Émilie Landry: chanter ce qu’on n’ose pas dire

L’auteure-compositrice-interprète Émilie Landry débarque au Nouveau-Brunswick, le temps de quatre spectacles où elle invite le public à découvrir les nouvelles chansons de son prochain disque. De la solitude à l’amour, la chanteuse de Campbellton qui tente d’approfondir les aléas de l’existence humaine, a toujours cette petite touche de pop-folk teintée de jazz.

Depuis la fin du groupe Émilie et les City Folks, l’artiste du Restigouche établie à Québec mène une carrière solo tout en donnant des cours de chant. Après avoir mis sur pied une campagne de sociofinancement pour produire son premier mini disque, qui lui a permis d’amasser 4400$, elle est entrée en studio au mois de juillet. Elle a travaillé avec Daran, l’un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus respectés de la scène musicale francophone. Il signe la réalisation de ce premier opus solo d’Émilie Landry. Celle qui s’est distinguée dans plusieurs concours de chanson avait envie de travailler avec un réalisateur afin de peaufiner son matériel, sa démarche artistique et de trouver des sonorités qui lui ressemblent. Celle qui avait déjà suivi un atelier d’écriture avec Daran a enregistré son disque dans le studio de l’artiste. Ils ont pris le temps de choisir les chansons, de bien les polir et d’explorer des sonorités pour trouver un son qui lui ressemble.

«C’est beaucoup plus sobre. On entend le son des instruments. Sur la voix, il y a quasiment pas d’effet. On voulait aller vers quelque chose de pur où on peut ressentir les émotions. Je ne m’énerve pas vraiment vocalement. C’est dans la retenue. Le texte est en avant et chaque note est justifiée. Ç’a été fait avec soin. C’est encore mon petit pop folk avec une cuillère à thé de jazz, mais on pourrait dire que la recette a été mijotée un peu plus longtemps», a expliqué Émilie Landry, en entrevue à l’Acadie Nouvelle.

En spectacle, elle offrira ses nouvelles compositions. À partir d’expériences personnelles, elle livre des chansons introspectives. Elle estime que les thèmes deviennent de plus en plus corsés, en abordant parfois des sujets plus sombres de l’existence: les relations malsaines, les pressions sociales, les êtres narcissiques… Il est souvent plus facile de chanter ces histoires que d’en parler.

«Pour moi, l’écriture c’est thérapeutique. Des fois, il y a des choses dont on a de la misère à parler. Dans mon cas, c’est beaucoup plus facile de les décortiquer par la chanson. C’est vraiment juste de comprendre des choses et de le dire honnêtement. Après, les gens peuvent peut-être se dire qu’ils ont pensé la même chose sans jamais oser le dire», a poursuivi la chanteuse et guitariste.

La sortie de son album, qui comprendra six titres, est prévue pour la mi-octobre aux alentours du Festival (506) où elle offrira une vitrine musicale. Pour ses quatre concerts au Nouveau-Brunswick, elle sera accompagnée de Samuel Robidoux à la guitare électrique et à la voix. Émilie Landry sera en spectacle le 13 août au Café Europa à Campbellton et le 16 août à Moncton où elle donnera deux concerts, soit sur la scène de Midi Musique dans la ruelle Oaklane et celle du Plan b en soirée. Elle terminera cette petite tournée au Bistro Pub Le Nid du Héron à Charlo, le 19 août.