L’écriture singulière et la langue musicale de Georgette LeBlanc nous arrivent comme un vent frais du matin qui réveille les sens. Avec son quatrième roman poétique, Le Grand Feu, l’auteure acadienne revisite l’incendie de 1820 qui a ravagé plusieurs maisons de la Baie-Sainte-Marie.

Elle s’est inspirée du journal de Cécile Murat, une œuvre de fiction publiée en 1950 par l’historien Alphonse Deveau qui se termine sur l’incendie de 1820. Fille du capitaine Pierre Murat, Cécile Murat, qui se retrouve par le destin orpheline, a été adoptée par une famille de la Baie-Sainte-Marie. La jeune fille qui a vécu au 19e siècle aurait eu des liens avec la famille de Napoléon Bonaparte. L’auteure confie qu’elle est fascinée par ce personnage depuis longtemps.

«Le journal de Cécile Murat est un livre qui m’intéresse depuis que je l’ai lu et j’ai voulu le faire connaître à mes étudiants. C’était une manière de faire connaître la Baie-Sainte-Marie», a déclaré Georgette LeBlanc qui enseigne le français à l’Université Sainte-Anne.

L’auteure a incorporé un peu de piquant à cette histoire en réinterprétant le récit de l’incendie, l’amour entre Cécile Murat et Jean-Baptiste Melanson et en faisant de son personnage principal une poète. Le brasier anime l’imagination de Cécile. Elle y marie le réalisme, l’imaginaire et la poésie.

«J’ai comme brassé les cartes et j’ai raconté une autre histoire. Il y a un feu à la fin, mais c’est celui de la création.»

Dans son histoire, l’étudiante Cécile Murat se lance dans l’écriture. Le processus de création se met alors en branle. L’auteure confie qu’elle s’est inspirée de sa propre expérience d’écrivaine pour écrire cette histoire.

«C’est l’histoire de ce que ç’a pris pour écrire Alma (son premier livre). Quand les auteurs et les artistes qui inventent de quoi de différent, c’est l’énergie que ça prend pour arriver avoir confiance assez dans sa voix pour la laisser sortir. Il y a comme un petit peu la panique dans tout ça», a-t-elle poursuivi.

Après ses récits poétiques Alma, Amédé et Prudent, elle s’inspire encore une fois d’un personnage qui a vécu en Acadie. Si son intention au départ est de raconter une histoire, il reste que ces personnages lui ont permis d’illustrer la vie à la Baie-Sainte-Marie. Pour y arriver, elle a choisi la langue de son pays, c’est-à-dire celle de l’Académie de la Baie-Sainte-Marie et non de l’Académie française, s’amuse-t-elle à dire.

«Je ne peux pas parler de la Baie autre que dans ma langue parce que ça fait partie de qui je suis. C’est ma langue affective. Je sais que ça secoue des fois, c’est dérangeant, puis que ce n’est point normatif, mais c’est ma plus belle langue. Ç’a été un moment marquant dans ma vie de voir cette langue sur papier», a ajouté Georgette LeBlanc.

Quand on lit les récits de cette auteure, on entend les mots, un peu comme si le narrateur nous racontait une histoire à haute voix. Le lancement de son roman Le Grand Feu, publié aux Éditions Perce-Neige, se tient mardi, à 18h, au Centre culturel Aberdeen dans le cadre du Festival Frye. La poète participe à plusieurs activités du festival: Soirée Frye, entretien littéraire et séance de dédicaces.

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