Dans les coulisses de l’écriture avec l’auteure d’Outlander

De passage au Festival Frye, la romancière Diana Gabaldon se promet d’aller découvrir la culture écossaise de la côte Est canadienne. Elle envisage même une visite au pays des survivants du clan MacKenzie qui a pris part à la bataille de Culloden et que l’on retrouve dans sa saga historique.

Traduits en plusieurs langues, les livres de la série historique Outlander se sont vendus à plus de 28 millions d’exemplaires. Ils ont même contribué à l’essor de l’économie et du tourisme de l’Écosse. Si elle n’avait jamais visité l’Écosse avant d’écrire le premier livre de cette saga, aujourd’hui, Diana Gabaldon est très attachée à cette culture. La romancière américaine a visité cette région du monde à plusieurs reprises et elle a étudié les déplacements du peuple écossais. Elle n’accepte pas toutes les invitations qu’elle reçoit, mais celle du Festival Frye lui a particulièrement plu, en raison de ses liens avec la culture écossaise.

«Certains expatriés écossais après la rébellion ont continué leur route jusqu’en Atlantique. Ils se sont installés en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard. Je suis presque certaine que certains survivants du clan MacKenzie (un des clans rattachés au personnage de Jamie Fraser dans Outlander) sont allés à l’Île-du-Prince-Édouard. J’ai pensé que ce serait bien de venir ici et de prendre quelques jours de plus pour aller sur l’île», a raconté l’écrivaine au sourire communicatif.

La romancière qui habite Phoenix en Arizona se présente simplement, sans prétention.

Cet hiver, elle a visité le plateau de tournage de la troisième saison d’Outlander en Afrique du Sud. Cette nouvelle saison sera diffusée à compter de septembre. Elle est contente de cette télésérie, même si elle reconnaît qu’il est parfois difficile d’adapter des livres pour le petit écran. Les producteurs la consultent régulièrement.

Que pense-t-elle du succès de ses romans? Elle estime qu’il s’agit d’une expérience complexe presque surréelle, mais très gratifiante. Cette professeure et chercheuse scientifique de carrière a toujours su qu’un jour, elle serait écrivaine. Ayant grandi dans une famille très conservatrice, elle a été encouragée à poursuivre son éducation afin d’exercer une profession qui lui assurerait une stabilité financière. Elle n’a jamais osé dire à son père qu’elle voulait être écrivaine. Tout au long de sa carrière scientifique, l’écriture n’a jamais été très loin, et à l’âge de 35 ans, elle a décidé de se lancer dans l’aventure.

«J’aimais la science, j’aimais enseigner, j’étais bonne à ça, mais je savais que je voulais écrire des romans. Quand j’ai commencé à écrire, je ne l’ai pas dit à personne. (…) Personne ne m’a jamais montré comment écrire et la seule façon d’apprendre, c’était de le faire.»

Avant d’écrire le premier tome d’Outlander, elle ne savait pas que ce premier effort allait devenir une volumineuse saga. Le neuvième tome de cette série autour de l’histoire d’une infirmière, Claire Beauchamp Randall, qui effectue un voyage dans le temps de 200 ans pour se retrouver en Écosse en 1745, est en chantier. Elle raconte que c’est une vieille série télévisée britannique de science-fiction Doctor Who qui lui a insufflé sa première source d’inspiration. Dans un épisode du Doctor Who, il fait la rencontre d’un jeune Écossais du 18e siècle qui porte un kilt. Cette image lui a inspiré le personnage de Jamie Fraser.

«Presque tous les personnages ont quelque chose de moi même. Le personnage qui me ressemble le plus, c’est probablement Jamie Fraser. Il a cette façon de voir les choses de façon pragmatique.»

«Le neuvième tome sera publié quand j’aurai terminé de l’écrire», laisse tomber l’écrivaine qui n’ose pas annoncer de date. Elle envisage que la série rassemblera 10 tomes. Entre-temps, sa collection de romans, Seven Stones to stand or fall, liée à l’univers d’Outlander sortira le 27 juin. Très attendue par les festivaliers, Diana Gabaldon présente une conférence au Théâtre Capitol samedi après-midi qui affiche complet depuis plusieurs mois. Elle s’entretiendra aussi avec les lecteurs, dimanche à 13h, à l’Hôtel Delta Beauséjour.