Shauit: la musique comme source d’espoir (Extrait vidéo)

Shauit débarque au Nouveau-Brunswick avec ses messages d’espoir, une musique festive et inspirante qui réussit à marier de façon ingénieuse les genres musicaux.

Cet artiste originaire de Maliotenam dans le nord du Québec qui a aussi des racines acadiennes (son père est natif de Saint-Quentin) offre un mélange de reggae, avec des touches de dancehall, de soul, de folk, de rythmes autochtones. Il livre des textes engagés, sensibles et poignants en innu et en français. Il a d’ailleurs écrit une chanson à propos de son père qui est décédé il y a deux ans. Cette pièce figurera sur son prochain album qui paraîtra le 7 novembre.

«Je ne suis pas venu souvent en Acadie, mais depuis quelque temps, je m’intéresse à l’histoire des Acadiens», a partagé l’artiste au cours d’un entretien téléphonique depuis Montréal où il est établi maintenant.

En nomination au Gala Teweikan, qui souligne l’excellence des musiciens des Premières nations, le lauréat du prix RADARTS/ROSEQ entreprend une tournée de plusieurs villes du Nouveau-Brunswick à compter du 10 octobre. Le public acadien a pu le voir, entre autres, à la FrancoFête en 2016 et plus récemment à la Caserne de Dieppe dans le cadre du Festival de la récolte. Si le chanteur a des racines musicales folk, c’est dans le reggae qu’il a trouvé sa voie. Il figure parmi les rares auteurs-compositeurs-interprètes qui arrivent à réaliser ce mariage audacieux entre les cultures autochtones du Nord et le reggae des plages ensoleillées. Il estime que la langue innue se prête bien au reggae.

«J’aime bien la langue française, mais je trouve ça important de chanter en innu. La langue innue est en train de disparaître.»

Cette musique qui a ses racines en Jamaïque et en Afrique constitue aussi un véhicule pour dénoncer des injustices et rassembler les peuples. On a juste à penser au chanteur africain Tiken Jah Fakoly qui était en concert à Moncton, le 15 août dernier.

«En écoutant Tiken Jah Fakoly, je me suis dit que ça pouvait se faire, qu’on pouvait combiner la mélancolie, la colère, quelque chose d’un peu moins positif et la musique reggae pour montrer un message important. Je me trouve chanceux d’avoir la chance de lancer des messages.»

Ayant grandi en français, l’artiste n’a appris l’innu qu’à l’adolescence, surtout grâce à la musique.

«Quand j’étais jeune, je savais vaguement que j’étais un autochtone et je ne connaissais pas plus que les autres d’où je venais. À l’âge de 12 ans, quand je suis retourné avec ma mère à Maliotenam, j’ai découvert ma nation et la vie en communauté. Je suis tombé en amour avec ça. C’était comme des retrouvailles avec moi-même, de mes origines. C’était un côté que je ne connaissais pas de moi», a-t-il confié.

Si ses chansons abordent des sujets parfois difficiles comme le suicide, l’artiste et père de famille veut avant tout apporter un message d’espoir et d’amour. Celui qui a la foi croit qu’il y a toujours de la lumière malgré les événements tragiques qui surviennent dans le monde. Son disque qui s’intitulera Apu Peikussiaku fait référence à cette lumière.

«Ça veut dire que nous ne sommes pas seuls. Quand je regarde ce qui se passe sur la terre, comme les actes terroristes, c’est noir. Mais je suis persuadé qu’au-dessus de ces nuages sombres, il y a une lumière pour nous éclairer. Pour moi, c’est Dieu. Pour d’autres, c’est autre chose.»

Ses chansons touchent à l’ensemble de l’humanité et il cherche à aborder des sujets universels tels que l’environnement.

«Je parle plus d’un côté humain. Quand je dis le nous, c’est nous tous.»

Pour sa tournée des Maritimes qui se déroule du 10 au 27 octobre, il est accompagné de deux musiciens. Il visitera des écoles à Campbellton, Dalhousie, Dieppe, Bathurst et Fredericton. Il sera en spectacle pour le grand public au Centre communautaire Sainte-Anne à Fredericton, le 27 octobre et il sera de retour dans la province du 23 au 25 mars pour deux autres spectacles à Miramichi et Kedgwick.

Shauit a participé également au documentaire, Innu Nikamu: Chanter la résistance, de Kevin Bacon Hervieux qui est présenté cette semaine au Festival du Nouveau Cinéma à Montréal.