Premier vidéoclip de Sandra Le Couteur: le phare ou la quête vers la lumière

Sandra Le Couteur lance son premier vidéoclip, Le phare, réalisé par le cinéaste Pat Gauvin. Cette courte fiction musicale sur des images évoquant la fin du monde met en vedette plusieurs acteurs de l’Acadie, dont l’incontournable chanteur Serge Brideau qui figure au centre de cet équipage étrange.

Pour son premier vidéoclip, Sandra Le Couteur tenait à créer une œuvre intemporelle qui n’est pas située géographiquement. Même si le tournage s’est déroulé sur l’Île Lamèque et au large de Miscou, l’endroit est méconnaissable. La facture visuelle soignée aux teintes particulières, rappelle l’univers des films post-apocalyptiques.

«On voulait avoir quelque chose de disjoncté et d’apocalyptique dans le genre des films Mad Max. J’ai choisi Le phare parce que c’est une chanson qui a de la viande sur l’os et qui raconte une histoire. Le phare fait référence à la Déportation, mais de façon poétique. C’est pour ça qu’au début, l’équipage est étampé de l’étoile jaune», a expliqué Sandra Le Couteur qui a voulu aussi faire un clin d’oeil aux populations du monde en exil.

La chanson Le phare, dont les paroles ont été écrites par son fils et poète Valéry Robichaud, est en quelque sorte une métaphore de la Déportation. Or, le vidéoclip ne fait pas nécessairement de lien avec l’Acadie, sauf pour l’étoile jaune. Pat Gauvin qui a écrit le scénario du clip estime qu’il s’agit d’une chanson épique qui aborde une grande quête. C’est cette quête qu’il a voulu illustrer dans le clip. Guidé par Sandra Le Couteur qui a découvert un médaillon porteur d’espoir, l’équipage à l’allure un peu démentielle partira à la recherche du phare à bord d’un navire conduit par le capitaine incarné par Alyre Robichaud.

«C’est comme s’il n’y avait plus rien et qu’il fallait trouver la lumière qui est le phare dans ce cas-ci», a indiqué le cinéaste qui signe son cinquième vidéoclip.

Le tournage s’est déroulé sur la mer et sur le site d’une maison abandonnée au mois de novembre. C’était une journée brumeuse et froide, créant ainsi une lumière particulière. L’équipe de tournage a rassemblé 18 personnes, dont les acteurs Serge Brideau, Alyre Robichaud, Milène Robichaud, Shaun Ferguson, Solange Noël, Dennis Morton et Stéphane Lévesque. Le tournage a nécessité deux semaines de préparation, pour la confection des costumes et des décors. Pat Gauvin précise que c’est un projet à grand déploiement.

Reconnu pour ses séries documentaires comme La pêche maudite, le cinéaste et son entreprise Bosco Médias qu’il dirige avec Stéphane Lévesque se spécialisent de plus en plus dans les projets télévisuels et les vidéoclips. Il a réalisé, entre autres, le clip de Raphaël Butler, Harley 1970, pour lequel il a remporté un prix Musique NB.

«J’aime bien les vidéoclips parce que c’est créatif et il y a plus de liberté. C’est toujours le fun de partager des idées avec mes amis musiciens. Quand je réalise un vidéoclip, je fais confiance aux artistes puisque ce sont eux qui ont composé leurs chansons. On se rencontre et on discute de ce qu’ils voient comme image à mettre dans le vidéoclip. De là, ça m’inspire des choses et on élabore ensemble des scénarios. Par la suite, je finalise un scénario plus détaillé», a ajouté le cinéaste qui a apporté une attention particulière à la direction artistique et à la photographie.

Jugeant que le vidéoclip rappelle les pays du Nord et l’univers des Vikings, Sandra Le Couteur envisage de créer une version sous-titrée en norvégien afin de l’acheminer vers cette région du monde où elle a des contacts.

Produit par Bosco Médias et financé en partie par le secteur privé, le vidéoclip Le phare sera lancé jeudi au restaurant Au P’tit Mousse de Lamèque dans le cadre d’un 5 à 7.