Inspire: la mural de la résidence Lafrance est amorcée

La murale colossale sur la résidence Lafrance à l’Université de Moncton, qui sera réalisée par l’artiste anglais Wasp Elder dans le cadre du Festival Inspire, mettra en lumière une Mi’kmaq, Molly Muise, qui a vécu en Nouvelle-Écosse.

Ce n’est que jeudi, soit quatre jours après le début du Festival Inspire, que l’artiste Wasp Elder a entrepris la création de cette immense murale, soit la plus grande de l’histoire du festival. L’édifice de 11 étages mesure 41 mètres de hauteur.

Wasp Elder a entrepris la réalisation de sa murale sur la résidence Lafrance. – Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau

La directrice des relations universitaires, du développement philanthropique et de la campagne Évolution, Linda Schofield, explique qu’il y a deux raisons pour expliquer ce délai. Le comité a reçu les maquettes des artistes quatre mois après l’échéancier prévu. Les organisateurs du Festival Inspire avaient permis à trois artistes de proposer une œuvre inspirée d’un thème de leur choix par le biais d’une maquette. Ces propositions ont été soumises à un comité composé de représentants de la FÉÉCUM (Fédération des étudiantes et des étudiants du Centre universitaire de Moncton), de la direction générale des relations universitaires et du Département des arts visuels. C’est finalement le projet autochtone de Wasp Elder qui a obtenu le feu vert du comité.

«Nous avons reçu les maquettes pendant la longue fin de semaine du 1er juillet et quand on a décidé de retenir le thème autochtone, il fallait s’assurer qu’on avait l’assentiment de la communauté autochtone par respect pour leur culture. Nous avons juste reçu l’assentiment final aujourd’hui (jeudi)», a expliqué Mme Schofield qui se dit enchantée par le projet.

D’après les informations qu’elle a obtenues des organisateurs, l’artiste devrait pouvoir compléter son œuvre au cours des quatre ou cinq prochains jours. La photographie de Molly Muise est l’une des plus anciennes photos représentant un membre de la communauté autochtone. Les autorités du campus de Moncton nous rappellent que l’université a été construite sur des terres ancestrales mi’kmaqs. De plus, l’abbé François-Xavier Lafrance, dont la résidence porte son nom, connaissait très bien les peuples mi’kmaqs.

«La démarche de réconciliation avec les peuples autochtones est importante pour l’Université de Moncton et nous sommes fiers de célébrer leur culture de cette façon…», a indiqué par voie de communiqué, le recteur de l’Université de Moncton, Raymond Théberge.

L’historien Maurice Basque rappelle que l’histoire de l’Acadie et celle des Premières nations sont indissociables et la société acadienne se doit de faire beaucoup plus d’efforts pour en apprendre davantage sur ces communautés qui sont nos voisines depuis plus de quatre siècles. Lisa Griffin et Matt Williston du Festival Inspire précisent que Wasp Elder est un artiste de calibre international au style unique.

«Il propose une vision engagée de l’art en accord parfait avec notre optique d’activisme par les arts. Cette murale est vraiment excitante (…) Son emplacement, face au boulevard Wheeler, permettra d’offrir une image d’ouverture et de modernité et un message positif à tous ceux qui contourneront la ville», ont-ils souligné.

Par ailleurs, certaines murales du Festival Inspire sont déjà terminées, dont celle de l’artiste portugais Bordalo II sur un édifice du boulevard Assomption. Sa fresque en trois dimensions représente une tortue réalisée à partir de matière recyclée. Ce muraliste qui crée des effets 3D dans ses œuvres se produit à travers le monde. Par ses créations, il souhaite mettre en relief les problèmes environnementaux. L’artiste Senkoe du Mexique a également terminé sa murale sur la façade de la coopérative La Bikery tout près de la rivière Petitcodiac.

La murale de l’artiste Bordello II réalisée dans le cadre du Festival Inspire. Gracieuseté: L.P. Chiasson