Bathurst: de la musique de chambre pas comme les autres

Le 5e Festival de musique de chambre de Bathurst, qui se tient du 20 au 22 mai, innove en proposant un concert de style pop alternatif au Studio 2 situé au centre-ville.

Ainsi, les musiciens tendent l’oreille aux tendances modernes pour conquérir une clientèle de leur âge, qui ne se reconnaît pas forcément dans la musique classique. C’est par ces sons déformés de heavy métal que Distorsion symphonique donnera le coup d’envoi du festival au Studio 2, samedi.

«Ce sont des jeunes âgés de 20 à 30 ans. Il n’y a pas souvent cette tranche d’âge dans l’auditoire de musique classique, symphonique et ils essaient d’attirer la jeune clientèle. C’est une première pour eux de proposer de la musique de ce genre dans le décor d’un bar. Ils vont reprendre des arrangements qui ont connu une certaine popularité et ne vont pas juste improviser», indique Daniel Saulnier, le président du Festival de musique de chambre de Bathurst.

Le deuxième spectacle, Musique dégénérée pour la fin du temps, revisite un pan de l’Histoire, quand les nazis censuraient des œuvres musicales qu’ils jugeaient corrompues dont les auteurs étaient principalement des juifs. Des pièces, comme le 8e Quatuor de Chostakovitch, dédié aux victimes du fascisme, Le Sacre du printemps de Stravinsky, ainsi que le Quatuor pour la fin du temps d’Olivier Messiaen, seront interprétées. Deux représentations sont prévues, soit une à l’église First United Family à Bathurst dans l’après-midi et une autre à Bertrand en soirée.

Pour clore le festival, le 22 mai, l’Orchestre de chambre de Bathurst, dirigé par le chef Howard Chester, offrira une harmonie de musique baroque et néo-baroque, à la Chapelle des Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, toujours à Bathurst. On pourra y écouter Les Quatre Saisons de Vivaldi, Le Tombeau de Couperin de Ravel ou encore Suite pour orchestre après J.S. Bach de Gustav Mahler.

Quelque 28 musiciens issus de différents horizons seront sur scène. Le pianiste acadien Carl Philippe Gionet prendra part à l’événement pour la première fois.

«Il y a un plus grand nombre d’artistes originaires du Nouveau-Brunswick cette année, vante M. Saulnier. Ça vaut la peine de les voir en personne, parce qu’on se rend compte de la maîtrise totale que les musiciens ont de leur instrument. Ce n’est pas la même chose que d’écouter un enregistrement.»

Le Festival de musique de chambre de Bathurst est l’initiative de deux jeunes de la région Chaleur, Ariane Saulnier et David Scott – qui en est le directeur artistique – dans le but de promouvoir la musique classique.