Nouvel album d’Annie Blanchard: un soupçon de nostalgie à saveur country

Avec son quatrième disque, Those Where The Days, Annie Blanchard a réalisé un rêve; celui de produire entièrement un album au Nouveau-Brunswick. Rencontre avec une artiste de coeur qui assume pleinement son amour pour le country.

Après avoir réalisé trois albums de chansons originales en français, Annie Blanchard a mis le cap sur son Acadie natale pour créer un nouvel opus en anglais à saveur country avec le réalisateur George Belliveau. Elle a quitté son ancienne maison de disque Musicor pour s’associer à une entreprise indépendante Bobten Records avec qui elle a coproduit l’album.

«Je ne voulais pas me faire dire qu’il ne faut pas que ça sonne trop country ou que je ne pouvais pas faire mon album au Nouveau-Brunswick parce qu’on ne sait pas qui est George Belliveau. Quand j’ai fait la recherche pour un réalisateur, je suis tombé sur l’album de George Belliveau en 2011 et je me suis rendu compte que c’était ce son que je voulais, c’est-à-dire un nouveau country de style américain de Nashville et je savais qu’il pouvait m’amener là», a raconté la chanteuse native de Maisonnette.

«J’étais dans une belle atmosphère pour faire cet album-là et je pense que ça transparaît sur l’album. Je me suis vraiment laissé aller à 100% et George Belliveau ne m’a pas mis de barrière», a poursuivi celle qui partage sa vie de plus en plus entre Montréal et la Péninsule acadienne.

Sur Those Where The Days , elle reprend 14 chansons de la fin des années 1960 et 1970, en leur donnant une couleur country. On retrouve des chansons comme The Rose, Leaving On A Jet Plane et If You Could Read My Mind. Sur ce quatrième opus, elle assume fièrement son attachement pour ce style musical. Elle souligne que peu d’artistes du Nouveau-Brunswick ou du Québec ont interprété ces chansons. L’idée de cet album est venue de la demande du public, des diffuseurs et des programmateurs de festivals country.

«Les diffuseurs nous demandent ça parce que certaines générations comme celles de mes parents veulent entendre ces vieilles chansons et ils ont la nostalgie de l’époque. Je me suis dit que ce serait une belle carte de visite pour ces festivals. J’ai commencé à faire un peu de recherches et j’ai eu envie d’aller plus large, pas seulement dans le répertoire country, mais de les amener à ma sauce. Je voulais apporter un côté créatif à l’expérience pour ne pas faire un copier-coller des originales», a raconté Annie Blanchard qui a d’abord été séduite par les textes des chansons.

Elle a choisi 14 titres qui ont tous été des numéros un au Québec ou au Nouveau-Brunswick, mais sans nécessairement être les plus grands succès des artistes. Elle cite en exemple Vincent de Don McLean reconnu notamment pour American Pie.

«Je ne la connaissais pas, mais j’ai eu un méga coup de coeur pour cette chanson», lance l’interprète, précisant qu’il s’agit d’une pièce qui rend hommage à Vincent Van Gogh.

Ce sont des airs et des mélodies qui ont bercé sa jeunesse. Elle a eu beaucoup de plaisir lors du lancement au Festival Western de Saint-Tite le 14 septembre.

«C’était tellement le fun de voir le visage des gens s’éclairer avant chaque chanson. La musique nous amène tellement dans des moments précis de nos vies.»

Si derrière chaque parution de disque, il y a une certaine intention commerciale, Annie Blanchard confie qu’elle ne pourrait jamais réaliser un projet juste en fonction des ventes.

«J’ai de la misère à cacher ce que je ressens et puis si j’avais fait un projet qui ne me faisait pas triper juste pour vendre des albums et des spectacles, je n’aurais pas été heureuse là-dedans et ça n’aurait pas été authentique. Les gens s’en seraient rendu compte tout de suite», a exprimé l’artiste précisant que le country coule dans ses veines depuis qu’elle est toute petite.