Samael Pelletier: du métal au classique (Vidéo)

Naviguant entre le classique et le métal symphonique, le guitariste Samael Pelletier se passionne pour tous les genres de musique. Avec son groupe Karkaos, il débarque à Moncton pour la première fois afin d’offrir un survol de leur plus récent album Children of the Void.

Le groupe montréalais se produira, vendredi, au bar étudiant Le Coude de l’Université de Moncton dans le cadre d’une soirée métal avec deux formations du Nouveau-Brunswick, Shades of Sorrow et Fifty Feet of Earth. Originaire de Saint-Léonard, Samael Pelletier a entrepris sa formation en guitare électrique à Los Angeles au Musicians Institute pour ensuite se diriger en guitare classique à l’Université Concordia à Montréal.

Aujourd’hui, il fait des études de maîtrise en musicologie à l’Université de Montréal. En 2013, il a joint le groupe de métal Karkaos pour en être le guitariste principal. Fondée par le guitariste Vincent Harnois, cette formation qui conjugue l’énergie brutale du death métal (sur le plan vocal) et la puissance symphonique et mélodique a déjà trois albums à son actif. Ce sont des compositions originales.

«Le rock et le métal ont toujours été ma première passion depuis que j’ai commencé à jouer de la guitare. C’est avec les années que j’ai voulu connaître plus de musiques pour essayer d’apporter d’autres influences au métal. J’ai commencé à aller vers d’autres styles comme le classique», a indiqué Samael Pelletier, au cours d’un entretien avec l’Acadie Nouvelle.

Le groupe Karkaos existe depuis plus de dix ans. Ils ont recruté le guitariste acadien en 2013. Selon Samael Pelletier, le dernier album Children of the Void témoigne de l’évolution de cette formation. Ce disque a été bien accueilli par la critique musicale. Ils offrent une musique intense et énergique qui peut plonger dans différentes atmosphères avec des changements de tempo. Deux musiciennes font partie de cette formation, soit Justine Ethier à la batterie et Viky Boyer à la voix principale. Ce qui est assez original dans le monde du métal. Le résultat est plutôt impressionnant.

«C’est de plus en plus commun dans le métal, mais ce n’est quand même pas la norme. C’est toujours un sujet de discussion parce que ça crée souvent une surprise. Le screaming est vraiment une technique vocale. Que ce soit une fille ou un gars, le résultat est le même, c’est-à-dire cet effet de voix cassée caractéristique du métal», a expliqué le guitariste.

La musique est composée par Vincent Harnois. Il crée la structure principale des chansons pour ensuite partager ses idées avec les autres membres du groupe qui apportent leurs touches personnelles.

«Il s’inspire de la musique de plusieurs groupes métal et à partir de là, il envoie son squelette aux autres membres et chaque personne amène sa propre touche et la pièce se développe comme ça.»

Viky Boyer compose les paroles en s’inspirant d’histoires personnelles, de thèmes mythologiques ou encore spirituels avec un certain détachement. S’ils ont choisi la langue de Shakespeare, bien qu’ils soient tous francophones, c’est que leurs influences leur proviennent surtout de groupes anglais.

Samael Pelletier, qui s’intéresse à peu près à tous les genres musicaux, a envie d’explorer différentes avenues en musique. Rares sont les musiciens de la scène métal qui arrivent à en vivre. C’est un milieu très spécialisé.

«En fait, si quelqu’un fait ça pour essayer d’en vivre, il va se décourager après un bout. C’est un monde qui est très passionné, autant les musiciens, le public que les médias. On fait ça pour la passion.»

Parallèlement à ses études de maîtrise, à l’enseignement et à Karkaos, il mène aussi une carrière solo comme guitariste acoustique. Il vient d’enregistrer son deuxième album qu’il envisage de faire paraître en mars 2018. Il admet que ce projet est complètement différent du métal. «C’est le jour et la nuit», lance-t-il.

Samael Pelletier fait partie du groupe Karkaos qui se produira à Moncton vendredi. Le guitariste mène plusieurs projet, dont celui d’un enregistrement de guitare acoustique. Photo Gracieuseté.

Il a travaillé à ce projet pendant deux années afin d’arriver à réaliser une oeuvre soignée avec beaucoup d’ampleur. Il s’agit d’un album instrumental.

«C’est de la guitare fingerstyle. Comme je suis tout seul et pour que ce ne soit pas redondant et ennuyant, l’idée est d’essayer de sonner comme si on incluait quatre ou cinq membres d’un groupe. Mais c’est joué par une personne.»

Karkaos, qui est formé aussi du claviériste Sébastien Bélanger et du bassiste Michel Peloquin, sera en spectacle au bar le Coude à compter de 21h.