Le parcours atypique d’un décrocheur

Le parcours d’Emmanuel Lauzon est atypique. À 16 ans, après avoir triplé son secondaire 2, il a décidé d’abandonner les études. Il aurait donc été difficile de prédire que l’auteur québécois aurait déjà publié huit livres, avec un neuvième à venir en 2018.

Grâce à la persévérance, Emmanuel Lauzon réussit aujourd’hui à gagner sa vie comme auteur, conférencier et intervenant jeunesse. Il est de passage dans le nord-est du Nouveau-Brunswick ce week-end dans le cadre du Salon du livre de la Péninsule acadienne.

Jeudi matin, il a présenté une conférence à des jeunes, dont plusieurs se trouvent dans la même situation que lui il y a 20 ans. Sans prétention, il espère que son histoire donnera le goût aux jeunes de persévérer, même s’ils n’ont pas toujours l’impression de rentrer dans le moule.

«J’étais un cancre, un trouble-fête, un hyperactif TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, NDLR). J’ai fait pas mal de niaiseries. Je l’assume dans le sens que je ne le referais pas aujourd’hui, mais ça fait partie de mon parcours et c’est correct. J’avais des problèmes d’autorité, j’ai consommé de la drogue et j’ai lâché l’école. J’ai eu des problèmes variés, des problèmes d’adolescent, mais ç’a débordé pas mal», raconte-t-il.

Sa traversée dans le désert a duré trois ans. Entre 16 ans et 19 ans, il a assisté à plusieurs spectacles de musique punk et de heavy métal en travaillant quelques emplois mal rémunérés.

«Je n’avais pas tant d’ambition. Je n’aurais pas dit ça de même à l’époque, mais avec du recul, je peux dire que mon seul but était que j’arrête de me diminuer. À force d’échouer, je n’aimais pas l’école. Mais même si on n’aime pas l’école, tout le monde aimerait avoir des bonnes notes facilement. Pour moi, l’école était synonyme d’échec et ça diminuait mon estime. Je voulais passer à autre chose.»

À 18 ans, il a adhéré à un programme dont le but est de venir en aide aux jeunes aux prises avec des difficultés. Un intervenant l’a encouragé de reprendre les études. Il a enfin obtenu son diplôme d’études secondaires à 19 ans. Par la suite, l’écriture lui est venue progressivement.

«À un moment, je donnais un cours de théâtre à des jeunes. J’ai décidé d’écrire une pièce, pas nécessairement par intérêt pour l’écriture, mais pour faciliter la mise en scène et tout ça. Je n’ai pas tant aimé ça la première fois, mais de voir le produit fini et des jeunes mettre en scène mes paroles, ça m’a ému. Ça n’a pas été un grand déclic, mais j’ai eu le goût de continuer.»

Emmanuel Lauzon donnera une autre conférence ouverte au grand public samedi après-midi de 13h à 14h dans l’amphithéâtre Gisèle-McGraw de l’Université de Moncton, campus de Shippagan.

Les élèves du nord visitent le Salon du livre

Jeudi et vendredi, près de 2000 jeunes des écoles du District scolaire francophone Nord-Est doivent visiter le Salon du livre de la Péninsule acadienne. De nombreux auteurs vont également visiter des milliers de jeunes de la Péninsule acadienne, ainsi que ceux du Restigouche et de la région Chaleur.

Le District scolaire francophone Nord-Est a aussi offert un budget total de 30 000$ aux écoles de la Péninsule acadienne. Le but est de permettre aux établissements d’acheter des livres pour les étudiants afin d’encourager la lecture chez les jeunes et promouvoir l’alphabétisation.