles de la scène folklorique débarquent au Nouveau-Brunswick cette semaine. Aux sonorités du violon, du banjo, de la podorythmie et de l’harmonica viennent se greffer celles de la guitare électrique, de la basse et de la batterie. Carotté propose de revisiter le folklore en mode punk rock. Deux styles qui à première vue semblent improbables, mais qui ont plusieurs points en commun, souligne le fondateur du groupe, Médé Langlois. Carotté a vu le jour à Neuville sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent près de Québec.

«Le punk rock et le folklore québécois se rejoignent beaucoup par la mentalité. La Bolduc avait toujours des textes engagés comme dans le punk rock et dans nos chansons. Vous avez le côté festif de la chanson à répondre, comme le punk rock a son côté festif», a expliqué en entrevue Médé Langlois, rappelant que le punk rock comme le folklore constituent des styles musicaux un peu marginaux.

Agriculteur le jour et musicien le soir, ce dernier a évolué dans un environnement où la musique est très présente. La famille Langlois est établie sur la même terre à Neuville depuis 1667 et le métier d’agriculteur s’est transmis de génération en génération. Ils en sont à la 12e génération à cultiver cette terre. Parallèlement à sa vie d’agriculteur, de maraîcher et de producteur laitier, est apparue la musique.

«Je suis né dans la musique folklorique et puis à mes 13 ou 14 ans, j’ai connu la musique punk rock. J’ai évolué avec deux personnes qui sont dans le groupe, Éric Roberge et Max Doré. Je me rendais régulièrement à un marché public à Deschambault près de Neuville pour vendre mes légumes. C’est là que j’ai rencontré le groupe Les Quêteux qui faisait l’animation. Après nos journées de travail, on s’assoyait ensemble et c’est là que Carotté est né», a-t-il raconté.

Peu de groupes choisissent de fusionner la musique traditionnelle québécoise et le punk rock. Pour réaliser leur premier album, Punklore et Trashdition, le sextuor a fait appel à Vincent Peake qui a travaillé, entre autres, avec Grimskunk et Groovy Aardvark. En plus de puiser des pièces dans le répertoire folklorique québécois, le groupe écrit ses propres compositions. Ce sont tous des musiciens d’expérience.

«Souvent, on arrive avec un reel et après ça, les autres font de l’enrobage et après on écrit des bouts de texte. Tout le monde met la main à la pâte. Les agriculteurs n’ont pas beaucoup de place pour parler alors je suis content qu’on ait une tribune avec Carotté», a indiqué Médé Langlois qui n’hésite pas à transmettre ses préoccupations environnementales dans ses chansons. Le guitariste rappelle l’importance d’exporter le folklore québécois, peu importe la manière dont il se présente.

«Comme dirait Yves Lambert de La Bottine Souriante (celui-ci apparaît d’ailleurs dans un de leur vidéoclip), le folklore est notre musique du monde», a-t-il ajouté.

Pour ses spectacles au Nouveau-Brunswick, Carotté joue en première partie du groupe rock-trad Bodh’aktan. Ils se produisent au resto-lounge Le 63 à l’Université de Moncton, campus de Moncton, le 3 mars, et au Café d’la Vieille Forge à Edmundston, le 4 mars.