Le Christ revient au Gun Club

Le comédien Luc LeBlanc estime que le rôle de Conrad dans la comédie tragique Le Christ est apparu au Gun Club a marqué sa carrière. Ce personnage lui a ouvert les portes vers d’autres productions plus dramatiques.

Luc LeBlanc et Éric Butler, qui sont de la distribution originale créée en 2003, sont heureux de reprendre cette pièce de l’auteur Herménégilde Chiasson. À l’époque, Luc LeBlanc était surtout reconnu pour ses rôles comiques. Encore aujourd’hui, il fait fureur en humour, mais cette pièce a permis à l’acteur acadien de démontrer une autre facette de son registre de jeu.

«Les producteurs et les metteurs en scène mettent souvent une étiquette assez rapidement. On m’a toujours vu comme le gars comique qui peut faire des personnages de composition drôle.»

«Le personnage de Conrad est très chargé émotivement et il est différent des autres personnages que j’avais joués. Dans ce sens-là, ça m’a aidée dans ma carrière et j’ai réalisé que je pouvais jouer dans ce créneau. J’ai comme l’impression que contrairement au cinéma, le théâtre devrait prendre plus de risque avec des comédiens dans du “anti-casting” pour essayer différentes choses», a déclaré Luc LeBlanc.

Amis dans la vie comme sur la scène, Luc LeBlanc et Éric Butler retrouvent leurs personnages dans Le Christ est apparu au Gun Club avec plus d’expérience et une maturité acquise au fil des années.

«Nous nous sommes connus en 1988 au département d’art dramatique et on est devenus de bons amis. Jouer ensemble dans une pièce, c’est le plus beau cadeau pour moi parce que Luc LeBlanc est quelqu’un que j’apprécie et que j’admire parce que j’aime la façon qu’il travaille», a indiqué M. Butler.

Pour cette nouvelle mouture, Izabelle Ouellet se joint à l’équipe en incarnant le rôle de la serveuse-chanteuse Véronica, autrefois joué par Jeanie Bourdages. C’est l’histoire de Conrad Thériault (Luc LeBlanc) qui vient de quitter son emploi de réparateur de machine à Coke. Il décide donc de célébrer sa nouvelle liberté en retrouvant son ami Simon Gauvin (Éric Butler) au Gun Club – un bar d’une petite ville en plein milieu de nulle part où il n’est pas allé depuis six mois.

Plus sa consommation de bière augmente, plus il se met à citer des passages des Évangiles. Son ex-compagne Véronica, qui est serveuse dans ce bar, rêve d’une carrière de chanteuse country. Le patron du club la laisse chanter de temps en temps. Izabelle Ouellet, qui a fait des études en art dramatique, conjugue ainsi ses deux passions: la musique et le théâtre. Elle chante pendant le spectacle.

«Dès la première répétition, j’avais le feeling d’être chez nous. J’ai commencé à faire du théâtre quand j’étais enfant et ç’a toujours été une passion pour moi, mais le côté musical a pris le dessus. C’est le fun parce que je comprends quand même assez bien le rôle étant donné que j’ai joué dans les petits bars, les petites places et les festivals alentour», a raconté Izabelle Ouellet, qui a voulu donner sa propre couleur au personnage.

La pièce propose une vision comique et tragique sur un monde en quête de sens. Elle aborde des thèmes universels sur la condition humaine.

«Il y a quelque chose de très humain dans cette œuvre, comme l’amour, la déchéance, le questionnement. Quand on a commencé à la relire et à la refaire, il y a des choses qu’on n’avait pas vues qui nous apportent un peu plus loin dans la compréhension de la pièce», a mentionné Luc LeBlanc.

Herménégilde Chiasson se rend honoré qu’on veuille revisiter sa pièce.

«Il n’y a pas beaucoup de pièces qui sont reprises au théâtre. Avec le temps, on oublie ce qu’on a écrit et tout d’un coup, quand on le revoit, ça prend plus de sens. Je trouve qu’ils font un travail fabuleux. J’ai trouvé ça très touchant et je me disais justement qu’il faudrait que je retourne à l’écriture théâtrale», a commenté l’auteur qui travaille à un projet d’opéra avec le compositeur Jean-François Mallet et le pianiste Carl-Philippe Gionet.

Le Christ est apparu au Gun Club – qui célèbre les 40 ans du théâtre l’Escaouette et les 25 ans du Pays de la Sagouine – est présenté aux deux endroits. Il sera à l’affiche de l’Escaouette à Moncton les 25 et 26 janvier à 19h30, ainsi que les 10, 11 et 12 février à 20h au Pays de la Sagouine à Bouctouche. Andréi Zaharia assure la mise en scène.

La musique

Bien que ce soient les mêmes chansons qu’en 2003, elles ont été rafraîchies dans un nouvel enregistrement. Les paroles de l’auteur Herménégilde Chiasson ont été mises en musique par plusieurs musiciens de la région: Les Païens, Denis Richard, Jean-François Mallet, Johnny Comeau, Mario «Fayo» Leblanc et Jolène Richard. Les six chansons ont été regroupées dans un mini-album réalisé par George Belliveau et enregistré au Studio La Classe à Memramcook. Les chansons sont interprétées par Izabelle Ouellet. Plusieurs musiciens ont également contribué à l’enregistrement de ce disque qui est disponible en ligne sur la plateforme Bandcamp.