Dans les coulisses du Salon du livre de la Péninsule

Le Salon du livre de la Péninsule acadienne débute jeudi soir, à Shippagan. Que se cache-t-il derrière l’envers du décor? On vous dévoile les coulisses de ce que certains professionnels de la région décrivent comme étant «l’événement culturel de l’automne» dans la Péninsule acadienne.

Près d’une centaine d’auteurs animeront ce 14e Salon du livre de la Péninsule acadienne, qui aura lieu au Centre Rhéal-Cormier.

Plus de la moitié sont invités par les organisateurs de l’événement. Les autres sont conviés par les maisons d’édition participantes.

«On les contacte environ un an à l’avance. C’est important de s’y prendre si tôt pour être sûr de les avoir. Les plus connus sont très sollicités», révèle François Cormier, le directeur général par intérim du salon.

Les grands noms de la littérature sont difficiles à faire venir.

«C’est souvent le résultat d’un coup de chance. On a déjà eu Dany Laferrière (écrivain et intellectuel d’origine haïtienne qui siège à l’Académie française, NDLR). Nicole Bordeleau était confirmée pour cette année. Ça fait longtemps qu’on essaye de l’avoir. Elle a annulé à cause d’une tournée en Europe décidée au dernier moment.»

Pour appâter les auteurs, les organisateurs peuvent désormais compter sur la popularité du Salon du livre.

«On est réputé pour notre accueil chaleureux et notre dimension familiale. Ça plaît. Ça nous facilite les échanges avec les écrivains, les éditeurs et les distributeurs», souligne François Cormier.

Indispensables bénévoles

Comme pour bon nombre de manifestations, les bénévoles sont les fourmis ouvrières du salon, sans qui rien ne serait possible. Ils sont de 80 à 100 à œuvrer chaque année.

Entre l’accueil des visiteurs, l’approvisionnement du salon mis à disposition des exposants ou le transport des écrivains, ils ont fort à faire.

«Ils sont très généreux et s’impliquent énormément», salue Michèle Bouchard, la responsable logistique du salon.

Le jour de notre passage au Centre Rhéal-Cormier, en début de semaine, un bénévole est arrivé pour prêter main-forte comme convenu, transportant une imposante et magnifique composition florale.

«Il l’a faite avec des fleurs de son jardin. Personne ne le lui a demandé. On va la mettre au fond de la scène de la Place des auteurs. Ça va être beau. Et ce n’est pas le seul exemple. Ils sont tous généreux, je vous dis.»

Michèle Bouchard s’engage depuis le début. Elle a connu les premiers salons, mis en place, à l’époque, dans le gymnase de l’UMCS (Université de Moncton campus de Shippagan).

«Le salon a grossi, d’année en année. Mais il a gardé son essence: développer le goût de la lecture. C’est important de la préserver. Quand je vois des jeunes dans les allées en train de bouquiner, je me dis qu’on réussit notre mission. Je me sens utile. C’est que du positif.»

Source de profits

Le Salon du livre de la Péninsule acadienne est un incontournable pour les maisons d’édition et les distributeurs.

«C’est le temps de l’année où l’on vend le plus. Plus qu’en été et plus que pendant les Fêtes», informe Isabelle Bonin, la copropriétaire des librairies Pélagie.

Cela représente 10% des ventes annuelles du libraire, réalisé en quatre jours seulement.

«Ça compense les baisses d’achalandage qu’on observe dans nos magasins à Caraquet, à Shippagan et à Bathurst.»

En plus de leur offrir une belle vitrine, cette manifestation culturelle permet aux professionnels du livre de vérifier combien l’engouement pour la lecture ne faiblit pas dans le Nord-Est.

«On a cette idée fixe que les jeunes passent trop de temps devant leurs écrans et sur les réseaux sociaux. C’est vrai, mais ils lisent encore», assure la libraire.

Celle-ci constate que les adultes, quant à eux, privilégient les livres techniques (cuisine, guide auto, santé, bien-être…) et tout ce qui a trait aux récits autobiographiques (histoires vraies, témoignages…).

«Les ouvrages écrits par des gens du coin se vendent bien aussi. Les clients restent attachés à la littérature acadienne.»

Le Salon du livre de la Péninsule acadienne se déroule du 5 au 8 octobre, au Centre Rhéal-Cormier à Shippagan. Prix d’entrée: 4$ (gratuit pour les enfants et les étudiants). Plusieurs rencontres, entrevues et conférences sont proposées pour l’occasion. Le détail de la programmation est consultable sur le site www.salondulivrepa.com.