La vie après la vie, selon Denis Lanteigne

Que devient-on après la mort? Les religions répondent encore aujourd’hui que nos âmes s’envolent au ciel. L’artiste de Caraquet Denis Lanteigne juge l’idée naïve. Elle lui a inspiré sa dernière création.

Tous les étés depuis 2011, Denis Lanteigne installe une œuvre sur le terrain qu’il possède au début du boulevard Saint-Pierre Est, en face du restaurant Le Maribel.

«J’ai l’impression que les gens se sont habitués. Ils m’en parlent dès le mois de juin, me demandent ce qui s’en vient», observe-t-il.

Après son bateau en planches de bois passées à la chaux blanche l’année dernière, Denis Lanteigne a disposé cinq grandes tables sur lesquelles il a collé des structures pyramidales. Chaque ensemble fait cinq à six pieds de hauteur.

Il s’agit là encore de constructions en bois peintes à la chaux, deux matériaux qu’il aime travailler.

«Le bois est facilement malléable. La chaux donne une belle texture veloutée, une épaisseur qui ne se compare pas avec la peinture», décrit l’artiste.

Rose, bleu, jaune, orange, vert… La couleur rayonne cette fois.

«J’avais envie de quelque chose de bigarré.»

Son projet s’intitule Monter aux cieux et se veut une incitation à la réflexion.

«J’ai grandi dans une époque où la religion était très présente. On nous disait qu’à notre mort, nos âmes s’élevaient au ciel et accédaient au paradis. Qu’en est-il vraiment? Nul ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que les croyances d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui et encore moins celles de demain», considère-t-il.

Denis Lanteigne ne cherche pas à soulever d’importantes questions existentielles.

«Tout le monde est libre de voir dans mon travail ce qu’il veut voir. Certains perçoivent les pyramides comme des conifères, d’autres comme des clochers. C’est propre à chacun. Je veux juste inspirer une émotion, et là en l’occurrence, un sentiment d’élévation.»

Ses œuvres sont aussi une manière d’habiter et d’habiller le paysage. L’installation a été mise en place mi-juillet et restera exposée tout au long des mois à venir.

«Peut-être devrais-je en démonter une partie cet hiver si le temps est trop rigoureux et que les constructions se décollent.»

La météo, c’est comme la mort: on la subit, plus qu’on ne la contrôle.