Bouctouche, Pays d’abondance d’Isabelle Cyr et Yves Marchand pour un soir

Après plus de 250 représentations du spectacle Pays d’abondance, Isabelle Cyr et Yves Marchand débarquent à Bouctouche afin d’offrir à nouveau ce concert intime qui marie la chanson québécoise et acadienne.

Couple dans la vie comme sur la scène, les deux auteurs-compositeurs-interprètes ont créé ce spectacle il y a cinq ans. Depuis, ils n’ont cessé de tourner avec ce projet qui leur tient à coeur. Après l’avoir présenté un peu partout au pays, ils répéteront l’aventure en France pendant tout le mois de novembre. La force de ce concert réside dans le fait qu’il est intemporel.

«C’est comme un voyage dans le temps entre la chanson québécoise, acadienne et les chansons à Yves et à moi. C’est quelque chose qui ne peut pas vraiment se démoder. Partout où l’on va, les gens sont toujours très touchés et émus par le spectacle parce que ça aborde une thématique qui parle d’une appartenance à un peuple. Quand ils sortent de là, les gens ont ri, ils ont pleuré et ils ont envie de nous raconter leur histoire. Ça donne envie de parler d’où on vient, alors je crois que ça fait partie du succès de Pays d’abondance», a déclaré Isabelle Cyr.

Depuis sa création, le spectacle est resté sensiblement le même, avec quelques ajouts de temps en temps. Le duo propose 24 numéros, dont une vingtaine de chansons. En créant le projet, le couple s’est donné comme objectif de sortir des sentiers battus, en effectuant beaucoup de recherches pour choisir des pièces moins connues du répertoire québécois et acadien. Des poètes comme Gilles Vigneault et Félix Leclerc, ainsi qu’un éventail de chansons traditionnelles du paysage musical de l’Acadie figurent à leur menu musical.

«C’est un spectacle qui est vraiment écrit comme à l’époque des Jean Lapointe et des Clémence DesRochers parce qu’il y a des sketches et des monologues à travers ça, ce qui fait qu’il y a comme une histoire et un fil conducteur.»

Pays d’abondance, c’est aussi deux voix: l’une de l’Acadie et l’autre du Témiscamingue, qui se marient très bien. Appuyés par une mise en scène dynamique, les deux artistes jouent six instruments et signent tous les nouveaux arrangements des chansons. Yves Marchand, qui est membre du groupe Zébulon, travaille les harmonies vocales depuis plusieurs années.

«Les instruments intriguent beaucoup les spectateurs parce qu’on est allé chercher des instruments qui avaient une sonorité qui pouvait ressembler à la musique ancienne, mais qui pouvait s’adapter à la musique dans des arrangements plus contemporains des chansons qu’on a choisies», a exprimé la chanteuse qui met à profit ses talents de comédienne dans ce spectacle où la théâtralité occupe une grande place. En étant constamment en tournée, celle qui a joué dans plusieurs films et séries télévisées (Karmina, Chambres en ville) travaille beaucoup moins au cinéma maintenant.

«C’est drôle parce que les gens m’en parlent presque tous les jours et ils me demandent si je m’ennuie de faire de la télévision ou du cinéma. Je dirais qu’avec Pays d’abondance, il y a quand même beaucoup de théâtralité, alors la comédienne est bien servie. Donc ça fait que je me sens très choyée de pouvoir faire à la fois de la musique et de la scène», a ajouté l’auteure-compositrice-interprète qui enregistrera un deuxième album cet automne qui pourrait paraître au début de l’hiver 2017. Une œuvre qu’elle souhaite un peu plus épurée que son premier disque, avec une portée sociale, tout révélant sa nature romantique et sensible.

Le spectacle Pays d’abondance, présenté au Centre culturel Kent-Sud, vendredi, affiche complet. Le duo songe déjà à offrir un deuxième spectacle à Bouctouche soit au cours des prochains mois ou à l’été 2017.