Échos: variation poétique d’une chaîne de lettres (Vidéo)

Organisé par la revue acadienne de création littéraire Ancrages, le projet Échos qui a rassemblé 63 poètes de l’Acadie, du Québec, de l’Ouest canadien, de l’Ontario, des Premières nations, de l’Europe, d’Haïti et du Cameroun revisite le concept des traditionnelles chaînes de lettres.

Chaque écrivain a écrit un texte de 50 mots qu’il a ensuite fait parvenir à deux autres poètes, qui à leur tour, ont acheminé leurs poèmes à deux autres auteurs et ainsi de suite. Le projet Échos constitue en fait la version poétique des fameuses chaînes de lettres.

«La malédiction a été évitée puisqu’on a réussi à remplir toutes les cases», a affirmé la coordonnatrice de la revue Ancrages, Marilou Potvin-Lajoie.

La chaîne de lettres a débuté avec le poète Jonathan Roy de la Péninsule acadienne qui a écrit un poème pour ensuite l’envoyer aux poètes Philippe Garon de Bonaventure et Joannie Thomas de Grande-Anse. La chaîne s’est poursuivie ainsi pendant six jours jusqu’à 63 poètes. Chaque auteur devait écrire un poème de 50 mots en reprenant la moitié des mots du texte précédent afin de créer un écho poétique. Ils ont eu six jours pour réaliser cette aventure épistolaire collective d’envergure.

Secondé par le comité de la revue Ancrages et le poète Herménégilde Chiasson, le président de la revue de création littéraire David Décarie est l’instigateur du projet. Il rêvait depuis longtemps de mettre en place un projet de chaînes de lettres. En moins d’une semaine, la chaîne de lettres a pris forme. Des poètes de plusieurs régions du pays et d’ailleurs dans le monde ont répondu à l’appel. On retrouve des textes, entre autres, de Caroline Bélisle, Gabriel Robichaud, Albert Belzile, Heménégilde Chiasson et Violaine Forest. On assiste donc à une conversation entre les auteurs.

«Ça s’arrête à six jours. La contrainte du temps, c’est vraiment pour avoir une impulsion du moment. Généralement à Ancrages, on fait des œuvres collectives, mais celui-là, le lien est particulièrement fort entre les auteurs justement par le fait qu’ils doivent collaborer», a fait valoir David Décarie.

Marilou Potvin-Lajoie souligne que les concepteurs du projet ont fait face à plusieurs défis techniques et de communication. En six jours, ils devaient recevoir les poèmes, les réviser, réaliser la mise en page, rédiger les contrats et préparer la notice biographique.

«Les poètes ont sauté sur l’occasion sans trop savoir dans quoi ils s’embarquent. C’est une entreprise un peu folle, mais même si la contrainte était difficile parfois, elle a beaucoup motivé les auteurs. C’est une expérimentation de création littéraire. On aurait pu ne pas réussir à se rendre jusqu’à la fin. Parfois, il a fallu relancer la chaîne, mais on est très heureux du résultat», a indiqué Marilou Potvin-Lajoie.

David Décarie estime que la qualité des textes est exceptionnelle, justement en raison de cette conversation entre les auteurs et de la connivence qui s’est créée entre les créateurs. Les poètes ont voulu être à la hauteur.

Une installation de panneaux sur lesquels sont imprimés les poèmes a été exposée à la Bibliothèque publique de Moncton pendant le Festival Frye. Le parcours poétique est maintenant publié sur le site Web de la revue Ancrages. Les responsables de la revue souhaitent faire voyager l’installation poétique à travers le Nouveau-Brunswick. Il s’agit du numéro 14 de la revue Ancrages. Le comité prépare aussi un nouveau numéro qui comprendra huit nouvelles inédites et un poème de Sophie Bouchard-Tremblay, qui a remporté le premier concours des jeunes voix de demain.