Il est partout Laurie LeBlanc

En 2010, avec le lancement de La Pitoune, Laurie LeBlanc est rapidement devenu une vedette en Acadie et dans certains coins du Québec. Puis, il y a un peu plus d’un an, la pièce Moi-itou Mojito en a fait pour de bon une valeur sûre chez nos voisins. La preuve, il était l’une des têtes d’affiche du récent Festival country de Saint-Tite, dont on célébrait cette année le 50e anniversaire. Et à le voir aller, le meilleur est encore à venir.

N’en doutez point, Laurie LeBlanc est un homme qui se tient occupé. Même que peu d’artistes en Acadie, du moins en musique, peuvent se vanter de mener de front autant de projets en même temps.

Le proverbe qui dit «il faut battre le fer quand il est chaud» lui sied bien.

Par exemple, dans les derniers mois, on a pu le voir, entre autres, aux célébrations du 175e anniversaire de Grande-Vallée (Festival en chanson de Petite-Vallée), du 375e de Montréal (NomadFest Rodéo Urbain), du 40e anniversaire du mythique groupe 1755 à Shédiac, et bien sûr des 50 ans du Festival de Saint-Tite.

Ce printemps, il a aussi pris part au tournage de la série documentaire Vague d’Acadie animée par Joseph Edgar et réalisée par Phil Comeau.

Et dans ses temps libres, plutôt rares, il planchait sur son sixième album qui portera le nom de Couleurs. Un premier extrait (Country reggae) tourne d’ailleurs dans les radios depuis juin. Il doit justement entrer sous peu en studio pour compléter l’album.

Ajoutez à cela la préparation de son 4e rendez-vous annuel, Noël en Acadie, qui aura lieu le 25 novembre au Centre Wesleyan de Moncton. Les frères Delhunty, Scott et Gérald, de même qu’Andy Bastarache, Serge Caissie, Véronique Labbé, Nicole LeBlanc, Flo Durelle et Josianne Comeau seront ses invités pour l’occasion.

Sans oublier qu’il prépare la tournée Radarts qui coïncidera avec le lancement de Couleurs le 2 février à Dieppe. Une série de 13 spectacles en Atlantique est prévue (les dates sont disponibles au laurieleblanc.com). Le cowboy de Bouctouche a hérité de cette tournée en remportant le prix Assomption Vie ICI Acadie lors de la FrancoFête en Acadie de novembre 2016.

Ah oui! Il est aussi en nomination avec l’album 20 dans deux catégories aux 8es Prix Musique Nouveau-Brunswick (artiste de l’année et vidéo de l’année pour J’ai pas été élevé au five course meals), de même que pour deux autres prix au Gala country francophone (interprète de l’année et spectacle de l’année), lors de célébrations qui auront respectivement à deux jours d’intervalle (12 octobre, Tide & Boar de Moncton; 14 octobre, cabaret du Casino de Montréal). Il sera également du 28e gala de la SOCAN, le 16 octobre, à Montréal.

Rappelons que 20 lui avait déjà permis de récolter les prix de l’auteur-compositeur de l’année et de l’album de l’année au Gala country francophone de l’an dernier.

Lorsque joint par le journal, Laurie LeBlanc surfait toujours sur le bonheur d’avoir pu fouler la grande scène de Saint-Tite en compagnie de ses musiciens.

– C’est plutôt rock ‘n’ roll tes affaires depuis l’an dernier, non?, lui demande d’entrée de jeu l’auteur de ces lignes.

«J’aime bien le terme rock ‘n’ roll», lance-t-il aussitôt à l’autre bout du fil.

«2016 a été 2016 et je suis très content du succès remporté par 20Moi-itou Mojito a même été sacrée meilleure chanson country de mars par The Akademia Music Awards. Et 2017 a été pas mal occupé jusqu’ici. C’est peut-être l’année la plus occupée de ma carrière. La dernière année a été exceptionnelle pour moi», confie-t-il.

«Ça fait maintenant un peu plus de deux ans que je vis à plein temps avec ma musique et c’est clair que Paul Arcand m’a ouvert bien des portes en faisant jouer Moi-itou Mojito (depuis avril 2016 sur les ondes du 98,5 FM, NDRL) dans son émission de radio», mentionne-t-il sur un ton teintée de reconnaissance.

Album à terminer

Dans les prochains jours, il projette d’entrer au Studio Belivo à Grand Barachois afin de compléter l’album Couleurs sous la direction de George Belliveau.

«Je dirais que l’album est complété à 75%, mais j’ai dû le mettre de côté ces derniers mois tellement j’étais occupé avec les spectacles ici et là», dit-il.

