Francophonie canadienne – Le N.-B. décroche l’argent en improvisation (Vidéo)

L’équipe d’improvisation du Nouveau-Brunswick est repartie des Jeux de la Francophonie canadienne avec la médaille d’argent. Ambiance survoltée, humour et convivialité ont été au rendez-vous de ce tournoi qui a rassemblé des improvisateurs de partout au Canada.

Après avoir remporté haut la main la demi-finale dans un match avec le Manitoba, l’équipe néo-brunswickoise et son capitaine Bernard Fournier se sont inclinés devant l’Ontario qui a mis la main sur l’or avec un pointage de 5 à 4. Cette finale enlevante a mis en scène des échanges remarquables et certaines improvisations à couper le souffle. Les six joueurs sont ravis de cette deuxième place, même s’ils ont passé tout près de décrocher l’or.

«On a eu une médaille, mais on n’a pas joué contre aucune équipe parce qu’en improvisation on ne joue pas contre les équipes, on joue avec les équipes», a déclaré fièrement Bernard Fournier qui a remporté la 2e étoile lors de la finale et la 3e étoile lors de la demi-finale.

La finale a été présentée devant une salle bondée au Pavillon Jacqueline-Bouchard. La foule a acclamé à plusieurs reprises les improvisateurs, tant du côté de l’Ontario que du Nouveau-Brunswick. L’équipe du Nouveau-Brunswick, qui a participé à ce tournoi en ayant comme stratégie d’avoir d’abord du plaisir, estime que cette attitude lui a permis de se rendre en finale.

«Notre stratégie, c’était de dire que ce n’était pas une finale, c’était un match préliminaire et on était là pour avoir du fun. Entre les deux périodes, notre entraîneur nous a dit d’avoir du plaisir, de nous laisser aller et de montrer qu’on était capable de faire des affaires folles», a poursuivi le capitaine.

Que ce soit dans les improvisations mixtes, comparées, chantées, musicales ou silencieuses, l’imagination, la vivacité d’esprit et l’écoute étaient au rendez-vous. Pour l’équipe d’Edmundston, qui ne s’était pas créé trop d’attente en arrivant à Moncton, cette médaille lui apporte beaucoup de confiance.

«Dans le fond, quand on a du fun, tout est possible. On s’est rendu à la finale et c’est gros. On est vraiment une famille. On n’est pas juste une équipe. On se connaît, on se fait confiance puis on s’aime», a exprimé Mahée Paradis, qui a remporté trois étoiles pendant le tournoi, dont la première lors de la demi-finale.

D’après celle-ci, le plus grand défi du tournoi est d’arriver à s’adapter aux différents styles de jeu de chaque équipe. Deux autres joueurs de l’équipe du Nouveau-Brunswick ont aussi reçu des étoiles pendant le tournoi. Pour Sophie Ruest, c’était une première dans sa jeune carrière. L’entraîneur Michel Hédou est très satisfait de son équipe.

«Pour eux, l’improvisation est devenue un mode de vie et cela pourrait les apporter plus loin», a-t-il partagé.

L’humoriste et improvisateur d’expérience Jean-Sébastien Lévesque, qui a arbitré plusieurs matchs pendant le tournoi, est impressionné par le calibre de jeu.

«Quand j’étais au secondaire, on pratiquait pour un tournoi, mais on ne jouait pas souvent. Eux, ils jouent souvent. Ils ont des ligues et ça paraît, parce qu’ils sont bien meilleurs que quand j’étais jeune. Ils sont meilleurs à raconter des histoires. À cet âge-là, on a aussi tendance à mettre de côté toutes les inhibitions qu’on a quand on est un peu plus vieux. Eux, ils se lâchent lousse côté création», a commenté l’humoriste.

Selon lui, l’improvisation est fantastique puisque c’est 100% francophone et ça pousse les jeunes à s’exprimer, à raconter des histoires, à se présenter devant le public et à se mettre à nu.

«Je pense que l’impro ici et partout dans la francophonie canadienne est comme une ancre de culture parce que c’est 100% francophone. L’improvisation c’est comme une sorte d’épice qui s’intègre à la culture d’une place.»

En plus d’être un art, c’est aussi un sport parce que l’improvisation peut être très physique et même parfois acrobatique. Cela exige énormément de concentration.

«Les gens qui vous diront que la concentration n’est pas du sport, mais allez parler à un coureur automobile pour lui demander si la concentration n’est pas un sport!», a conclu Jean-Sébastien Lévesque.