Yann Perreau: de l’énergie et de la chaleur en perspective

Le chanteur Yann Perreau promet un spectacle festif et rassembleur avec toute l’énergie qu’on lui connaît. Celui qui aime les oiseaux débarque en Acadie, cette semaine, afin d’offrir des prestations au Festival acadien à Caraquet et au Festival Acadie Rock à Moncton.

 

Il y a longtemps que Yann Perreau n’est pas venu en Acadie pour donner des spectacles. L’auteur-compositeur-interprète québécois, qui parcourt les routes du pays depuis la sortie de son plus récent album Le fantastique des astres, paru en 2016, sera accompagné de quatre musiciens.

«C’est l’album Le fantastique des astres avec les grosses chansons qui ont joué beaucoup à la radio et les hits de mes albums précédents. C’est un spectacle très festif, très énergique, très rassembleur avec beaucoup de plaisir et beaucoup de chaleur en perspective», a déclaré l’artiste au cours d’un entretien téléphonique alors qu’il était en route vers les Maritimes.

Bête de scène notoire, Yann Perreau apprécie toutes les facettes de son métier. Or, il confie que la scène constitue un très beau terrain de jeu puisque c’est l’occasion de partager ses chansons directement avec le public.

«Tout d’un coup quand on est en tournée, c’est comme si le fruit sortait de l’arbre. J’aime beaucoup la route, voyager, les gens. Donc c’est vraiment un métier fait pour moi.»

Avant de monter sur scène, cette bombe d’énergie prend le temps de se préparer, un peu comme le ferait un athlète.

«Je n’ai pas la prétention d’être un sportif professionnel, mais ce que je fais demande beaucoup d’énergie et de la concentration. Il faut être capable de gérer la dépense d’énergie, de chanter, de sauter et de danser en même temps sans paraître essoufflé. Il faut bien manger, bien boire et faire du réchauffement vocal. C’est un métier, ce n’est pas juste du plaisir», a-t-il rappelé.

Depuis la sortie de son premier disque solo (Western Romance) en 2002, Yann Perreau a acquis à la fois de la maturité et de l’audace. Aujourd’hui, ce père de deux enfants estime qu’il fait son métier mieux que jamais.

«Je deviens responsable d’une famille et tout d’un coup, tout ça donne de la force à l’être humain que je suis.»

Sur son cinquième opus qu’il a concocté avec le réalisateur Tante Blanche – un multi-instrumentiste qui a travaillé avec le Cirque du Soleil et l’entreprise Moment Factory – il offre plusieurs chansons festives et dansantes. Sur des rythmes endiablés au style pop-rock électro, il livre aussi sa vision du monde parfois abrasive, tout en célébrant la vie. C’est un disque qui reflète bien l’énergie du chanteur sur scène. Yann Perreau a dit de ce disque qu’il a été conçu dans le plaisir et l’urgence.

«Je voulais faire un album qui me ressemble avec toutes les expériences que j’avais vécues. Arrivé à un 5e album, je n’avais pas envie de trop me répéter et je voulais arriver avec des surprises et des nouveaux sons.»

On y retrouve l’un des plus grands succès de sa carrière, J’aime les oiseaux, qui a inondé les radios. Cette chanson, qui rejoint un public de tous les âges, lui a été proposée par son réalisateur qui avait remarqué que l’oiseau revenait souvent dans ses chansons. S’il chante qu’il aime les oiseaux dans le refrain, dans les couplets, il dénonce tout qu’il n’aime pas dans la vie. Le chanteur confie que le mensonge et l’hypocrisie sont les deux choses qu’il déteste le plus.

«C’est pas mal ce qui nous mine présentement avec tous les politiciens qui nous entubent. Les riches qui mentent et qui finissent par nous diviser pendant qu’ils sont sur leur gros voilier en train de rire de nous. Ces choses-là m’horripilent!»

L’écriture instinctive

Textes émouvants, percutants, phrases bien tournées; Yann Perreau écrit de façon instinctive. Ses expériences de vie, les rencontres, les voyages et ses lectures alimentent ses compositions. Il tente toujours de leur apporter une touche universelle et intemporelle.

«Je suis quelqu’un d’instinctif. Je ne suis pas un étudiant. Je ne suis pas allé à l’école longtemps, c’est plus la vie qui m’a fait grandir… Je lis autant les journaux que des poèmes ou des romans», a raconté le chanteur qui a été influencé par des auteurs comme Jacques Prévert, Richard Desjardins et Charles Bukowski.

Avec les années, celui qui a déjà repris sa plume en vue d’un 6e album, confie que l’écriture ne devient pas nécessairement plus facile.

«On essaie de se renouveler, mais en même temps, on veut garder l’essence. Avec le temps, on a une certaine maîtrise qui fait que ça aide, mais quand on est rigoureux, méticuleux, c’est sûr que ça devient tout le temps un petit peu plus ardu, mais en même temps il ne faut jamais lâcher.»

Yann Perreau sera en spectacle avec les Hay Babies au Chapiteau de la Place du Festival à Caraquet, jeudi à 21h, et à la salle Bernard-LeBlanc à Moncton, avec Pierre Guitard et le groupe Caravane, samedi à 21h.