«Couleurs sera un peu l’évolution de l’album Noir et Blanc. Ce sera un album qui va représenter pas mal ce que je suis aujourd’hui en musique et dans ma vie. On va y retrouver différents ingrédients, tant dans la musique que dans les textes. J’aime croire que si j’étais un peintre, je présenterais 10 oeuvres aux couleurs différentes tout en gardant la touche Laurie LeBlanc», image-t-il.

«Avec ma conjointe Jeannette, qui gère aussi ma carrière, nous avons beaucoup travaillé les textes. Chacune des pièces sont des histoires qui me sont arrivées. Je vais lancer l’album le 2 février à Dieppe avec le début de la tournée Radarts», indique-t-il.

Laurie LeBlanc ajoute qu’un lancement devrait probablement suivre plus tard à Montréal à la fin du printemps.

Mais d’ici là, il se mettra sur son 31 pour assister aux Prix MNB (12 octobre) et au 5e Gala country francophone (14 octobre).

«Quand bien même je ne serais pas en nomination, c’est une fierté d’assister à ces galas. Ce sont de belles soirées très professionnelles. Le gala country était d’ailleurs déjà très bien organisé par les gens de Saint-Quentin avant qu’il ne déménage à Montréal», révèle-t-il.

Laurie LeBlanc a la tête pleine de projets

Laurie LeBlanc n’a peut-être pas la rage dans l’corps comme la p’tite pitoune de sa chanson, mais il fait son chemin comme si rien n’était.

Et sur cette route qui a déjà pris beaucoup d’ampleur dans les deux dernières années, il aspire un jour de compléter une bucket list parsemée de quelques rêves qui lui tiennent à coeur.

Ainsi, peu de choses ferait autant plaisir à ce grand partisan du Canadien de Montréal que de chanter l’hymne nationale au Centre Bell.

«Et si jamais Alan Jackson m’invite chez lui pour aller chanter et jouer de la guitare, je dirai oui tout de suite, clame-t-il en riant. C’est bon de toujours avoir des projets qui te passionnent.»

«Par exemple, j’aimerais bien que Noël en Acadie soit télévisée. J’aimerais aussi partir en tournée dans l’Ouest du pays. J’y suis déjà allé à l’époque avec le groupe Zarico. Je rêve aussi à l’Europe, dont la France. Il y a d’ailleurs des discussions en ce sens. Ça va peut-être se faire en 2018», affirme-t-il.

«Je veux agrandir mon marché. Je veux toucher le maximum de gens avec ma musique. Je pratique le meilleur métier au monde. En fait, quand j’y pense, ce n’est même pas un métier. J’aime trop ça pour je considère ça un métier», avoue-t-il.

L’entrevue se termine avec une série de questions sortie tout droit du champ gauche.

– Ils font comment les gens pour démêler les accomplissements des trois LeBlanc de Bouctouche (Rhéal, Hert et Laurie LeBlanc font tous carrière dans le country)?

«Je me fais souvent poser la question, dit-il en riant. C’est justement arrivé l’autre jour à Saint-Tite. La personne se demandait si j’étais parent avec Hert et Rhéal. Même si nous habitons tous les trois à Bouctouche, aucun d’entre nous n’a de parenté avec l’autre. Ce n’est pas pour rien que les LeBlanc sont la plus grande famille acadienne. Et puis, Bouctouche n’est pas le petit Nashville du country pour rien. Du country, on en mange par ici.»

– Comment est née la chanson Moi-itou Mojito?

«Pendant une croisière qui partait de New York en direction des Bahamas. Rhéal LeBlanc, qui est l’un de mes bons amis, arrive au bar et dit: «Moi, j’veux un Mojito». J’ai aussitôt répondu: «Moi-itou, j’veux un Mojito. C’est comme ça que la toune est née. C’est Rhéal qui en est l’instigateur.»

– Qu’en est-il du projet d’une compilation que tu devais lancer pour le marché québécois?

«J’avais été approché par une maison de disque du Québec pour un tel album et nous y avons pensé sérieusement. Mais nous avons finalement dit non. Nous sommes indépendants et nous gérons tout de A à Z. Nous préférons pour l’instant suivre la vague et à un moment donné, c’est possible que nous lancions un album regroupant les plus grands succès.»

– Qu’est-ce que tes admirateurs seraient surpris d’apprendre à ton sujet?

«J’ai toujours eu un petit côté entrepreneur. Je crois que si je ne gagnais pas ma vie avec le country, je serais propriétaire d’un restaurant dans lequel on y jouerait de la musique. J’aime travailler avec le monde. Et puis… je suis un énorme consommateur de ketchup Heinz. J’ai toujours une bouteille avec moi au cas où. C’est au menu de la plupart de mes repas. Petit, je me souviens que je mangeais des petits sacs de ketchup dans mon coin (rires).»