La fête du cinéma francophone dévoile sa programmation

Plus de 90 films, dont 13 œuvres signées par des réalisateurs acadiens seront à l’affiche du 31e Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA) qui se tiendra du 16 au 24 novembre.

La programmation régulière comprend 93 courts et longs métrages en fiction, documentaire et animation. En incluant les activités parallèles et le volet des arts médiatiques, c’est plus de 100 films qui seront offerts aux cinéphiles pendant le FICFA. Les œuvres proviennent du Canada et de divers pays de la Francophonie, dont 33 productions de la France.

Parmi elles, on retrouve, entre autres, le drame 120 battements par minute de Robin Campillo, primé au Festival de Cannes et candidat aux Oscars. Ce film traite des luttes du groupe de militants Act Up-Paris, dans les années 1990, contre l’indifférence générale face au SIDA. La directrice de la programmation, Marie-Renée Duguay, souligne qu’il n’y a pas un thème particulier qui ressort cette année, mais plutôt plusieurs thématiques qui traversent la programmation.

Quelques œuvres abordent des situations qui touchent à la communauté LGBTQ, comme le documentaire It’s alright Michel de Marie-Pierre Grenier qui porte sur un octogénaire transgenre. L’idée de la transmission continue d’être très présente au cinéma, a mentionné Mme Duguay. Certaines œuvres abordent des sujets difficiles liées à l’actualité, comme le documentaire Le vénérable W. de Barbet Schroeder qui dresse le portrait d’un moine bouddhiste qui propage l’islamophobie et la haine en Birmanie. Le drame Une famille syrienne de Philippe Van Leeuw plonge dans la réalité d’une famille piégée dans son appartement pendant les bombardements en Syrie.

«Ce n’est pas nécessairement des films qui sont réconfortants ou agréables, mais ce sont des films qui sont essentiels parce que le cinéma est là pour nous faire voyager. Il faut aussi que ça provoque en nous certaines réflexions sur le monde dans lequel on vit.»

Le cinéma acadien

De l’Acadie, le festival offrira en primeur les documentaires Nos hommes dans l’Ouest de Renée Blanchar et 1999 de Samara Grace Chadwick, qui seront présentés au Théâtre Capitol. Cette œuvre de Mme Chadwick revient sur la vague de suicides qui a frappé la polyvalente Mathieu-Martin à la fin des années 1990.

«Il ne faut pas que les gens aient peur de ce film. Oui, c’est un film sur la vague de suicides à Mathieu-Martin, mais ce n’est pas abordé d’une façon négative. C’est un film d’une personne qui était là à l’époque qui a ensuite quitté la région et qui revient pour retrouver ses amis d’enfance et ces gens-là avec qui elle a partagé un deuil. Ça leur permet de se conforter les uns les autres et en même temps de rompre le silence. C’est beaucoup plus un film sur la résilience, la survie et sur comment on vit avec le deuil», a expliqué Mme Duguay.

Après une année record de 19 films acadiens en 2016, la directrice de la programmation se réjouit de la sélection acadienne de 2017 avec 13 œuvres. Les cinéphiles verront la première réalisation de Georges Hannan, reconnu comme étant le «roi du son» en Acadie. Ce preneur de son d’expérience au cinéma a réalisé le documentaire Mordu d’éplan sur le rituel de la pêche sur la glace dans le nord de la province.

Une séance consacrée à des œuvres en lien avec Moncton figure au programme. Tableaux de Moncton rassemblera des films de Paul Bossé, Jeep Jones, Julien Robichaud, Maurice André Aubin et Julie Frigault. Enfin, les cinéphiles pourront aussi voir les plus récentes oeuvres de Julien Cadieux et d’André Roy. Cette année, le film improvisé sera réalisé par Marie Lamarche de Moncton.

Du côté du Québec, le FICFA présente des œuvres signées par de grands noms du cinéma comme Lea Pool, Robert Morin, Robin Aubert et Luc Picard. Ce dernier se déplacera pour la clôture du festival afin de présenter son film Les rois mongols. De la France, beaucoup de noms connus et attendus seront de la fête, dont le documentaire Visages Villages d’Agnès Varda. Le FICFA donnera aussi un petit coup de projecteur sur le cinéma africain et arménien.

Enfin, le jury des moyens et longs métrages sera présidé par Marc H. Savoie, producteur à la retraite de Radio-Canada et réalisateur indépendant. Joannie Lafrenière qui présentera son documentaire Snowbirds, fera partie du jury court-métrage du festival, en compagnie, entre autres, de la réalisatrice acadienne Emmanuelle Landry. La plupart des projections de la programmation régulière auront lieu au Cinéplex à Dieppe. Les activités parallèles se dérouleront au Centre culturel Aberdeen, à la Galerie Louise-et-Reuben-Cohen et au Studio de l’ONF à Moncton.