Les spectateurs fidèles au rendez-vous

Le phare de Miscou était plein jeudi dernier pour la première de Sandra Le Couteur à Voir Miscou et mourir. Après neuf années au phare, la grande dame de la chanson est impressionnée de voir que les spectateurs sont encore au rendez-vous.

La cinquantaine de spectateurs attendaient patiemment le début du spectacle, assis sur leurs chaises dans l’atmosphère feutrée du phare.

La chanteuse a descendu l’escalier sous les applaudissements, pour tout de suite débuter par une vibrante prestation de C’est ma vie d’Adamo, devant une salle déjà conquise.

«On est toujours impressionné que le monde revienne», a-t-elle par la suite lancé au public.

«À chaque fois, on se dit que vous n’allez pas revenir, mais vous êtes là. On est content!»

La chanteuse a interprété plusieurs grands noms de la chanson française. Joe Dassin, Charles Aznavour et Serge Reggiani se sont succédé pendant deux heures. Le groupe s’est aussi laissé aller sur des airs country.

Sandra Le Couteur était accompagnée par trois musiciens. Théo Brideau au violon, avec qui elle a une belle complicité sur scène, Nicolas Basque à la guitare, qui a interprété une chanson de son père, et Martin Robichaud à la basse, qui en est à sa première année avec la troupe.

On retient du spectacle son interprétation de Nights in White Satin, qui a inspiré la chanson C’est extra de Léo Ferré. Le public a aussi particulièrement apprécié Chanson d’innocence, reprise en français du célèbre morceau The Sound of Silence de Simon and Garfunkel.

Il y a plusieurs nouveautés dans le spectacle cette année.

«Il faut que je me renouvelle tout le temps confiera-t-elle plus tard en entrevue. Ça fait neuf ans qu’on fait ça ici. Le phare c’est loin. Tu ne passes pas à Miscou. Il faut que tu viennes.»

Un spectacle qui «reste ici»

La chanteuse apprécie l’atmosphère intime du phare.

«Ce spectacle-là, je ne pourrais pas le faire en tournée à Montréal. Ça reste ici. Les gens viennent et ils savent qu’ils sont en famille. On fait des choses qu’on ne ferait pas ailleurs», dit Sandra Le Couteur.

Entre les chansons, elle multiplie les blagues et les histoires abracadabrantes. Taquine, elle n’hésite pas à se moquer de ses musiciens, qui viennent de Tracadie. Son introduction de la chanson Le moustique de Joe Dassin était particulièrement comique.

Le public est généralement resté calme pendant les chansons, mais riait de bon coeur aux farces. Et son interprétation d’Elvis à la fin du spectacle a été un des moments forts de la soirée.

Un constat étonne : son spectacle est constitué principalement de reprises de chanteurs masculins.

« C’est probablement parce que j’ai une voix rauque, basse. Je me suis toujours identifiée à Serge Reggiani, à des chanteurs », explique-t-elle.

Le spectacle a attiré des résidents de la région, mais aussi des touristes.

Deux jeunes femmes étaient en visite en provenance du Maine, chez une amie de Lamèque. Unilingues anglophones, elles ont tout de même profité de la soirée.

«Les musiciens sont exceptionnels et sa voix est riche et magnifique, affirme Lauren Ouellett. Même si nous n’avons pas compris la langue, la musique est universelle.»

Les habitués avec qui nous avons discuté, eux, n’ont pas été déçus.

Sandra Le Couteur prévoit se produire au phare de Miscou pendant encore plusieurs années.

«Tant qu’on va avoir du monde, on va le faire», lance-t-elle.

Les prochaines représentations auront lieu les 3, 8 et 17 août.

Nouvel album au printemps

Sandra Le Couteur concocte aussi un nouvel album, prévu pour le printemps 2018.

Elle entrera en studio à la fin de l’automne prochain à Montréal avec Éric Goulet, qui a réalisé son dernier album.

Une des pièces du nouvel album fait d’ailleurs partie du spectacle au phare.