Le «devoir de mémoire» de Philippe Frenette-Roy

Par devoir de mémoire, l’arrière-petit-fils d’Albert et Alma Frenette, Philippe Frenette-Roy, a réalisé un long métrage portant sur ses ancêtres de Robertville qui ont élevé 16 enfants.

Philippe Frenette-Roy aura mis deux ans pour mener à bien ce documentaire, principalement parce que la famille élargie est dispersée.

«J’ai des racines acadiennes et j’ai toujours voulu remonter un peu plus loin pour savoir l’histoire de la famille. Et c’est bien d’avoir l’opportunité du film pour retracer cette histoire», explique-t-il.

«Depuis l’âge de 13 ans, je fais des films et j’ai toujours été intéressé par mes ancêtres et tout ce qui est documents d’archives. Mon grand-père vient d’une famille de 16 enfants et 12 sont encore vivants. Je trouvais important de faire quelque chose avant que d’autres partent et aussi parce que ce genre de familles n’existera probablement plus. Ce serait impensable de nos jours, donc je voulais recueillir le témoignage de ceux qui l’ont vécu», résume Philippe Frenette-Roy, âgé de 27 ans.

Nés respectivement en 1910 et 1911 à Robertville, Alma Comeau – de son nom de jeune fille – et Albert Frenette se sont mariés en 1932. L’époux est décédé en 1998 et la matriarche, en 2007.

Ils ont nommés leurs enfants Gérald, Rita, Claudia, Edmond, Denise, Jacinthe, Roger, Normand, Gilberte, Fernand, Denis, Laurent, Dora, Noëlla, Ovila et Francine.

Le cinéaste, qui est le petit-fils de Normand, a toujours vécu dans la région de Montréal. Il a fait le déplacement dans la région Chaleur en 2014 pour filmer certains de ses grands-oncles et tantes qui vivaient encore dans le coin.

«Il y a deux ans, j’ai interviewé à peu près huit des frères et sœurs de mon grand-père. J’ai fait d’autres entrevues dans la dernière année et les 12 enfants sont dans le film. C’est l’histoire de mes arrière-grands-parents à travers mes grands-oncles et mes grandes-tantes. J’ai même obtenu un enregistrement de mon arrière-grand-mère que j’ai inséré dans le film», souligne-t-il.

Philippe Frenette-Roy a rencontré ses bisaïeuls pour la première fois en août 1996. Il ne les a revus qu’à quelques rares occasions, alors entendre le récit de leurs vies de la bouche de leurs enfants les a fait revivre auprès de celui qui les a si peu connus.

«J’ai appris que c’était une vie difficile et que la religion avait le contrôle sur tout. Ça m’a permis de voir un clash entre les générations. Mettons que les huit premiers enfants étaient plus tournés vers la religion. C’était plus strict. Les huit derniers ont vécu une révolution dans les années 1960. J’ai vu également la transition entre les générations. Mon grand-père était le sixième et donc dans la transition», confie celui qui a étudié le cinéma à l’Université du Québec à Montréal.

Il a aussi fait des recherches pour obtenir des documents d’antan qui couvrent la période de la vie de ses ascendants.

«J’ai communiqué avec les archives de Bathurst pour obtenir des vieilles photos du moulin où mon arrière-grand-père a travaillé. Mes grandes-tantes m’ont beaucoup aidé avec les photos et les articles de journaux. C’était facile de faire le film dans la mesure où toute la famille parle beaucoup», reconnaît-il.

Le documentaire sera diffusé en deux représentations le 18 août, au Studio 65 à Madran, en présence de la parenté même très éloignée.

«Edmond, le frère de mon grand-père, qui habite en Colombie-Britannique, va descendre en avion pour venir voir le film. Une de ses sœurs du Portugal va également faire le déplacement», a-t-il révélé.

Même si le but premier n’est pas de gagner des concours, le féru d’histoire veut tout de même présenter son documentaire au Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA), qui se déroulera à Moncton en novembre.