Survivre à la dépression pour aider les autres à s’en sortir

Mathieu Hachey a présenté son livre au récent Salon du livre à Montréal - Gracieuseté
Mathieu Hachey a présenté son livre au récent Salon du livre à Montréal – Gracieuseté

Après bien des signes avant-coureurs dès l’âge de 9 ans, Mathieu Hachey, de Petit-Rocher, est hospitalisé pour une profonde dépression en 2012. Après deux séjours en milieu hospitalier, il  émerge de la spirale qui l’avait englouti. Étudiant universitaire, il raconte son combat contre la maladie dans son livre intitulé Sortir de l’ombre.

Le bouquin relate les événements qui ont entraîné la descente aux enfers de Mathieu Hachey, sa lutte pour ne pas s’enlever la vie et sa renaissance.

«J’ai été diagnostiqué de dépression majeure à 17 ans, quand j’étais en 12e année à l’École secondaire Népisiguit de Bathurst. L’un des directeurs adjoints de l’établissement, Richard Roussel, qui a vu la détresse en moi, a eu l’idée de m’apporter à l’hôpital pour rencontrer un psychiatre qu’il connaissait. C’était le 13 février 2012. Je venais de subir une grosse commotion cérébrale deux semaines auparavant», raconte le jeune homme âgé de 22 ans.

«Après ma première hospitalisation, j’avais des idées suicidaires, mais je n’en avais parlé à personne par peur de me faire juger. Un matin, j’ai décidé que je devais briser le silence, comme je savais que c’est moi qui devais choisir mon bonheur», a-t-il ajouté.

Ce livre, dont l’écriture a débuté en 2014, se voulait une thérapie pour lui, et comme il le dit lui-même, il lui a fallu du courage pour le publier.

«Lorsque j’étais à l’hôpital, je m’étais promis que la souffrance que j’avais vécue pendant toutes ses années allait me servir à quelque chose. Je ne l’ai pas écrit pour donner une leçon de vie à qui que ce soit, mais pour me libérer de tout ce que j’avais vécu et si je peux aider ne serait-ce qu’une seule personne, je serai très heureux», confie-t-il.

Il a récemment pris part au Salon du livre de Montréal, sa première expérience du genre et loin d’être la dernière, dit-il.

«Écrire le livre m’a fait du bien, même si ça m’a pris beaucoup de courage pour l’écrire et encore plus pour le publier, parce que j’avais peur de préjugés.»

Le jeune auteur ne se considère pas comme totalement guéri. Il doit rester aux aguets pour que les symptômes ne ressurgissent pas, en utilisant les techniques de relaxation apprises en thérapie et en continuant son traitement médicamenteux.

«Au début, j’étais très craintif de voler de mes propres ailes parce que j’avais peur de rechuter. Je vis très bien avec mon stress, même si je peux en avoir lors de mes devoirs et examens», dit celui qui prépare un baccalauréat en administration des affaires à l’Université Laval, à Québec, depuis 2013.

Mathieu Hachey prend le temps de donner des conférences, notamment dans les écoles, pour faire tomber un peu plus les tabous face à la santé mentale.

«La santé mentale, dont la dépression, est la seule maladie où on blâme la personne qui souffre de son sort, d’être malheureux. C’est souvent pour cela que les gens décident de garder le silence, par peur de se faire juger», note-t-il.

Il encourage ceux qui sont en détresse psychologique à ne pas craindre de recourir à de l’aide professionnelle, tout en s’épaulant sur leur famille et leurs bons amis.