Zviane: du piano à la bande dessinée

Comment le piano classique peut-il mener à la bande dessinée? Demandez à Zviane (ou Sylvie-Anne Ménard de son nom de jeune fille) et vous serez surpris de la réponse.

Car qu’est-ce que la musique et la BD ont en commun? Peu de chose, a priori. Zviane elle-même avoue qu’entre les deux, son parcours est plutôt atypique.

«Je joue du piano depuis que je suis toute petite. Je m’enlignais d’ailleurs pour être professeure de théorie musicale au cégep. Mais j’ai toujours eu un rapport bizarre avec la musique. J’ai connu plusieurs épisodes d’arrêts-retours dans ma jeunesse. Un bout de temps, je voulais même me diriger en théâtre après l’école secondaire», souligne-t-elle dans un entretien avec l’Acadie Nouvelle lors de son récent passage au Salon du livre de la Péninsule acadienne.

Parallèlement à ses gammes, Zviane dessinait au gré de ses fantaisies et de manière autodidacte. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’elle a suivi quelques cours pour parfaire son art, dont en dessin animé – qu’elle a échoué au premier essai! – ainsi qu’en techniques de perspectives.

«C’était surtout un passe-temps à la base. Mais j’ai réalisé, au cours des dernières années, que j’avais vraiment du fun à faire de la BD. J’ai donc lâché ma maîtrise en musique pour plonger à fond dans le dessin», indique la bédéiste âgée de 34 ans.

Depuis 2004, elle cumule une quinzaine d’ouvrages imprimés en solo ou en collectif, ainsi que de nombreuses parutions web de même qu’un court-métrage d’animation, La pureté de l’enfance, réalisé au cours de l’année sous l’égide de l’ONF.

Ses personnages se veulent avant tout ludiques, assez minimalistes et résolument contemporains dans leur factures, qu’elle installe dans des situations souvent absurdes tout en faisant appel, parfois, à l’autobiographie.

«J’ai beaucoup de styles différents. J’aime me réinventer. Je fais beaucoup de BD humoristique et je m’inspire beaucoup de ce que je vis», précise Zviane.

Elle n’a toutefois pas totalement abandonné la musique. Zviane joue régulièrement du piano pour son plaisir et compose de la musique de temps à autres, dans un style oscillant entre le folk et le jazz progressif.

«Mais j’aime faire de la BD parce que j’aime raconter. Contrairement aux autres styles d’écriture, c’est plus facile d’installer du rythme dans une bande dessinée, selon moi. La BD, pour moi, c’est un peu comme une partition musicale et je me sens bien là-dedans», exprime Zviane avec un large sourire.

Les projets ne manquent d’ailleurs pas pour la bédéiste québécoise. Évidemment, elle planche sur plusieurs autres albums de BD, mais elle compte aussi toucher de nouveau au cinéma.

«Aujourd’hui, j’ai plusieurs cordes à mon arc et je me sens très bien dans mon univers», assure Zviane.

On peut d’ailleurs suivre ses projets et découvrir son oeuvre par le biais de son blogue (zviane.com/prout/). Son film d’animation est également disponible en écoute libre sur le site de l’ONF (onf.ca/film/purete-de-lenfance/).

 

BDV