Les projets d’art public pour l’esplanade du complexe de Moncton sont maintenant connus

Inspirées de l’histoire, de l’architecture, de l’environnement social et physique ou encore du caractère maritime de Moncton, les propositions des quatre finalistes pour le projet d’art public à l’esplanade du complexe au centre-ville sont variées.

Les quatre propositions ont été dévoilées lors d’une consultation publique mardi qui a rassemblé au moins une cinquantaine de personnes à l’Hôtel de Ville de Moncton. Tour à tour, Luc A. Charette, Guylaine Cyr, André Lapointe et Peter Powning, quatre artistes du Nouveau-Brunswick, ont présenté des maquettes de leur projet. Tout d’abord, Guylaine Cyr propose une œuvre composée de deux grandes murales et de dix bancs publics en fer forgé et en acier galvanisé. Ce sera installé à divers emplacements. Les bancs seront confortables, versatiles et solides, a-t-elle précisé. La spécialiste de la joaillerie et de la forge a déjà quatre réalisations en art public au Nouveau-Brunswick.

«C’est une sorte de créature organique qui sort de la terre faite de métal autant artistique que fonctionnel. Les œuvres ont aussi un lien avec les courbes de l’édifice. C’est une pièce qui s’intégrera vraiment au lieu et qui, je crois, rassemblera tous les éléments visuels de l’endroit», a indiqué Guylaine Cyr.

Luc A. Charette propose pour sa part un projet qui puise dans l’histoire de la région, dans l’environnement naturel et urbain en touchant à un aspect social. Tout en s’inspirant du monument du premier maire de Moncton, Joseph Salter, réalisé par Claude Roussel au Parc du Mascaret, il a choisi de rendre hommage à Molly Kool (1916-2009). Née à Alma, dans le comté d’Albert, elle est reconnue comme étant la première femme au Canada à avoir reçu son brevet de capitaine en haute mer et seulement la deuxième au monde à obtenir ce titre.

«Si la gent masculine peut prendre Joseph Salter comme modèle de réussite, les femmes pourraient facilement s’identifier à leur tour à Molly Kool comme modèle d’ambition, de persévérance et de succès. À la tête de son navire, elle sillonnait la baie de Fundy jusqu’à Boston et amarrait à Moncton.»

Sa sculpture, qui aura plus de 9 mètres de hauteur, est constituée, entre autres, de trois vagues (que l’on retrouve sur le logo de la ville de Moncton), d’un navire, d’un portrait en relief de Molly Kool, d’une girouette et d’oiseaux. Actionnée par le vent, la partie supérieure oscillera lentement. L’oeuvre sera réalisée avec plusieurs matériaux: béton armé, aluminium, acier inoxydable et galvanisé.

Célébrer la renaissance et les victoires

Pour sa part, Peter Powning qui avait réalisé Le nid sur la caserne à Moncton, a voulu rendre hommage à la renaissance et à l’identité de la ville de Moncton par une œuvre en lien avec Resurgo. Sa sculpture de 22 pieds de hauteur par 12 pieds de largeur en acier inoxydable se veut un symbole de la croissance et de la résilience de la ville. Métaphore de la force et de la complexité de la ville, un arbre et ses branches traverseront la pièce qui aura aussi beaucoup de luminosité, a fait savoir l’artiste.

André Lapointe, qui compte déjà plusieurs œuvres publiques à son actif, a présenté un projet composé d’une pièce principale et d’une série de trois sculptures plus petites. Inspirée d’une sculpture de la période hellénistique grecque, La Victoire de Samothrace (Musée du Louvre à Paris), réalisée en 190 avant J.-C, il a voulu célébrer les victoires de la vie.

«Tout le monde aspire à une victoire que ce soit une victoire d’une minute, d’une journée, d’une vie. Le complexe artistique et sportif sera un lieu de victoire pour les sportifs et les gens qui vont donner des spectacles», a-t-il partagé.

Puisant dans l’imagerie marine, la pièce principale sera constituée de formes évoquant les vagues. Les trois autres pièces rappellent la rondeur des coquillages. Il fait référence aussi aux formes architecturales que l’on retrouve dans la ville de Moncton et à l’édifice lui-même qui est tout en rondeur. Pour réaliser son installation, l’artiste utilisera différents types de granit aux couleurs diverses. La pièce principale qui aura 17 pieds de hauteur sera installée au coin des rues Main et Highfield «Au coin des rues Main et Highfield, on ne peut pas avoir plus belle tribune pour présenter son art. Pour moi, une œuvre d’art public doit être une œuvre contemporaine qui correspond à l’époque, mais en même temps elle doit être un classique qui passe par-dessus les modes. C’est le défi de l’art public.»

L’agente de développement culturel à la Ville de Moncton, Joanne Duguay, a expliqué que les commentaires et le vote du public compteront pour 10% dans la sélection de l’oeuvre finale. Le comité de sélection, composé d’artistes professionnels et des gens de la communauté, annoncera l’oeuvre choisie le 2 octobre lors de l’assemblée ordinaire du conseil municipal. L’œuvre sera créée et financée dans le cadre de la Politique municipale d’intégration de l’art aux lieux publics. Le montant alloué représente 1% de la contribution de la Ville dans le budget de construction du complexe du centre-ville, jusqu’à concurrence de 200 000$. On estime que l’investissement de la ville dans la construction du complexe dépasse les 40 millions $. Le dévoilement de l’œuvre est prévu pour l’automne 2018.