Comme un seul Grům: quand rien ne va plus pour susciter l’hilarité

Vous est-il déjà arrivé de vous énerver parce qu’un crayon n’est pas rangé bien droit sur votre bureau? D’être décontenancé parce que vos meubles ne sont placés «qu’à 99%» en formule feng-shui? D’avoir l’impression de perdre la boule parce que votre univers semble tout à coup éclater malgré vos règles bien établies? Bon d’accord, vous ne péterez peut-être pas un câble aussi promptement, mais Grům, lui, a l’épiderme plutôt sensible et il lui est très facile de se sentir totalement désorganisé…

Bienvenue dans l’univers de Comme un seul Grům, nouvelle coproduction théâtrale signée Satellite Théâtre en collaboration avec le Théâtre populaire d’Acadie qui prend son envol dès jeudi, à la Boîte-Théâtre de Caraquet.

Comme un seul Grům (prononcer «Gromme») met en scène ce personnage du même nom qui vous donnera peut-être une impression de déjà-vu. En effet, ce sympathique obsessif-compulsif au nez péninsulaire a fait une apparition remarquée dans la pièce Mouving, créée en 2009, et qui a connu un succès retentissant.

Le comédien Mathieu Chouinard revêt donc à nouveau les hardes de Grům, que l’on retrouve cette fois-ci en solo.

«C’était une espèce d’obsession pour moi de reprendre le personnage. Je trouvais que Grům, même s’il ne parle pas, avait encore beaucoup de choses à dire. Mon équipe et moi l’avons donc mis en scène dans son quotidien, un temps que l’on pourrait situer juste avant qu’il attende l’autobus comme dans Mouving», souligne Mathieu Chouinard.

Le public retrouvera d’ailleurs les mêmes traits de caractère dans le Grům version 2017 que dans celui de Mouving, où simplement déplacer une valise était presque un acte de torture pour lui.

«Dans Comme un seul Grům, il va lutter constamment contre son environnement. Les choses vont se déplacer d’elles-mêmes, grâce à des manipulateurs (Marilyn Perreault et Martin Vaillancourt) qui vont faire capoter sa routine réglée au quart de tour.»

Une histoire un peu kafkaïenne en quelque sorte, donc, où le personnage central voit tous ses repères disparaître sans qu’il n’y puisse quoi que ce soit.

«Ta référence à Kafka est bonne, car non seulement il perd le contrôle, mais ça devient de pire en pire!», lâche Mathieu Chouinard dans un éclat de rire.

Bien que Grům montre clairement de profonds signes de troubles obsessifs compulsifs qui ne manqueront pas, à coup sûr, de provoquer l’hilarité du public, les spectateurs pourraient toutefois rire un peu jaune, estime Mathieu Chouinard. C’est d’ailleurs l’impression que certaines personnes ont eues cet été, lorsque la pièce a été présentée en banc d’essai, à Caraquet, signale le comédien.

«La pièce est drôle parce qu’elle est tragique. Les gens en ressortent un peu troublés, car quelque part, on a tous un petit peu de ces obsessions en nous. Je peux même dire que Grům me ressemble un petit peu, car les personnages clownesques viennent un peu de nous et que l’être humain n’est jamais loin derrière.»

L’environnement sonore de Geneviève D’Ortun va également troubler le personnage et le manipuler, ajoute Mathieu Chouinard. Comme quoi quand rien ne va plus…

Comme un seul Grům sera présentée en grande première jeudi, à la Boîte-Théâtre de Caraquet. Elle parcourra par la suite la province et se rendra à Shediac (polyvalente Louis-J.-Robichaud) samedi, à Edmundston (Amphithéâtre de l’UMCE) le 24 octobre, à Saint-Quentin (polyvalente A.-J.-Savoie) le 25 octobre, à Dalhousie (école L.E.R.) le 26 octobre, à Bathurst (école secondaire Nepisiguit) le 28 octobre, à Fredericton (Centre communautaire Sainte-Anne) le 31 octobre, à Moncton (théâtre l’Escaouette) le 1er novembre, à Néguac (Centre scolaire communautaire La fontaine) le 2 novembre, et à Shippagan (école Marie-Esther). Toutes les représentations ont lieu à 19h30.

Les billets sont en vente par le biais du réseau de la Billetterie Accès.