Hommage à l’oeuvre de Guy Arsenault

L’oeuvre du poète et artiste visuel Guy Arsenault est mise en lumière dans deux expositions présentées au Centre culturel Aberdeen à Moncton pendant toute la durée du Festival Acadie Rock.

D’abord, l’exposition À table est préparée par l’artiste visuelle Maryse Arseneault, la fille de l’auteur du recueil Acadie Rock. Cette collection, qui regroupe quelques peintures et dessins inédits de Guy Arsenault, est en quelque sorte un prélude à un projet de livre et d’exposition rétrospective beaucoup plus vaste. Elle souhaite faire paraître ce livre d’art sur l’oeuvre de son père cet automne. Ce sera suivi d’une exposition rétrospective en 2018 à la Galerie Louise-et-Reuben-Cohen. Dans la petite exposition qu’elle propose au Centre Aberdeen, elle met en vedette ses dessins et quelques peintures provenant d’une collection privée qui n’ont pas encore été montrés. Ces œuvres reflètent bien l’ensemble de son travail. Illustrant des scènes de la vie quotidienne, la plupart des dessins dépeignent des situations autour d’une table. Comme le souligne Maryse Arseneault, ce sont des thèmes qui reviennent souvent dans l’oeuvre de son père. Elle les a regroupés dans un petit cahier.

«Depuis le début, je voulais honorer ses dessins. Les gens ne connaissent pas les dessins de mon père, ils connaissent plus les peintures», a poursuivi l’artiste qui était accompagnée de son père lors du vernissage des expositions.

Présentée un peu en retrait dans le corridor longeant la Salle Bernard-LeBlanc, cette exposition vaut le détour. Jusqu’à maintenant, Maryse Arseneault a réussi à documenter plus de 300 œuvres en peinture et en dessin de son père. Les collectionneurs ont répondu en force à l’appel qu’elle a lancé, il y a quelques mois.

«C’est une expérience vraiment inspirante sur diverses facettes. Je réalise à quel point il a influencé son milieu. C’est quasiment comme une quête personnelle. Moi aussi étant artiste, je suis influencée quand même beaucoup par son travail», a-t-elle ajouté.

Tableau de Backyard

Cinq artistes visuels du sud-est du Nouveau-Brunswick ont créé différentes formes d’estampes à partir du recueil de poésie Acadie Rock de Guy Arsenault dans lequel on retrouve le poème Tableau de Backyard.

Ce projet initié par l’Atelier d’estampes Imago est également en montre pendant toute la durée du festival, au rez-de-chaussée du Centre culturel Aberdeen. Rémi Belliveau, Mathieu Léger, Alisa Arsenault, Blake Morin et Rachel Thornton ont exploré diverses facettes du recueil en empruntant une approche personnelle.

Afin de réaliser son œuvre, Rémi Belliveau a rencontré Guy Arsenault au restaurant Deluxe French Fries sur la rue Mountain dans le quartier de l’artiste. Cette chaîne de restaurant très populaire à Moncton se retrouve à la fois dans la poésie de Guy Arsenault et le travail de Rémi Belliveau. Ce n’est pas tant le résultat final qui intéressait Rémi Belliveau, mais la discussion qu’il a eue avec l’artiste.

«Pour moi, l’oeuvre, c’est vraiment notre rencontre. J’ai utilisé ce lieu pour discuter de la culture populaire acadienne et on a eu de beaux moments», a indiqué l’artiste qui expose un sac en papier à l’image du restaurant, sur lequel apparaît la poésie de Guy Arsenault.

Rémi Belliveau et Guy Arsenault lors du vernissage de l’exposition Tableau de Backyard. – Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau

Alisa Arsenault a été fortement inspirée par une lettre du directeur de l’école adressée à la mère de l’artiste, publiée à la fin du recueil. Deux poèmes du livre qui font référence à la liberté et à l’enfermement de l’école sont aussi au coeur de sa création. L’artiste a recréé le plan de l’école Vanier dans son œuvre.

Mathieu Léger s’est intéressé tout particulièrement à l’espace et au vide qui entourent les lettres et les mots, tout en faisant un clin d’oeil à l’hostie, puisque le thème de l’église est présent dans l’oeuvre du poète de Moncton. Les styles des cinq estampes diffèrent. Rachel Thornton a choisi de créer une pièce sur tissu à partir d’images que lui ont inspirées les mots du poète.

«Je trouve quand même qu’il y a une belle complicité entre les œuvres, même si on ne savait pas ce qu’on allait faire l’un l’autre», a ajouté Mathieu Léger.

Ils ne sont pas consultés pendant le processus de création.

Alisa Arsenault, Blake Morin, Rémi Belliveau, Rachel Thornton et Mathieu Léger présentent l’expositon Tableau de Backyard. –
Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau