Quand les arts s’ouvrent sur le monde

Inspirés par leur réalité, leur coin de pays, l’amour, les cultures, ou encore les conflits et les abus que subissent certains peuples sur la terre, les jeunes artistes ont réalisé des œuvres qui témoignent parfois d’enjeux profonds. Pour cette première épreuve en arts visuels des Jeux de la francophonie canadienne, les créateurs avaient carte blanche.

Des dizaines d’artistes ont envahi les ateliers du pavillon des arts à l’Université de Moncton. Ceux-ci s’affairent à réaliser leurs peintures, dessins et assemblages. Des coffrets d’aquarelles, des tubes d’acryliques, des crayons, des feuilles de papier, des esquisses, des pinceaux et des découpures jonchent le sol et les tables des ateliers.

Pour l’épreuve du chef-d’œuvre, ils pouvaient choisir le thème et utiliser le médium de leur choix. La plupart ont opté pour la peinture et le dessin. Ils avaient six heures pour compléter cette première création. Le talent et la diversité sont au rendez-vous. Sidney Phommarath, de Winnipeg, a choisi de créer un dessin en quatre tableaux liés à des expériences d’abus et d’oppression dans différentes parties du monde. Les bombardements au Laos, la situation des autochtones en Amérique du Nord et des populations syriennes figurent parmi les sujets qu’elle aborde dans son œuvre.

«Ce sont des sujets qui me passionnent, parce que ça me touche de près. J’espère que le message va passer et toucher les gens», a exprimé la jeune artiste qui a choisi d’utiliser l’aquarelle et le crayon.

Colombe Campeau-Isabelle, de Longueuil au Québec, s’est aussi penchée sur le thème des réfugiés syriens arrivés au Canada et de leur triste histoire.

«J’ai fait ce dessin parce que je suis contente qu’on en accueille autant», a-t-elle mentionné.

Daphnée Auclair, de la région de Pomquet en Nouvelle-Écosse, a représenté son coin de pays dans sa peinture. C’est un paysage de campagne qu’elle voit tous les jours à bord de l’autobus qui la ramène à la maison après l’école. Elle souligne comment la mer est importante dans sa vie. L’océan lui apporte un effet apaisant.

«On voit le phare de l’autre côté de l’océan, une petite maison avec un pommier. Pour moi, c’est juste la beauté et c’est tellement beau. Être capable de reproduire ça sur une peinture, c’est la meilleure chose. Je fais beaucoup de paysages», a-t-elle confié.

C’est la première fois qu’elle peint en groupe et qu’elle sera jugée pour son art.

«Habituellement, je peins sur la table de cuisine et ça me prend quatre jours pour faire une pièce. Alors, le faire en six heures, ce n’est pas si mal. Mais demain, on a juste une heure et demie et c’est sur un thème en plus. Je suis vraiment forte sur les détails, alors ça va être dur pour moi de faire ça», a poursuivi la Néo-Écossaise.

Comme la plupart des participants, elle est émerveillée par le talent et la diversité des styles que l’on retrouve dans l’atelier.

Jenna Orr, de Yellowknife, a créé un dessin qui porte un peu sur la perte de l’innocence. On voit une bicyclette avec une déchirure au milieu. D’un côté, la bicyclette est brillante et neuve, tandis que de l’autre il y a de la rouille et une crevaison. Celle qui étudie en immersion française se sent très fière de participer aux Jeux de la francophonie canadienne.

«C’est cool que cette langue soit partout au Canada et même en art. Je suis fière de moi d’être ici et d’être capable de parler cette langue», a-t-elle partagé.

L’Ontarienne Aimée Fraser est heureuse de se retrouver dans un événement où tout le monde parle le français. Même si elle fréquente une école française à Sarnia, il reste qu’à l’extérieur des classes, c’est souvent langue de Shakespeare qui prédomine. Celle-ci a imaginé une œuvre qui aborde le thème de l’insécurité dans l’expression.