Mike Ward plus «Chien» que jamais

Dans l’univers de plus en plus vaste de l’humour, Mike Ward est réellement un cas à part. C’est un fou du roi qui dérange. Son humour, noir comme le charbon, égratigne les tabous. Il se plaît à repousser les limites de l’acceptable. Pour certains de ses détracteurs, il est aussi utile à la société qu’un maringouin venant nous narguer jusque dans notre lit un soir d’été. N’empêche qu’il fait rire avec ses nombreux sacres, ses jokes de graines et ses thèmes controversés. La preuve: partout où il se présente, les salles sont pleines.

Depuis mercredi, cette drôle de bibitte est en tournée dans les Maritimes avec son spectacle Chien, son troisième après Haïssable et Mike Ward s’eXpose.

De mémoire, c’est la première fois qu’un humoriste de premier plan du Québec tente l’expérience.

«Ça faisait quelques années que je demandais à mon producteur de me booker une vraie tournée dans les Maritimes, révèle-t-il. J’ai même annulé un spectacle en Australie pour ça. Moi, je suis super bien avec le fait que les salles sont différentes. La tournée a commencé au Capitol de Moncton (mercredi et jeudi), qui est une salle incroyable, mais je vais aussi donner des spectacles dans des endroits plus modestes comme des salles d’église. Je m’adapte à tout.»

Pour cette tournée de 10 jours, Mike Ward sera accompagné de l’Acadien Jean-Christophe Surette qui assurera les premières parties. D’autres humoristes se joindront au duo en cours de route pour présenter un numéro.

«Chien est mon spectacle le plus méchant et assurément celui qui va le plus loin, dit-il. Mais en même temps, je crois que c’est aussi celui qui blesse le moins. Ceci dit, si tu es le genre de personne qui a déjà été choqué en écoutant une blague, tu es aussi bien de ne pas venir me voir parce que je vais sûrement gâcher ta soirée. Il faut avoir l’esprit ouvert.»

Mike Ward est le premier à admettre qu’il faut avoir la couenne dure pour pratiquer son genre d’humour. Depuis quelques années, il a baigné plus souvent qu’à son tour dans la controverse en raison de blagues qui n’ont pas plu à tout le monde.

On a qu’à penser au tollé qu’avait provoqué ses propos au sujet de l’affaire Cédrika Provencher, cette fillette de 9 ans disparue en 2007 et dont les restes humains ont été retrouvés en décembre.

Ou encore le cas de Jérémy Gabriel, ce jeune homme atteint du syndrome de Treacher Collins qui, en 2006, s’était fait connaître en chantant devant le pape Benoît XVI au Vatican.

Ward s’est d’ailleurs retrouvé devant les tribunaux le mois dernier pour cette histoire.

«C’est certain qu’il faut que tu assumes, souligne-t-il. Parce qu’aujourd’hui, particulièrement avec les réseaux sociaux, tu as intérêt à ne pas prendre les insultes au sérieux. Le procès Gabriel, dans le fin fond, on aurait dû le régler hors cour. Ça m’a coûté 100 000$ pour ne pas avoir à payer 80 000$. C’est ce que m’ont coûté mes avocats. C’est plate pour tout le monde cette histoire-là, pour moi comme pour la famille Gabriel. Je comprends que mes propos ont pu choquer des gens. Quand ils sont pris hors contexte, mes propos ne sont pas drôles du tout. Mais dans les salles, ça marchait très bien. Ça riait beaucoup.»

Depuis quelques mois, Mike Ward dit s’amuser beaucoup le Comedy club Le Bordel, dont il s’est porté acquéreur avec d’autres humoristes, dont Laurent Paquin, Louis-José Houde, Martin Petit et François Bellefeuille.

«Nous n’avons pas fait ça pour faire de l’argent, précise-t-il. Nous trouvions juste dommage que Montréal, qui est la capitale du rire dans la francophonie, n’ait pas son Comedy club, alors qu’il y en a un peu partout dans les grosses villes anglophones. Nous voulions d’un endroit où nous pourrions roder nos spectacles et à la fois donner une tribune à des humoristes que nous estimons beaucoup. Ce sont seulement des humoristes de qualité qui sont invités.»

Un autre projet qui lui tient beaucoup à coeur ces temps-ci, c’est son podcast qui sont diffusés sur le web chaque lundi matin.

«L’idée est née en écoutant le podcast de Marc Maron. Je me suis dit que ce serait cool d’avoir la même chose en français. Je voulais toutefois que ce soit un peu différent. Marc Maron, lui, il fait des entrevues avec ses invités. Moi, c’est davantage des discussions. C’est une façon de mieux connaître les humoristes hors-scène. Je vais justement en faire une à Moncton cette semaine avec JC Surette et Samuel Chiasson», mentionne-t-il.

Mike Ward et Jean-Christophe Surette seront en à Moncton (30-31 mars), à Fredericton (1er avril), à Dartmouth (2 avril), à Halifax (3-4 avril), à  Saint-Jean (6 avril), à Miramichi (7 avril), à Shippagan (8 avril) et à Balmoral (9 avril).