Sept ans de recherche pour relater l’histoire de la Paroisse Saint-Raphaël

Gisèle Haché-Savoie aime bien son coin de pays. Elle a même consacré les sept dernières années à faire de la recherche afin d’écrire un important livre de référence pour tous ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur l’histoire de la Paroisse Saint-Raphaël, sur l’île Lamèque.

Mémoires d’un peuple en action, Paroisse Saint-Raphaël, 100 ans d’histoire 1910-2010, vient enfin d’être publié aux Éditions de la Francophonie. Le livre à couverture rigide compte 30 chapitres, 648 pages et quelque 1300 photos.

Le projet est né en 2009. À ce moment, le curé de l’époque, le père Jean-Paul Chiasson, avait présenté des photos et des objets liés à l’église et la vie des paroissiens à Mme Haché-Savoie. Un comité a décidé d’en profiter pour préparer une exposition soulignant le centenaire de l’église Saint-Raphaël.

«Dès qu’il m’a parlé d’une exposition, le petit hamster a commencé à courir dans ma tête.»

L’exposition en question a été visitée par plusieurs, y compris par Denis Sonier, l’ancien directeur des Éditions de la Francophonie.

«Il est tombé en amour avec l’exposition. Il nous a encouragé de tout placer dans un livre. J’ai apporté l’idée au comité du centenaire, mais il n’y avait pas grand monde qui avait envie de prendre en main cette lourde tâche, donc je me suis dit que je pourrais essayer de le faire.»

Dès le départ, la tâche s’est avérée plus imposante que prévu.

«Je ne me suis pas rendu compte que Pigeon Hill et Coteau Road avaient fait partie de notre paroisse jusqu’en 1955. Évidemment, je devais les inclure. Ç’a doublé mon projet. Je n’en ai même pas parlé comme je l’aurais voulu. Ça m’aurait pris deux livres.»

Pour être à la hauteur, Mme Haché-Savoie a passé de nombreuses heures à faire de la recherche.

«J’ai passé des hivers complets à la Société historique Nicolas-Denys. Rien ne m’a empêché d’aller chercher de l’information. J’ai même suivi des charrues en pleine tempête d’hiver. Je me suis aussi rendu à Fredericton avec ma nièce, Norma, pour trouver de l’information sur les premières concessions de terre.»

Elle a aussi fait appel aux connaissances de plusieurs aînés de la paroisse.

«Je trouve déjà que j’ai commencé le projet avec une vingtaine d’années de retard. Depuis que j’ai commencé en 2009, 67 personnes qui m’ont passé de l’information pour le livre sont décédées. Je suis fier d’avoir pu préserver notre patrimoine.»

Mme Haché-Savoie espère que son livre va permettre aux jeunes générations d’en savoir plus sur l’historique de leur patelin. Quelques chapitres et anecdotes l’ont particulièrement marquée, dont l’histoire d’un homme qui a dû se rendre à Tracadie pour se faire arracher une dent.

«Il est parti en cheval pour se rendre à Shippagan. Il a traversé la baie gelée et ensuite, il a pris le train de Shippagan à Tracadie. Là-bas, il a été obligé de dormir chez quelqu’un en attendant de voir le dentiste le lendemain. Quand il est revenu, il n’y avait personne à Shippagan qui était venu le chercher, alors il est retourné chez lui à Sainte-Marie à pied.»