Le Théâtre La Cigogne se penche sur la violence

Le Théâtre La Cigogne invite le public à découvrir sa nouvelle création en chantier. À travers Violences, le collectif propose une réflexion sur cette thématique.

Il n’y a pas un jour qui passe sans que la violence soit au coeur de l’actualité. Qu’elle soit sexuelle, raciale, familiale, virtuelle ou encore psychologique, la violence s’immisce dans le quotidien de bien des gens sur la planète. Plus près de nous, la culture du viol a été fortement dénoncée après que des agressions aient été perpétrées sur des campus. Isabelle Bartkowiak, Bianca Richard, Ludger Beaulieu et Annik Landry du Théâtre La Cigogne ont décidé de s’attarder à la violence sexuelle dans leur nouvelle création.

«On essaie de montrer les agents de la violence qui nous amènent là, le résultat ainsi qu’un portrait de ce qu’on n’ose pas nécessairement dire tous les jours», a indiqué Ludger Beaulieu, entre deux séances de répétitions à Moncton.

Le projet a débuté en 2014 au Banff Centre for the Arts pour ensuite se poursuivre à Québec et à Moncton. Isabelle Bartkowiak raconte que l’idée de créer une pièce sur la violence leur est venue après la tuerie de Moncton où trois policiers ont été abattus.

«Comme c’est très large comme thématique, on a décidé de se concentrer sur la violence sexuelle. C’est quelque chose qui venait plus nous toucher. Nous avons orienté notre travail sur la culture du viol et l’image. Veut veut pas, la violence sexuelle, c’est aussi l’image qu’on projette de la femme. Tant qu’il va y avoir de la misogynie, il va y avoir de la violence sexuelle envers les femmes», a poursuivi la comédienne et dramaturge.

Leur objectif avec ce spectacle en plusieurs tableaux est de susciter la réflexion en utilisant différents médiums: marionnettes, expressions corporelles, témoignages. Plusieurs questions seront posées pendant le spectacle.

«On parle du viol, mais on ne veut pas démontrer l’acte, on veut faire réfléchir et réagir les gens. On utilise beaucoup le cynisme et l’humour noir pour montrer comment ça n’a pas de sens. On se penche plus sur le regard de la société face à la violence et comment on apprend à être haineux», a indiqué Annik Landry.

Les tableaux ont été créés à partir d’improvisations, d’explorations et de discussions autour de la thématique. Les comédiens ont eu envie de partager leur travail avec le public afin d’avancer dans le processus de création. Ils précisent qu’il s’agit d’un laboratoire de création.

«C’est une confrontation qui est nécessaire rendu à cette étape du projet. C’est le fun de pouvoir jaser avec des gens pour avoir leurs commentaires et voir si notre travail est clair», a mentionné Annik Landry.

C’est aussi l’occasion pour le public de voir une production en chantier et de discuter avec des comédiens du processus de création.
«On fait du théâtre pour qu’il y ait du monde aussi dans les salles, mais nous on a bien beau vouloir passer un message, mais si c’est trop choquant à un point tel où le monde ne voudra pas venir assister au spectacle, on est contre-productif quelque part, donc c’est important de le montrer aux gens», ajouté Isabelle Bartkowiak.

L’équipe du Théâtre La Cigogne espère éventuellement produire un spectacle complet avec ce laboratoire de création. Violences est présentée à la Salle Empress à Moncton, jeudi à 19h30. L’entrée est gratuite.