Le slam et la poésie à l’honneur dans un nouveau festival (Vidéo)

Un nouveau festival de slam et de poésie verra le jour en Acadie. Du 9 au 12 novembre, une dizaine de poètes et de slameurs de la scène internationale et du Canada prendront la parole dans le cadre de cette manifestation mise sur pied par le Conseil provincial des sociétés culturelles (CPSC).

Les responsables du CPSC ont dévoilé, mardi, les détails de tout premier Festival international de Slam/Poésie en Acadie. Bien que la plupart des activités auront lieu dans la région de Moncton, un programme d’ateliers d’introduction au slam sera offert aux jeunes dans différentes régions du Nouveau-Brunswick.

«Nous voulons accorder une attention particulière à l’engagement envers la langue française, l’oralité et la construction identitaire», a déclaré la directrice du CPSC, Marie-Thérèse Landry.

S’il est vrai qu’il est parfois difficile de sortir des sentiers battus afin de créer un nouveau festival pour aller à la rencontre du public, Mme Landry demeure convaincue que ce nouvel événement suscitera de l’intérêt puisque la tradition poétique est déjà bien ancrée dans la culture acadienne. Il existe déjà des festivals de conte, de musique, de littérature, de cinéma, mais le slam n’avait pas encore son festival en Acadie.

L’événement fera le pont entre deux rendez-vous culturels qui ont lieu dans le Grand Moncton en novembre, la FrancoFête et le Festival international du cinéma francophone en Acadie.

«Je pense qu’en Acadie, on est là pour prendre la parole. Il faut prendre des moyens qui sont à notre portée dans une Acadie qui est en cheminement et le slam fait partie de ça.»

Les organisateurs souhaitent avec ce festival contribuer à l’alphabétisation, rappelant que plus de 60% des francophones au Nouveau-Brunswick sont analphabètes fonctionnels. Ils ont invité, entre autres, un slameur du Mali, Aziz Siten’k, qui avec son groupe Agoratoire fait beaucoup de travail avec les jeunes. Le festival accueillera aussi le trio gaspésien Du Beau Monde composé de Philippe Garon, Amélie Laflamme et André Vander. Les Maritimes seront également bien représentées avec Arthur Comeau, Sébastien Belzile, Lou Poirier, le Théâtre La Cigogne et Céleste Godin.

«Ce festival est vraiment important pour la promotion de la langue et l’accessibilité du public aux mots. Je passe beaucoup de temps à encourager les gens à écrire et je parle à des gens qui ont des idées incroyables et qui peuvent s’exprimer, mais qui pensent qu’ils n’ont pas la permission d’écrire parce qu’ils n’ont pas un bac en littérature et qu’ils ne sont pas aussi bons que d’autres personnes alors qu’ils seraient parfaitement capables», a exprimé la poète et chroniqueuse Céleste Godin.

L’artiste originaire de Halifax qui a partagé quelques-uns de ses textes poétiques a raconté comment il est difficile de vivre dans une ville sans espace public pour s’exprimer en français.

«Quand je venais à Moncton visiter des amis et participer à des événements francophones, je trouvais ça vraiment difficile de traverser à nouveau la frontière dans le monde des sans micros», a-t-elle mentionné.

Table ronde, spectacle collectif et soirée à micro ouvert figurent parmi les activités au menu. De plus, le festival proposera des performances déambulatoires dans les autobus publics du réseau Codiac Transpo sur deux trajets à Moncton et Dieppe. Les ateliers d’écriture et d’interprétation en slam se dérouleront du 6 au 8 novembre et les jeunes qui y participeront pourront participer à un concours.

Les activités du festival se tiendront principalement au Centre culturel Aberdeen et à l’Université de Moncton. Enfin, les organisateurs envisagent de tenir ce festival chaque année.

Les grands défis du CPSC

Alors que le Conseil provincial des sociétés culturelles tente de développer de plus en plus de projets, l’organisme fait face à des défis financiers.

La directrice du CPSC, Marie-Thérèse Landry (photo), précise que le conseil a vu son financement provenant du gouvernement fédéral stagner depuis quelques années, tandis que celui du provincial est à la baisse. Juste dans la dernière année, le conseil a essuyé des refus du ministère du Patrimoine canadien pour cinq projets. La raison invoquée était le fait qu’il y avait trop de demandes. Sur la scène provinciale, le financement est passé de 35 000$ en 2008 à 31 000$ cette année.

«Le financement le plus élevé qu’on a eu, c’était en 2008 et après, il a toujours diminué alors que les États généraux des arts et de la culture visaient une plus grande intégration des arts dans les communautés et que l’un des volets du renouvellement de la politique culturelle est la culture au quotidien. Nous on est là au quotidien avec les sociétés culturelles», a partagé Mme Landry.

Celle-ci souligne que le CPSC a développé un bon nombre de projets rassembleurs, tels que le festival de théâtre communautaire, les mots qui tournent ou encore l’exposition Vis-à-visages.

Devant les défis financiers, le conseil ne peut donc pas réaliser tous les projets qu’il désire. La direction du CPSC n’abandonne pas et a l’intention de peaufiner ses projets afin de les présenter à nouveau. Comme le conseil est un organisme de développement, la directrice estime qu’ils ne peuvent pas se permettre de faire du surplace.

«Le rôle des sociétés culturelles et du CPSC est de sauvegarder la langue française et cela passe nécessairement par la culture», a-t-elle ajouté.