Quand la musique devient synonyme de rédemption

Au-delà de la création, la musique peut parfois apporter de l’espoir. Caroline Savoie et Shaun LeBlanc ont composé des chansons s’inspirant d’histoires vécues par des jeunes ayant traversé des épreuves particulièrement difficiles.

Le concept de La ville en chanson constitue à jumeler un artiste et une personne dont la vie a été changée grâce aux dons de Centraide à divers organismes du sud-est du Nouveau-Brunswick. Des chansons sont nées de ces jumelages. C’est le cas de la jeune Marie-Ève Comeau-Chiasson, 16 ans, qui a fait la rencontre de Caroline Savoie. La jeune fille native de Bathurst, qui demeure maintenant à Dieppe, a quitté la demeure familiale à l’âge de 15 ans. Elle a vécu une année particulièrement difficile. Celle qui s’est retrouvée sans domicile fixe pendant un certain temps a trouvé de l’aide à la Maison des Jeunes de Dieppe. Elle a écrit un texte qui relate son parcours. Quand Caroline Savoie a reçu ce texte, elle a été profondément touchée.

«Je trouve ça courageux de Marie-Ève qui se lève pour raconter son histoire et d’autres jeunes peuvent se voir en elle. Pour moi, juste de contribuer un petit peu, ça me fait plaisir. J’étais assez stressée, j’ai refait la toune comme sept fois parce que je voulais être vraiment satisfaite de la chanson et qu’elle rende justice à son histoire. J’ai réalisé en écrivant la chanson qu’elle a passé à travers beaucoup de choses dans la dernière année. Elle n’a que 16 ans, elle se tient debout et c’est impressionnant», a exprimé la chanteuse, dont le plus récent album s’est retrouvé rapidement parmi les dix meilleurs vendeurs francophones sur iTunes Canada.

Pour Marie-Ève Comeau-Chiasson, qui avait déjà vu Caroline Savoie en spectacle à son école, cette rencontre est pratiquement incroyable. Qui aurait cru un jour qu’une artiste compose une chanson spécialement pour elle. Pour l’instant, la pièce s’intitule tout simplement Marie-Ève.

«Je n’aurais jamais cru que ça m’arriverait. Je trouve que ça donne de l’espoir, des opportunités aux jeunes et en plus, ça peut toucher les gens de la communauté qui passent à travers la même affaire», a-t-elle confié.

Caroline Savoie estime que cet exercice lui a permis d’aller encore plus loin dans l’écriture en mettant en mot cette histoire aux vérités universelles. Elle songe peut-être à l’enregistrer pour l’offrir à Marie-Ève Comeau-Chiasson.

Shaun LeBlanc a été jumelé à Nathan Pickett; un élève de 12e année bénévole au Club Garçons et Filles de Riverview. Dans son récit, il relate ses difficultés d’apprentissage et le fait qu’il a été victime d’intimidation à l’école. Après l’avoir rencontré, Shaun LeBlanc a écrit la chanson In The Skin.

«Comme auteur-compositeur, j’écris souvent de mes expériences, c’est rare que j’écrive par rapport aux autres. Des fois, je suis inspiré d’une situation, mais en général, c’est plutôt par rapport à moi. C’était un défi d’écrire une chanson pour représenter quelqu’un d’autre. D’une façon, la musique pour moi a toujours été une sorte thérapie et mon but était d’écrire quelque chose que la personne aimerait et qui peut en inspirer d’autres», a indiqué l’auteur-compositeur-interprète qui lancera un nouvel album en 2017.

Les artistes ont interprété les chansons pour la première fois au Théâtre Capitol à Moncton, jeudi soir, dans le cadre de La ville en chanson. Cette première à Moncton a mis en vedette aussi The Olympic Symphonium et Tim Walker.