La yodleuse Manon Bédard donne son premier concert au N.-B. à Nigadoo

Originaire de Saint-Tite – reconnue pour son festival Western -, on peut dire que la Québécoise Manon Bédard est tombée dans la potion du country quand elle était petite.

L’artiste signe son sixième album – le plus authentique de tous – et sa première composition dont l’opus porte le nom, Née Country. Elle sera pour la première fois en spectacle au Nouveau-Brunswick, samedi, à Nigadoo.

Bien qu’elle roule sa bosse depuis bientôt 20 ans, elle n’avait jamais donné de concert en Acadie, sauf une prestation à l’émission Pour l’amour du country avec Patrick Norman, enregistrée à Moncton.

Manon Bédard s’est assurée d’arriver la veille du spectacle pour savourer l’Acadie dont elle a si souvent entendu parler.

«J’ai tellement hâte. Des amis artistes et mes musiciens y sont déjà allés. Ils m’ont dit « tu vas adorer. Les Acadiens sont formidables. L’endroit est féerique »», a-t-elle relaté d’un ton très enjoué, sur la route, vendredi.

Sorti en juin, le nouvel album est son premier en sept ans. Cette longue pause s’explique par plusieurs coups durs qu’elle a encaissés.

«J’ai vécu beaucoup d’épreuves. Mes parents sont décédés. J’ai eu un cancer du sein, qui était heureusement bénin. J’ai eu des déceptions amoureuses. Je voulais faire un album rempli d’amour et de joie, donc je me devais d’être en pleine forme physiquement et moralement, mais j’étais plutôt dans une période très triste. Je me suis alors ressourcée dans la forêt, près de l’eau», confie-t-elle.

Elle s’est relevée, a retrouvé ses marques. Son bien-être a pris la forme de la pièce-titre de l’album, Née Country.

«Dans le fond, cette chanson résume mes plus beaux souvenirs d’enfance, là où j’ai grandi, sur la ferme laitière, avec mes parents, ma sœur, mes frères», dit Mme Bédard.
Elle revisite sur des airs country des chansons de Ginette Reno, Angèle Arsenault, Blou, en autres. Le grand Paul Daraîche lui a fait non pas un cadeau, mais deux.

«Il m’a écrit deux magnifiques chansons, alors que je lui en avais seulement demandé une. Mon histoire,  qui explique vraiment qui je suis», note-t-elle.

Renommée comme «la» yodleuse du Québec, la chanteuse s’y donne à cœur joie sur son nouveau disque.

«À l’âge de 9 ans, j’ai découvert le yodel. Un bon matin, j’arrive dans la ferme et j’entends mon père yodler. À cet âge, tu demandes «est-ce que ça va papa?». Il m’a dit que c’était son cri de joie et que les vaches lui donnaient plus de lait parce qu’il était joyeux. Quand je l’ai expliqué à Paul, il a écrit Mon p’tit cri de joie, qui raconte l’histoire de mes parents», exprime la chanteuse.

C’est l’album qui lui ressemble le plus. Une renaissance en quelque sorte pour celle qui a traversé une période sombre.

«De mes six albums, c’est celui qui est le plus authentique. Je pourrais même dire que c’est la première fois que j’aime m’entendre chanter. Je ne dis pas que je n’aimais pas les autres, mais c’est celui qui me représente le plus. Ce sont tous des passionnés qui ont travaillé sur cet album, des gens avec la main sur le cœur, une approche humaine. Des gens que j’aime et vice-versa», se réjouit-elle.

Elle est attendue au troisième Festival Western du Camping Haché à Nigadoo, dans la région Chaleur, samedi.