Invasion acadienne aux Francofolies de Montréal

L’Acadie s’amène aux Francofolies de Montréal dans un grand spectacle extérieur qui mettra en vedette près d’une vingtaine d’artistes acadiens. L’auteur-compositeur-interprète Joseph Edgar assure la direction artistique et la mise en scène de cette soirée appelée Acadie Rock.

Lisa LeBlanc, Les Païens, Marie-Jo Thério, les Hay Babies, Les Hôtesses d’Hilaire, Caroline Savoie, Pierre Guitard, Joseph Edgar, Radio Radio, Menoncle Jason figurent parmi les musiciens qui monteront sur la scène Bell, soit la plus grande scène extérieure des Francofolies, le 14 juin. La direction musicale a été confiée à Sébastien Michaud.

Présenté dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, en collaboration avec le Congrès mondial acadien et le Festival Acadie Rock d’après l’idée originale de Joseph Edgar, ce spectacle pourrait attirer plus de 25 000 personnes. Qui aurait imaginé un jour que le célèbre poème de Guy Arsenault (paru en 1973) se retrouve à l’enseigne du plus grand spectacle acadien présenté au Québec? Le directeur du Festival Acadie Rock à Moncton, Éric Cormier, y voit une occasion merveilleuse de promouvoir le festival auprès du public québécois.

«Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des artistes sont déjà passés par le festival et je pense que c’est assez représentatif de ce qu’on fait. Je ne me souviens pas d’avoir vu autant d’artistes acadiens sur une même scène, surtout à Montréal», a déclaré Éric Cormier, qui profitera de sa présence le 14 juin pour inviter les touristes à participer au 6e Festival Acadie Rock du 9 au 18 août. La programmation du festival de Moncton, qui comprendra un spectacle extérieur le 15 août, sera annoncée au début juin.

«C’est certain qu’un rayonnement de cette ampleur sur une scène majeure ne va pas nuire à la réputation des artistes ni celle du festival. On se sent choyé que le spectacle s’intitule la Soirée Acadie Rock. C’est un beau cadeau», a indiqué Éric Cormier.

Le directeur des Francofolies de Montréal, Laurent Saulnier, a affirmé que la Soirée Acadie Rock se veut une célébration de cette vague d’artistes au seuil d’une belle carrière. Ces artistes de l’heure bénéficient d’une certaine popularité au Québec.

«C’est l’Acadie 2.0 qui fera danser et vibrer Montréal dans un spectacle historique, car jamais il n’y aura eu un si grand déploiement et collectif d’artistes acadiens au Québec», a souligné M. Saulnier.

La présidente du Congrès mondial acadien, Claudette Thériault, a fait savoir que l’organisation qui cherche à rajeunir son public estime que cette association avec les Francofolies et le Festival Acadie Rock constitue un match parfait pour faire découvrir le CMA à la jeune génération.

«On trouve que peut-être dans les derniers CMA, il y a eu moins de participation des jeunes. Un de nos objectifs est d’aller chercher les jeunes. On travaille avec eux présentement et on pense que mettre en vedette ces jeunes artistes, va les valoriser et rencontrer nos objectifs», a-t-elle exprimé.

Les responsables du Congrès présenteront une série d’activités promotionnelles sur les territoires de la diaspora acadienne d’ici la tenue du CMA en 2019.

Un grand moment dans la musique acadienne

Depuis l’époque des concerts du 15 août des fous à Moncton, Joseph Edgar rêvait d’un spectacle acadien à grand déploiement au Québec. Établi à Montréal, il témoigne du réel intérêt de la part du public québécois pour les artistes de l’Acadie.

«J’ai voulu monter un show qui démontre le large éventail de tout ce qui se passe en Acadie de façon moderne. Il n’y aura jamais eu de si grand spectacle en sol québécois avec une interprétation si large de ce qui se passe en Acadie. On s’est associé avec les meilleurs techniciens du coin donc ça va être pas mal hot», a partagé l’artiste.

De la chanson, du rock, de l’alternatif, du hip-hop, du country, du jazz-rock et de la musique traditionnelle seront au rendez-vous. En plus des artistes déjà mentionnés, on retrouvera Vishten, Amélie Hall, Jacques Jacobus et Gabriel LB Malenfant. La poésie aura aussi sa place avec Céleste Godin et le plus acadien des poètes québécois, Jean-Paul Daoust.

«Je voulais m’assurer que tous les genres musicaux soient représentés. Malheureusement, il y a des noms que j’aurais aimé avoir, mais je pense qu’il y a quand même une belle représentativité quand on va de Caroline Savoie à Vishten, à Lisa Le Blanc jusqu’à Radio Radio.»

Le cinéaste Phil Comeau, qui a entrepris le tournage d’un documentaire sur la musique acadienne animé par Joseph Edgar, sera sur place pour filmer le spectacle.