Le siège: une prise d’otage sous haute tension

Portée par une distribution principalement acadienne, la série dramatique Le siège plonge dans un suspens haletant. Cette prise d’otage en six épisodes ne laisse pas beaucoup de répit. Préparez-vous à vivre des émotions fortes.

Tourné en Acadie, plus particulièrement dans la région de Moncton, Le siège est le plus récent projet de Phare-Est Média, coproduit avec Attraction Images. Après Belle Baie et Le Clan, cette nouvelle télésérie nous transporte dans un tout autre univers, celui d’une fermeture d’usine; principal gagne-pain d’une petite ville industrielle au Nouveau-Brunswick, appelée Cole Creek. Les 1000 employés de l’usine de thermoformatage Smiths-Thompson ont appris que la direction a décidé de transférer toutes les activités de l’entreprise à Saskatoon. Dans un mois, tous les employés perdront leurs emplois.

Menés par le chef syndical Mario Cormier (Gilles Renaud) qui a conclu une entente avec le patron Marcel Rodrigue (Marcel-Romain Thériault), les employés s’apprêtent à faire une journée de protestation pacifique. Mais les événements ne se déroulent pas comme prévu. Un petit groupe de mécaniciens dirigé par Alexis Godin (Alexandre Goyette) met le feu aux poudres et profite de la manifestation pour prendre en otage le patron de l’usine et quelques employés. Leur objectif est de garder l’usine dans la ville. Le chef syndical décide de rester dans l’usine pour tenter de régler le conflit.

Une scène de la série dramatique Le siège. On peut apercevoir sur la photo les comédiens Christian Essiambre et Matthew K. Williston en avant, ainsi que Marc Lamontage, Éric Butler et Alexandre Goyette dans la foule. –
Gracieuseté

La situation dégénère et tout peut exploser à tout moment. On assiste à un face à face magistral entre deux grands comédiens, Gilles Renaud et Alexandre Goyette. L’escouade spéciale de la police nationale guidée, par le lieutenant Pelletier (Luc LeBlanc) et la négociatrice en chef Chantal Trempe (Denise Bouchard), tenteront de dénouer l’impasse d’une manière pacifique.

Dès les premières scènes de la série, on sent la tension qui s’installe. Sur les 21 rôles principaux, 15 sont tenus par des acteurs de l’Acadie. Plusieurs d’entre eux brillent à l’écran en livrant de solides performances.

Certains sortent littéralement de leur zone de confort. C’est le cas notamment de Luc LeBlanc, qui incarne un lieutenant rigide, strict et tout en retenue. On est à des années-lumière du personnage de Citrouille au Pays de la Sagouine. Mentionnons aussi le jeu de Diane Losier dans le rôle émouvant de l’adjointe au directeur, celui de Lou Poirier comme responsable de la garderie de l’usine qui se retrouve, malgré elle, prise en otage ou encore la performance intense de Christian Essiambre dans la peau de l’un des ravisseurs.

«Enfin, l’Acadie va reconnaître ses interprètes, ses comédiens qui sont tous excellents et qui portent des couleurs différentes. C’est ma plus grande joie et ma plus grande satisfaction. Nous sommes majoritaires et excellents et arrêtons de nous comparer. Il fallait juste avoir la chance de le faire, que quelqu’un ose le dire et Phare-Est l’a fait en collaboration avec Attraction Images. Ils nous ont fait confiance», a fait valoir Denise Bouchard, dont le personnage est central dans cette série.

De mère de famille à négociatrice en chef

Celle qui avait interprété le rôle d’une mère de famille dysfonctionnelle dans Le Clan explore un tout autre registre dans cette série. Son personnage Chantal Trempe, qui arrive d’un congé de maladie après une prise d’otage qui a viré au fiasco, est ébranlée. Or elle ne doit pas laisser paraître ses émotions dans ses échanges avec Alexis Godin et Mario Cormier. Elle est assistée d’un jeune psychologue judiciaire (Ludger Beaulieu) avec qui elle a quelques divergences idéologiques.

«Il a fallu que je retienne mes élans et que je joue dans un contrôle total tout en pensant à la chronologie des événements pour arriver à un sommet, sans montrer mes émotions. C’était tout un travail mental.»

La comédienne d’expérience n’avait jamais joué ce genre de rôle. Pour se préparer, elle a rencontré un ami enquêteur qui lui a expliqué un peu les rouages du métier. Denise Bouchard confie que le tournage a été extrêmement intense. Pendant 60 heures sur quelques jours, ils ont tourné dans un lieu fermé. Elle était dans un petit bureau à parler au téléphone avec les ravisseurs.

«Je n’ai jamais vécu ça sur un plateau. C’était scène après scène pendant dix heures de temps», a commenté l’actrice qui a fait confiance au réalisateur Jim Donovan. Celui-ci a signé aussi la réalisation du Clan.

Si l’on se fie aux deux premiers épisodes, cette série pourrait recevoir un bel accueil cet automne. Après deux heures, on a envie de connaître la suite des événements. Bien sûr ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à une prise d’otage dans une usine, mais la trame de fond de cette histoire est tout à fait d’actualité. Qui n’a pas vu une usine fermer ses portes pour déménager ailleurs? Ces fermetures ont souvent un impact bien réel dans les collectivités.

On retrouve aussi dans cette série les acteurs Jean-Nicolas Verreault, Marc Lamontagne, Guy Frenette, Raphaël Butler, Matthew K. Williston, Karène Chiasson, Éric Butler, André Roy, Hugues Paulin, Sacha Charles, Marie-Ginette Guay et Christina Bortolotti. Il y a aussi plusieurs figurants.

«J’espère que nos gouvernements vont réaliser que la télévision de fiction en Acadie est bonne. Elle est belle et il faudrait qu’ils nous appuient plus dans nos démarches. On ne peut pas passer à côté de ça», conclut Mme Bouchard.

Le siège sera diffusé sur ARTV les samedis du 21 octobre au 4 novembre à raison de deux épisodes par semaine. La série prendra l’antenne sur Ici Radio-Canada Télé les lundis à 22h à compter du 6 novembre, ainsi que sur Tou.tv. L’auteur Pierre-Marc Drouin a été accompagné de Renée Blanchar et de Johanne Larue comme conseillère à la scénarisation.