Bon Cop Bad Cop 2: tout pour séduire le public

Une bonne dose d’humour, de l’action, une abondance de jurons, des personnages attachants et certains moments plus tendres; tout dans le film Bon Cop Bad Cop 2 vise à plaire au public. À l’issue de l’avant-première à Dieppe, les cinéphiles étaient conquis.

Les acteurs étoiles, Patrick Huard et Colm Foere, étaient de passage au Cineplex à Dieppe, jeudi, afin de présenter le second volet du film à succès Bon Cop Bad Cop. La comédie d’action a été projetée en avant-première dans deux salles combles. Le public a pu rencontrer les comédiens.

«C’est la première fois que j’assistais à une première d’un film et j’ai vraiment apprécié le fait que les deux vedettes se sont présentées dans notre région. Ils ont été généreux. J’aime beaucoup la comédie. Ça vient me chercher tout de suite», a exprimé une spectatrice Caroline Benoît, à l’issue de la projection.

Dix ans après la sortie de Bon Cop Bad Cop, reconnu comme étant le plus grand succès commercial de l’histoire du cinéma canadien, un deuxième film voit le jour. Réalisée par Alain Desrochers, avec un budget de 10,4 millions $ et une équipe de 350 personnes, cette œuvre a tout pour divertir le public. À leur arrivée dans la salle, les comédiens ont été salués par de vibrants applaudissements du public. Ils sont présentement en tournée à travers le Canada en prévision de la sortie du film, le 12 mai.

«Nous sommes vraiment heureux d’être ici. On se promène à travers le pays parce que c’est votre film. On l’a fait pour vous en pensant à vous (…) Ça me touche beaucoup de voir que 10 ans plus tard vous êtes encore là», a mentionné Patrick Huard qui signe le scénario de cette comédie d’action.

Dans ce second volet, on assiste aux retrouvailles de David Bouchard, un policier de la Sûreté du Québec et de Martin Ward, un agent de la GRC de l’Ontario. Les deux policiers s’étaient perdus de vue depuis un certain temps. Ils se croisent par hasard sur une scène de crime alors que David (Patrick Huard) a infiltré un réseau de voleurs de voiture. S’en suit une suite d’événements rocambolesques qui amèneront les deux protagonistes à franchir la frontière américaine pour tenter de désamorcer une série d’attentats terroristes.

Encore une fois, le film joue sur les identités et les différences culturelles entre francophones et anglophones, mais aussi entre Canadiens et Américains, donnant ainsi quelques scènes complètement loufoques. Lorsqu’ils se retrouvent dans un poste de police chez nos voisins du Sud, on assiste à des moments hilarants. Ils se moquent allégrement des policiers américains.

«On ne voulait pas faire la même recette réchauffée. C’est pour ça que oui on fait des allusions aux différences culturelles entre les francophones et les anglophones au Canada, mais cette fois-ci, les différences culturelles sont beaucoup plus marquées entre le Canada et les États-Unis. C’est un plaisir incroyable!», a affirmé Patrick Huard.

La langue, les identités culturelles, la bureaucratie, l’amitié et l’importance de la famille sont au coeur de ce film. Il faut aussi mentionner la performance éclatante de l’humoriste Mariana Mazza dans le rôle de l’experte en informatique disjonctée.

«C’est excellent, meilleur que le premier film. L’action et les gags étaient tous bien placés et c’était touchant en même temps», a commenté une spectatrice, Pauline Caissie.
Se démarquer des États-Unis
Si le second volet arrive seulement dix ans plus tard, c’est que les deux acteurs ont travaillé à divers projets chacun de leur côté. Dans l’écriture de ce nouveau chapitre, le scénariste voulait surtout ne pas ternir le souvenir du premier film. Il s’est inspiré, entre autres, de ses voyages aux États-Unis.

«Ça fait des années quand je vais aux États-Unis, avec mon accent qu’on me demande si je suis belge, allemand, australien. Quand je dis que je viens du Canada, ils ont l’air de ne pas comprendre parce qu’ils connaissent surtout l’accent canadien-anglais. Ils ont une idée bizarre du Canada et ça me tentait de me foutre de leur gueule un peu. C’est aussi parce qu’eux aussi, il le font souvent dans des émissions de télévision et dans des films. Il se moquent des Canadiens comme si on était un peu moins intelligent. Ça me faisait plaisir de retourner le miroir vers eux», a expliqué le scénariste.

Un budget de 10,4 millions $ peut sembler énorme pour un film au Canada, mais ce n’est rien comparé aux mégas productions américaines qui dépassent souvent les 100 millions $. Patrick Huard explique qu’ils ont misé d’abord et avant sur l’humanité des personnages, au lieu d’offrir une «orgie d’effets visuels».

«J’adore les films d’action, mais j’ai besoin de me sentir toujours impliqué avec les personnages (…) Si on veut se démarquer des Américains qui en font des films d’action avec plus de moyens que nous, il faut qu’on apporte quelque chose d’autre.»

Les acteurs ajoutent qu’il est difficile pour le cinéma canadien de se tailler une place devant l’abondance de productions américaines. M. Huard rappelle qu’il sort en moyenne 14 films américains par semaine. Il encourage les cinéphiles à aller voir Bon Cop Bad Cop 2 dès la première fin de semaine, parce que les œuvres canadiennes sont souvent retirées des écrans assez rapidement. Le film sort partout au pays le 12 mai. Certains cinémas présenteront des projections spéciales dans la soirée du jeudi 11 mai pour les admirateurs inconditionnels.