Gilles Bélanger chante Gaston Miron

L’instigateur du projet collectif Douze hommes rapaillés, Gilles Bélanger, débarque au Nouveau-Brunswick afin d’offrir un voyage intimiste à travers l’œuvre du poète québécois Gaston Miron.

En plus d’offrir trois concerts intimes de son spectacle L’homme rapaillé en chansons, Gilles Bélanger est de passage dans la Péninsule acadienne afin de travailler à la création du prochain album de Sandra Le Couteur.

«On concocte de nouvelles chansons pour le nouvel album de Sandra Le Couteur. Ce qui est intéressant avec la création, c’est qu’on ne sait pas tout à fait où ça s’en va», a expliqué l’auteur-compositeur et chansonnier natif de Nouvelle en Gaspésie, près de Campbellton.

Celui qui a grandi sur la rive nord de la baie des Chaleurs collabore avec la chanteuse et poète de Miscou depuis plusieurs années. Il a d’ailleurs signé les musiques de plusieurs chansons de son disque Le phare.

«J’ai les sandales sur le Plateau Mont-Royal, mais le cœur dans la baie des Chaleurs», a confié l’artiste établi à Montréal.

C’est la première fois qu’il présente son spectacle dédié à Gaston Miron au Nouveau-Brunswick. Accompagné de ses guitares, de son harmonica et de projections multimédias, cet artisan de la chanson interprète les pièces de la collection des Douze hommes rapaillés.

Il parlera de son parcours et de son aventure à travers la poésie du poète québécois. Il a invité aussi Sandra Le Couteur à interpréter quelques chansons de cette collection. Dans ce spectacle, le public découvrira entre autres, comment un poème devient une chanson. L’artiste accompagne son spectacle d’images inédites de Gaston Miron en spectacle au parc Lafontaine à Montréal en 1976.

«J’ai la chance d’être ami avec plusieurs personnes qui ont côtoyé Gaston Miron, dont Gaëtan Dostie qui a été son secrétaire et qui est un archiviste maintenant. Il m’a donné un film qu’il a fait en 1976 d’un spectacle de Gaston Miron. Ce n’est pas de grande qualité HD, mais toute la gestuelle et la voix sont là. Ce sont des choses qui me permettent de faire vivre un peu Miron», a-t-il poursuivi.

Pour Gilles Bélanger, qui a mis en musique plusieurs poètes, la poésie de Gaston Miron ne se démode pas. Traduite dans 20 langues, elle est aussi importante que celle de Pablo Neruda et d’Arthur Rimbaud. Sauf qu’elle parle des hommes et des femmes du Québec et de l’Amérique française. Il avait cette urgence d’écrire et de corriger ce qu’il venait d’écrire, raconte Gilles Bélanger.

«Ses poèmes n’étaient jamais terminés. Il a commencé à écrire des poèmes à la fin des années 1940, qu’il n’éditera qu’en 1970. Quand le recueil L’homme rapaillé est paru en 1970, ce fut un succès phénoménal. À toutes les éditions (subséquentes), il a changé des choses. Même dans l’édition posthume en 1998, il y a encore des choses qu’il avait changées avant sa mort. Il a tellement travaillé sur ces poèmes, à les dire et à les refaire et que ça chante déjà. Pour lui, le mot juste était plus important que la rime.»

Jamais il n’aurait imaginé un tel succès avec cette poésie qu’il a mis en musique. Au départ, il devait produire un album porté par plusieurs interprètes. C’est finalement deux disques et une symphonie qui ont été créés à partir de L’homme rapaillé. Lauréat de huit Félix, les albums se sont écoulés à plus de 85 000 copies.

Dans son spectacle solo, Gilles Bélanger fait un retour au folk traditionnel. Imaginé seul avec sa guitare, le projet a été repris par le directeur musical Louis-Jean Cormier et plusieurs interprètes dans un spectacle.

Gilles Bélanger sortira un album solo sur la poésie de Gaston Miron cet automne, réalisé par Éric Goulet.

Il présente son spectacle à l’Auberge et Bistro d’Anjou de Petit-Rocher, le 11 mai à 19h, aux Grains de folie de Caraquet le 12 mai à 20h et à l’Aloha café de Lamèque le 13 mai à 19h30. Il sera de nouveau en spectacle au Phare de Miscou le 10 août.